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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Un serment est scellé par Sifoell

[3 Reviews]
Imprimante
Table des matières

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Note de chapitre:

Marvelously Magical Bingo 2022 : butterbeer : case I2

Plusieurs cracs retentissants éclatent autour de Dorcas et Nick et la jeune femme remercie Merlin, soulagée. Elle se tourne vers les sorcières qui sont apparues, les salue d'un signe de tête avant de grimacer en remarquant Cromwell qui laisse négligemment tomber une vieille botte qui a servi de portoloin.

- Non... commence-t-elle.

Dorcas n'a pas eu le temps de formuler une phrase complète que les hurlements de la sirène retentissent, et que l'attention de Cromwell lui a irrémédiablement échappée. Il part dans une danse grotesque, un mélange étonnant entre un ballet très aérien et une marionnette dont on aurait coupé les fils. L'Auror chevronné a à peine franchi quelques mètres, qu'il s'écroule et ne se défend même pas quand Dorcas le désarme, le saucissonne, et le ligote à un arbre, comme les membres de l'équipe du Shield. Dorcas se tourne alors vers les sorcières, et hurle à celle qu'elle connaît, et qui travaille au bureau des affaires moldues.

- Sheffield ! J'ai expressément demandé des renforts exclusivement féminins ! Vous pouvez me dire ce que Cromwell fout ici ? Il y avait un agent du Shield qui était presque à toucher l'eau. Je les ai tous immobilisés sinon ils se noyaient. La sirène n'a aucun pouvoir sur les femmes, comme dans les légendes colombiennes !

La dénommée Sheffield hausse les épaules et désigne Cromwell qui braille son désir de la sirène, de la salive débordant de sa bouche grande ouverte, le visage rougi par l'effort.

- C'est lui qui voulait venir...

- Quel troll, marmonne Dorcas qui va lui mettre un casque sur les oreilles.

La jeune sorcière se souvient alors de Fury qui est resté derrière elle et se tourne vers lui. A son grand soulagement, il est toujours là, semblant maîtriser ses émotions et ne laissant rien paraître. Dorcas se tourne alors vers les sorcières, ses doigts serrés autour de sa baguette, prête à en découdre si l'une d'elles a l'idée de l'oublietter. Parce que sa décision est prise. Elle lui doit bien ça. Il a couru trop de risques pour elle. Là-bas, en Angleterre, et ici en Colombie. Dorcas ne supporte pas de lui mentir, même si elle ne sait pas exactement pourquoi elle se sent à ce point redevable envers Fury.

Elle recule de quelques pas vers l'agent du Shield et se place devant lui, le protégeant de son corps.

C'est alors qu'elle se rend compte que Fury n'est plus sensible aux cris de la sirène alors que French, qui a perdu son casque, s'agite dans ses liens.

Son attention revient sur les sorcières qui fixent Fury d'un air hostile, sachant pertinemment qu'il n'a pas été oublietté, et qu'aucun sortilège de confusion ne lui a été lancé.

- Vous ne touchez pas à Fury. C'est entre Cromwell et moi.

Dorcas espère que ces paroles sibyllines feront mouche, et que les sorcières le laisseront en paix. Elle formule un plan dans sa tête. Pour que le secret magique ne soit pas mis en danger, et que Fury garde ses souvenirs, elle va dire à Cromwell qu'elle est amoureuse de l'agent du Shield, et elle fera bien comprendre à Fury que s'il veut tout savoir comme il l'a demandé, il devra jouer le jeu.

Sheffield se désintéresse de Dorcas et se tourne vers les hurlements lugubres provenant du lac, et des clapotis de l'eau.

- Il faut l'éliminer, elle est trop dangereuse.

- Non !!! proteste Dorcas. C'est une espèce dangereuse, mais si elle n'a aucune interaction avec les hommes, ou plutôt, si les hommes n'avaient pas la brillante idée de l'agresser, le fond du lac ne serait pas tapi de cadavres.

- Mais vous êtes complètement dingue ? Insiste Sheffield. Nous avons vu l'effet que son chant a eu sur Cromwell, sans compter ces idiots de Non-Maj saucissonnés à leurs arbres. La moindre personne passant ne peut qu'aller se noyer dans le lac.

- Justement, il faut que cela devienne une réserve. J'ai compté pas moins de vingt-sept espèces de plantes magiques, dont trois qui sont si rares qu'elles en deviennent légendaires, et il y a d'autres espèces d'animaux magiques aussi. Vous avez vu ces botrucs ? La création d'une réserve servirait à protéger tout cela. Seules des femmes seraient autorisées à venir les étudier ici, dans le respect de l'écosystème. Maintenant, donnez-moi les métaux précieux et les gemmes. Sinon, on ne s'en sortira pas.

Dans un grognement, Collins lui tend un sac de velours. Dorcas y plonge la main et en sort des verroteries. Fronçant les sourcils, elle fouille dans le sac mais ne trouve que des choses brillantes, imitant des bijoux, mais cela n'a aucune valeur, sinon que cela peut y ressembler. Vaguement.

- Vous allez me faire tuer, marmonne Dorcas en secouant la tête.

Elle tend son index vers les sorcières.

- Laissez-moi faire. Je vais la voir, essayer de comprendre ce qu'il y a, et lui montrer qu'on n'est pas hostile.

Dorcas lance un œil appuyé à Fury qui lui rend son regard, puis aux autres agents du Shield qui sont pour la plupart inconscients.

- Inutile d'oublietter les Non-Maj, c'est déjà fait, ment-elle, sentant dans son dos la brûlure de la présence de Nick Fury qui est tout à fait conscient de ce qu'il se passe.

Dorcas s'éloigne alors d'un bon pas à travers la forêt quasiment inextricable, et s'avance vers le lac où les pleurs de la sirène deviennent de plus en plus déchirants à mesure qu'elle s'en approche.

 

Les sorcières ouvrent de grands yeux sur Dorcas qui revient du lac, la bouche en sang du baiser échangé avec la sirène. Elle en a maintenant la certitude. La sirène a été dépouillée et laissée pour morte, en témoignent ses écailles d'or arrachées, ses ornements absents, ses lèvres de rubis tranchant pleines d'un sang qui ne lui appartient pas, sa chevelure poisseuse. Avec force précaution, Dorcas a réussi à l'habiller des verroteries, sous le regard méfiant de la sirène, puis, pour lui montrer qu'elle ne se moquait pas d'elle, la jeune sorcière s'est séparée avec un pincement au coeur de son bracelet en or, le dernière cadeau de ses parents avant leur mort, qu'elle a attaché autour du poignet fin de l'Être de l'Eau. Dorcas n'a jamais appris à parler leur langue mais a toujours réussi à se faire comprendre des êtres magiques. La faute à sa grande capacité à retenir tout ce qu'elle lit, et elle a toujours lu beaucoup. Et à un solide instinct doublé d'une forte empathie.

Dorcas sort de ses pensées et lève les yeux vers Fury d'abord, pour s'assurer qu'il n'a pas reçu de nouveau sort, puis les autres agents du Shield toujours inconscients, et enfin Sheffield, Collins et les autres sorcières.

- Cette sirène a été agressée. Il faut absolument la protéger. Parce qu'elle ne doit pas être seule. La création d'une réserve est la meilleure solution, et cela aurait du être fait depuis longtemps. Contactez le service de magizoologie.

- On ne peut pas encarter quarante-cinq hectares comme ça !

- Mais c'est ce qu'on a fait en Angleterre pour les Quintapeds ! Le dernier sorcier à y avoir mis le pied était le père de Norbert Dragonneau, que vous devez connaître, et c'est parce qu'il y est mort que la réserve a été créée, l'île encartée, et que plus personne n'y va. C'est peut-être l'El Dorado qu'il y a au fond de ce lac, mais je peux vous assurer qu'il y a une sacrée couche de cadavres. Il y a même des hommes en armure. Des Conquistadors, sans doute. Et le plus frais est un fichu randonneur ! Alors, il vous faut encore combien de morts pour créer cette réserve, hein ? Appelez les magizoologistes et protégez-moi tout ça !

Sheffield fait la grimace, agacée de se voir donner des ordres par une sorcière étrangère avec qui elle ne travaille même pas.

- On repart au Macusa, restez ici et sécurisez les lieux. On n'a aucun pouvoir décisionnaire, j'espère que vous en êtes consciente, Amber Lea.

Fury se tourne imperceptiblement vers Meadowes, mais elle ne répond rien.

Dorcas essuie machinalement ses larmes de rage en observant les sorcières qui échangent des regards avant d'acquiescer à un ordre silencieux et d'utiliser une casserole cabossée en guise de portoloin, emportant avec elles Cromwell.

La jeune sorcière soupire et ferme les yeux, goûtant le silence de la sirène enfin consolée. Elle se tourne vers Fury, rengainant sa baguette.

- Je ne sais pas pourquoi son chant n'a plus d'effet sur vous, et je suis loin d'être une spécialiste, mais je préfère que vous ne l'approchiez pas de nouveau. On va récupérer vos collègues un par un et les ramener à l'avion, là-haut. Et rester discrets. Il ne faut pas leur enlever leurs casques.

- Et ensuite ? Demande Fury.

Une expression de tristesse et de confusion passe sur le visage de Dorcas, avant qu'elle n'arbore de nouveau un air neutre avec un soupçon de détermination et de défiance.

- Je n'en sais rien. Mais je vais faire en sorte que vous n'oubliiez rien. Mais cela ne va sans doute pas vous plaire... Je vous dirai cela ensuite. D'abord, on les met à l'abri.

 

Cela leur prend un certain temps de ramener les quatre autres agents du Shield au Quadjet. Fury lance plusieurs regards à Dorcas, soucieux du comportement confus de ses collègues.

- Cela va s'estomper, ne vous inquiétez pas. Ils ne se souviendront de rien, mais auront peut-être la sensation de gueule de bois pour les plus sensibles.

Les yeux de Dorcas se glissent sur French qui, d'un air particulièrement ahuri, glousse en regardant les lumières du tableau de bord.

La jeune sorcière plante ses yeux dans ceux de Fury.

- Vous allez rentrer, sans moi. Vous avez entendu Sheffield, je dois rester là le temps que mon gouvernement se décide enfin à faire quelque chose. Je reviendrai par mes propres moyens, ne vous faites pas de souci.

Fury acquiesce, mais tout ceci est bien trop mystérieux à son goût. Même Dorcas Meadowes ne semble pas savoir exactement ce qu'il va se passer ensuite. Il adresse un dernier signe de tête à la jeune sorcière, puis appuie de son poing fermé sur le bouton fermant la rampe du Quadjet. Il va ensuite attacher avec un gros soupir ses quatre collègues qui ont l'air tous groggy comme un lendemain de fête, et incapables de le faire eux-mêmes, et décolle pour New-York, déjà impatient de la prochaine conversation qu'il aura avec Dorcas Meadowes.

 

Le regard perdu dans le ciel où l'avion du Shield vient de disparaître dans un crac détonnant, Dorcas essaie d'apaiser son coeur qui bat la chamade.

Sur ses lèvres pulsent un baiser qu'elle est persuadée d'avoir échangé avec Fury, mais elle se demande si ce n'est pas un effet secondaire du charme de la sirène*.

Elle est tirée de ses pensées par des bruits d'eau venant du lac. Dorcas lance plusieurs hominium revelio et est satisfaite qu'ils ne donnent rien autour d'elle, mais ces bruits persistants l'inquiètent. Elle s'empresse de faire le tour des bois qui entourent le lac, là où elle a vu des rochers sculptés délimitant sûrement la barrière de protection mise en place par les chibchas, il y a si longtemps. Elle n'est pas sûre que cela soit bien sa mission à elle, une sorcière britannique travaillant pour le Macusa, de renforcer la magie protectrice d'un territoire colombien, mais le risque que d'autres hommes, sorciers comme moldus, puissent mourir du charme de la sirène, ou qu'elle puisse être tuée par ceux qui estiment, à raison, qu'elle est un danger, est bien trop important pour qu'elle l'ignore et ne fasse rien. Alors, elle lance des sorts de détection en commençant à partir des pierres qu'elle a repéré dans le parking, puis les réactive ou les remplace par des sortilèges de sa confection. Cela lui prend des heures et des heures de faire le tour du bois qui entoure le lac, et de trouver chaque borne. Elle a arrêté de compter passé cent.

Mais ce qui l'inquiète sont ces bruits d'eau, de plus en plus forts, provenant d'en bas.

Une fois que Dorcas est revenue sur le parking, son estomac lui rappelle qu'elle n'a pas mangé de la journée, et maintenant la nuit tombe, et la fraîcheur aussi. Elle se dirige vers le petit bureau du tourisme, en trouve la porte ouverte, et fait une provision de barres de chocolat et d'une boisson pétillante atrocement sucrée. Elle grignote et boit rapidement. Quand le soleil a définitivement disparu derrière l'horizon, les bruits d'eau sont de plus en plus forts, comme si tout ce que contient le lac en sortait.

La jeune femme se demande alors si on ne l'a pas oubliée, et si Sheffield ne se moque pas un peu d'elle en faisant traîner sciemment les choses. Elle espère aussi que les agents du Shield et Cromwell ne sont pas trop affectés suite au charme de la sirène, et aux sortilèges qu'elle leur a lancés. Elle espère aussi que Fury va bien, et ne lui en veut pas. Elle ne le supporterait pas.

Assise sur une pierre sur le cercle de pavés, son regard se perd dans les bois et elle distingue des silhouettes pâles se glissant entre les arbres.

- Oh, c'est pas vrai...

Dorcas se lève, et trace dans l'air un signe mystérieux tout en marmonnant en latin.

Je crois qu'il y a plusieurs Etres de l'Eau qui sont sortis du lac. Je vais voir ce qu'il se passe. Seules des femmes peuvent venir me chercher. Je vous enverrai un patronus si je suis en danger.

Les lettres lumineuses dansent quelques instants dans l'air avant de s'évanouir, et Dorcas donne un coup de sa baguette sur le pavé au bout de ses pieds qui reste luir. N'importe quel sorcier saura qu'un message s'y trouve s'il le frôle de sa baguette.

Des cris, non, un chant, vient du centre du lac, et ces silhouettes blafardes se glissent toujours entre les arbres, avec une grâce inhumaine. Dorcas frissonne, se lance un sort pour se réchauffer, alors qu'il ne fait pas si froid, mais elle se sent épuisée. Pourtant, elle quitte le parking et avance d'un bon pas, éclairée par sa baguette pour ne pas trébucher sur les racines et les branches mortes qui sont autant d'obstacles sur son chemin. Elle espère qu'aucun humain n'est dans ces bois, ce qu'elle vérifie de nouveau, mais il n'y a bien qu'elle ici. Elle et ces silhouettes se cachant puis reparaissant entre les arbres, ces yeux qui brillent comme des phares quand la lumière de sa baguette accroche leur éclat.

Pourtant, elle n'a pas peur.

Peut-être le devrait-elle, mais son instinct, qui a toujours été très fort, lui dit qu'elle ne court aucun danger.

En fait, elle a l'impression d'être invitée ici, elle ne sait pas à quoi exactement, mais le lien qu'elle a créé avec la sirène ne saurait lui mentir.

Ce sont d'autres siréniens qui dansent autour d'elle, silencieux, avec la grâce fluide de ceux qui sont habitués à évoluer dans l'eau et qui, pourtant, hors d'elle, n'en sont pas départis, au contraire. Leurs mouvements font penser à Dorcas qu'ils sont plus légers qu'elle, qu'ils savent peser aussi sur l'air, comme l'eau peut les porter. Ils sont tous parés de ce qu'ils trouvent dans le lac. Mais d'argent et de pierres précieuses, qui renvoient la lueur de sa baguette, alors que la sirène qu'elle a rencontré cet après-midi, était vêtue d'or.

Dorcas arrive au bord du lac, et sursaute quand ils surgissent tous d'entre les arbres, des mâles, des femelles, et peut-être même des juvéniles qui sont plus petits et plus frêles. Elle les regarde tous, cherchant dans leurs traits ce que signifie tout cela, ce qu'ils peuvent lui demander, ou exiger d'elle.

Et la sirène dorée, qui était assise sur l'eau du lac, se lève, se met à pirouetter, et s'arrête brusquement, tendant les bras vers elle, en une supplique, tout en chantant une mélopée mélodieuse et mélancolique.

Quelque chose de froid et visqueux frôle son bras, et un petit sirénien ferme et ouvre sa troisième paupière, lui tendant comme une offrande une branchiflore.

- Merci.

Dorcas lui sourit et le petit sirénien, les écailles dorées et les cheveux verdâtres, montre ses dents pointues en un simulacre de risette. La jeune sorcière se lance un sort pour imperméabiliser ses vêtements, et met dans sa bouche la plante magique qu'elle mâche consciencieusement, sachant que plus les sucs en sont extraits, plus ses effets vont durer, et Dorcas n'a pas envie de se retrouver au fond du lac à se noyer. Puis elle l'avale avec une grimace, parce que les branchiflores ne sont pas réputées pour leur goût. Quand elle sent la peau entre ses doigts et ses orteils pousser, puis les branchies se dessiner sur son cou, Dorcas se penche pour enlever maladroitement ses bottines puis ses chaussettes, puis lance un regard effrayé au sirénien le plus proche, un grand et solide mâle, parce qu'elle n'arrive plus à respirer, vu qu'elle est hors de l'eau. Celui-ci vient la ramasser d'une poigne vigoureuse et la porte contre lui, frissonnante plus d'appréhension que de froid, et entre dans le lac jusqu'à ce qu'elle ait de l'eau à la taille. Alors, crissant de sa langue coupante contre son palais, il la regarde un instant, attendant apparemment une réponse, et Dorcas acquiesce. Le sirénien la lâche alors et elle plonge, sa baguette envoyant de la lumière sur l'or, l'argent et les verroteries en couches si épaisses qu'on ne voit pas le fond du lac.

La sensation de nager en ayant mangé une branchiflore est grisante. Elle se sent encore plus à l'aise que dans les airs sur un balai, ou sur une autre monture, même alourdie par ses vêtements imperméabilisés.

Dorcas se rend compte qu'elle n'a pas besoin de sa baguette pour voir, et d'un informulé, la range sous sa peau. Elle ne veut pas la perdre, elle lui est trop précieuse.

Et autour d'elle, évoluant avec la grâce de dauphins, des dizaines et des dizaines d'Etres de l'Eau nagent, comme lui faisant la fête, lui souhaitant la bienvenue. Un éclair doré passe, et la sirène se montre devant elle, les bras tendus, les doigts dansant, l'attirant à elle. Alors, Dorcas la suit.

Elle est fascinée par le nombre d'armures qui parsèment le fond du lac. Et pourtant, cela ne la touche pas. Dorcas est persuadée que les hommes qui les ont portées se retrouvent ici en raison de leur appât du gain, tout comme ces touristes, ces guides. Il faut vraiment qu'une réserve soit créée, pour protéger tout cela. Les cacher à la vue des moldus et des sorciers.

Quand la sirène entre dans une grotte sous l'eau, Dorcas a un moment de recul, soudainement effrayée, même si la branchiflore exacerbe son sens de la vue et qu'elle y voit presque comme en plein jour, l'idée d'entrer dans un lieu confiné lui fait peur. Mais elle n'a pas le temps de s'en inquiéter plus que deux solides mains palmées se referment autour de sa taille et la contraignent à avancer. Une autre sirène, femelle, cette fois, se glisse sous elle et attire d'une main douce son visage vers elle, caressant une de ses joues, puis l'autre, en un geste que Dorcas interprète comme rassurant. L'éclair doré des jambes de la sirène disparaît dans un goulot dans lequel la sorcière et les autres se glissent.

Et soudain, Dorcas ouvre de grands yeux devant l'immense caverne que l'eau a patiemment creusée, polie, agrandie, au fil des millénaires. Elle est interloquée par ce qui pourrait ressembler à des maisons, une place avec une fontaine, des enclos avec des strangulots, et beaucoup d'autres espèces aquatiques magiques dont elle ne connaît pas le nom. L'ensemble donne l'impression lugubre d'être une ville fantôme, mais ce village est plein de vie.

Les mains qui la tenaient à sa taille la lâchent soudainement, et la sirène qui nageait sous elle s'éloigne d'elle. Et Dorcas a l'impression que leur humeur change, ils se mettent à nager à toute vitesse autour d'elle, sans jamais se toucher ni la frôler, grimaçant, montrant les dents qu'elle sait coupantes comme des rasoirs, leurs mains palmées tenues comme des serres devant elle, les griffes pointues. La jeune sorcière se stabilise, reste flotter, portée par l'eau, luttant comme elle le peut contre les remous qu'ils provoquent, car beaucoup moins adroite dans cet élément que ces créatures. La peur revient sous la surface. Dorcas devine qu'ils pourraient la déchiqueter en quelques minutes s'ils le voulaient, et elle rejoindrait ces cadavres par centaines. Mais soudain un cri puissant lui vrille les tympans, et ils s'éparpillent tous, laissant la place à la sirène dorée, qui a poussé ce cri, réclamant sans doute le calme. Elle nage gracieusement vers la sorcière. D'un geste du bras droit, montre ce qu'il y a autour d'elles. Elle répète ce geste du bras gauche, comme en une chorégraphie savante, tourne la tête vers la gauche, vers le haut, vers la droite, vers le bas.

Et Dorcas pense. Oui, j'ai vu tout ce que tu me montres.

A l'instant où cette pensée se formule, la sirène dorée rassemble ses mains devant elle, comme en un simulacre de mime d'oiseau, et vient les plaquer sur le visage de Dorcas, ses doigts griffus venant entamer la chair de ses joues.

Et la sorcière pense. Oui, tout ce que tu m'as montré, je n'en parlerai pas. A personne. Ton secret est le mien.

A l'instant où cette pensée se formule, la sirène dorée, leur reine, comprend Dorcas, lâche son visage, penche sa tête gracieuse sur le côté, et vient érafler ses lèvres des siennes, râpeuses comme une pierre ponce.

La sorcière a l'impression qu'ici un serment est scellé.

 

Des heures plus tard, Dorcas patiente, assise sur une pierre du parking et grelottant malgré les sorts de réchauffage qu'elle s'est lancée. Ce n'est qu'au petit matin que les renforts du Macusa, accompagnés par des sorciers colombiens et le très célèbre Norbert Dragonneau, fébrile comme un enfant la veille de Noël, viennent la rejoindre. Dorcas est si fatiguée qu'elle pourrait dormir sur la pierre sur laquelle elle est assise. Quand elle lève les yeux sur le fringant magizoologiste, il l'interrompt avant qu'elle n'ait ouvert la bouche.

- Avez-vous échangé un baiser avec la sirène ?

Dorcas acquiesce.

- Deux, en vérité.

Les yeux myosotis du sorcier s'étrécissent.

- Dites m'en plus, mais pas trop.

Il se penche vers Dorcas, comme pour lui faire une confidence.

- Les baisers sont des serments.

La jeune sorcière acquiesce.

- Le premier, c'est quand j'ai offert à la sirène dorée de quoi se parer. J'ai l'impression qu'elle m'a soignée, ensuite. Elle a apposé sa main sur mon flanc, et...

Dorcas se perd dans ses souvenirs un peu confus, rendus irréels par tout ce qu'elle a vécu, et se superposant à d'autres souvenirs qui deviennent plus lointains, moins douloureux. Et, étonnamment, le visage de Fury apparaît comme à la surface de tout cela. Dorcas fronce les sourcils, confuse.

- Le second...

- Le second, vous ne devez pas en parler, Mademoiselle Meadowes, ou Lea comme on vous appelle en Amérique. Le second est un serment, un secret scellé. Les sirènes sont puissantes, et la sirène dorée est la plus puissante de toutes.

Le magizoologiste se redresse alors et lui tend la main pour l'aider à se relever.

- Vous avez fait de l'excellent travail. Je suis toujours à la recherche de bons assistants, si jamais cela vous intéresse.

Dorcas se met à rêver d'une vie menée autour du monde, mais le visage de Fury vient balayer tout cela, comme une vague vient redessiner la plage.

- Non merci. Je... Je pense que je suis à un poste charnière entre deux institutions qui est trop important pour être négligé, Monsieur Dragonneau. Aussi séduisante qu'est votre proposition...

Le magizoologiste esquisse un sourire amusé, ce qui interrompt Dorcas.

- Vous voulez que je vous dise un secret sur les sirènes ? Leur premier baiser révèle les émotions et sentiments enfouis. Ce dont on n'a pas encore conscience. Leur magie est très belle. Et puissante.

Dorcas ouvre grand les yeux et la bouche, effarée, avant de se reprendre et de se perdre de nouveau dans ses pensées.

Bouse de troll.

Fury.

 

Cromwell, bien rétabli au grand soulagement de Dorcas, a beaucoup insisté pour qu'elle voie un médicomage, mais, devant son refus, s'est résigné à la déposer avec un véhicule du Macusa, devant les portes du Shield, avec comme instruction de faire son rapport après qu'elle se soit reposée.

Quand elle est entrée dans le bâtiment fédéral, Nick Fury a été le premier à l'accueillir, la bouche pleine de questions, mais d'un simple geste de la main, Dorcas lui a murmuré.

- Laissez-moi dormir une douzaine d'heures et je vous dirai tout ce que je peux.

 

Le lendemain, après une quinzaine d'heures de sommeil et un repas digne d'un bodybuilder - Nick Fury n'a jamais vu une femme aussi menue engloutir autant de nourriture, Dorcas se lève de son siège dans la salle de restauration, surveille du coin de l'oeil la caméra, récupère plusieurs ingrédients dans les placards et entreprend de confectionner une biéraubeurre, une boisson qu'elle a toujours adoré, et qu'elle regrette depuis qu'elle est en Amérique. Elle sent le regard de Fury brûler dans son dos mais ignore son impatience, son pied qui bat la mesure par terre, ses raclements de gorge. Quand elle a fini de préparer sa boisson favorite, en tournant le dos à la caméra, Dorcas la verse dans deux chopes avant de rengainer sa baguette, et de les poser sur la table à laquelle est assis Nick Fury.

Ses yeux se promenant sur son visage renfrogné et impatient à la fois, Dorca sourit, réalisant ce qu'elle refusait de reconnaître depuis longtemps.

- Est-ce qu'on nous écoute ? Désigne-t-elle d'un doigt le plafond.

- Non.

- Parfait. Buvez ça.

Fury soupire et prend une gorgée de biéraubeurre qui lui dessine une moustache de mousse. C'est extrêmement sucré, et en même temps amer. C'est dégueulasse. Dorcas émet un petit rire avant de lui prendre sa chope des mains.

- Vos bières sont immondes, à vous, les Américains. Je préfère la mienne.

Dorcas savoure sa biéraubeurre avec l'air d'un chat lapant de la crème, avant de se mettre à parler, la voix basse, de tout ce qu'elle peut lui dire de la mission qu'ils viennent d'accomplir, des sirènes, du Macusa, et du gouvernement colombien.

- Une réserve va être créée, Norbert Dragonneau, un magizoologiste de renommée mondiale, va s'en assurer.

Puis elle lui parle de la guerre en Angleterre, du traumatisme qu'elle a subi, et qui a été guéri, à ce qu'il lui semble, par la sirène. Elle lui parle de sa nouvelle vie en Amérique, du fait qu'elle veut travailler autant pour le Macusa que pour le Shield, que ces deux organisations peuvent apprendre beaucoup de l'autre, qu'elles sont complémentaires.

Fury ne dit rien mais acquiesce beaucoup.

Enfin, elle aborde, prudente et du bout des lèvres, le plan qu'elle pense monter pour qu'il ne soit pas oublietté, parce qu'elle lui fait confiance, et qu'elle veut qu'il lui fasse confiance aussi. Qu'ils sont une équipe, tous les deux, ce qui est une douloureuse litote pour ce qu'elle se rend bien compte maintenant qu'elle éprouve pour lui.

- Pendant des siècles en Amérique, les sorciers n'avaient pas le droit d'épouser des Non-Maj. La loi a été abolie il y a à peine vingt ans, mais les conditions pour qu'un Non-Maj qui est au courant de l'existence de la magie ne soit pas oublietté en Amérique sont au nombre de trois : qu'il soit la personne au sommet du gouvernement américain, ce que vous n'êtes pas, qu'il soit un parent, donc père ou mère, d'un enfant sorcier, ce que vous n'êtes pas non plus, ou qu'il soit l'époux ou l'épouse d'un sorcier.

- Vous me demandez en mariage, Meadowes ?

Dorcas a les yeux tristes mais la voix ferme.

- Non, je vous demande de faire semblant d'être amoureux de moi.

La mine de Fury ébranle le peu d'assurance que la jeune sorcière ressent.

- Je peux faire semblant, soupire l'agent du Shield.

Dorcas sourit mais le coeur n'y est pas.

Et merde.

Note de fin de chapitre :

*Je suis clairement en train de jouer sur la confusion de Dorcas ici. Pour le précédent texte, j'avais dans l'idée que Dorcas embrasse Fury pour le sortir de l'influence de la sirène. A la place, il s'est pris une claque.

Mais la sirène influence également Dorcas, ses pensées, ses souvenirs, ses désirs, mélangeant un peu tout cela. Donc non, Dorcas n'a pas embrassé Fury mais la sirène, mais elle en a quand même le souvenir.

Je ne sais pas si vous avez lu Game of Thrones, mais lorsque Sandor Clegane propose à Sansa Stark de le suivre et de quitter Port Réal où elle est en danger, l'adolescente terrifiée qu'elle est en retient un baiser, qui n'a jamais eu lieu (c'est aussi la richesse des différents points de vue des personnages, un perso peut se tromper, se mentir à lui-même...). Bref, Dorcas fantasme un peu ici.

Il me reste cinq textes il me semble à écrire sur ce pairing et le développement de la relation entre Dorcas et Nick avant d'attaquer, dans le même monde, des OS qui seront un peu plus indépendants.

J'espère que la lecture vous a été agréable, n'hésitez pas à me laisser une petite bafouille !

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