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32ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 32e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 18 février à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits en ce mois de Saint-Valentin. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic. A très bientôt !

 


De Les Nuits le 06/02/2023 15:45


128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


La nuit de Samain par Seonne

[26 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

 

Cette histoire fait suite, dans l'ordre, à mes histoires Les femmes fanées puis Les fleurs fragiles. La lecture n'est pas nécessaire pour comprendre cette histoire, mais si vous l'appréciez et que vous souhaitez en découvrir plus sur mon Lavande/Pansy-verse, je vous laisse les liens.

Elle répond au concours Les 4 saisons lancé sur le forum HPF par Alena Aeterna, Samantha Black et Hazalhia. Pour la session Automne, les contraintes sont les suivantes :

– Votre personnage (ou groupe de personnage) doit résoudre un mystère.

– Inclure les mots : vent, citrouille, bougies, solution, anniversaire, artiste.

– 2 défis à choisir parmi : L'histoire se passe dans une petite ville/village ~ Il pleut pendant les ¾ de l’histoire ~ Inspirez vous de cette image. Comme j'aime les défis (et que j'écris encore une fanfic trop longue), je tente de réaliser les 3. Je ferai un récap des contraintes dans ma note du dernier chapitre.

Et parce que j'adore l'automne et qu'écrire cette histoire me fait beaucoup de bien (je tiens d'ailleurs à remercier CacheCœur pour le défi Combat à Mort), je vais tenter d'illustrer chaque chapitre par une œuvre d'un·e artiste que j'apprécie et de vous mettre des petites playlists d'ambiance.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

 

Note de chapitre:

© Alone par RadoJovar

Ambiance musicale : une playlist dark academia par The Dreamers

 

Trigger warnings : mention de pensées suicidaires, crises de panique, anxiété.

 

— Vous êtes sûre que vous allez bien, miss ?

Pansy fit un pas pour s'extirper hors de la cheminée sans comprendre que c'était à elle que la question avait été adressée. Ses cheveux humides dégoulinaient sur ses épaules, ses joues étaient noires de suie et, le regard hagard, elle tenait une feuille de papier froissée dans sa main droite. L'interrogation de l'aubergiste était fort légitime, face à cette jeune fille détrempée à l'air confus.

— Miss ?

L'homme s'était approché d'elle et Pansy sursauta, tirée d'une torpeur étrange. Sa phase maniaque la reprit : elle lui bondit presque dessus.

— Où sont les Brown ? Lavande ? Lavande Brown ? Où habitent les Brown, s'il-vous-plaît, c'est de la plus grande importance, il faut que je sache si...

Elle avait empoigné la manche de l'homme – en se retenant de l'agripper par le col de sa robe de sorcier. L'air lui manquait, sa respiration s'était accélérée. Ses iris sombres lançaient des éclairs tout autour d'elle, comme si elle espérait débusquer Lavande dans l'un des recoins de ce pub un peu miteux de campagne.

— Miss, asseyez-vous donc quelques minutes.

— Non ! Non, je n'ai pas le temps, il faut que...

— J'ai bien compris que vous cherchiez la petite Brown mais elle ne s'échappera pas plus loin qu'elle ne l'est déjà, par le temps qu'il fait.

D'un signe de tête, il l'enjoignit à regarder à travers les vitres. Sous la buée, on distinguait nettement les bourrasques de pluie s'abattre dehors. Le ciel était si chargé de nuages qu'il faisait gris.

— Asseyez-vous, répéta-t-il en la prenant par les épaules pour la guider vers l'un des tabourets au bar. Je vais vous faire un bon jus de citrouille à la cannelle, bien chaud, qu'est-ce que vous en dites ? Et puis vous allez me raconter ce qui vous amène. C'est d'accord ?

Pour toute réponse, Pansy émit un éternuement bruyant : la poudre de Cheminette lui faisait toujours cet effet-là et elle détestait l'utiliser. Mais il s'agissait d'un cas de force majeure, elle n'avait pas eu le choix.

Comme si ce brusque retour à la réalité de la situation l'avait tirée de son agitation, elle s'écroula, en larmes, sur le comptoir.

 

*

 

— Vous vous sentez mieux ?

Pansy avait fini par réussir à assécher son torrent de larmes. Elle contemplait la tasse fumante entre ses doigts. Le nuage de crème saupoudré d'épices formait des formes éthérées et vaporeuses, ensorcelantes. Elle tremblotait encore un peu. Le tenancier avait séché sa robe d'un coup de baguette et lui avait donné une couverture, le temps qu'elle se réchauffe. Elle se tenait éloignée de la cheminée, de crainte que les émanations ne lui irritent encore les bronches.

— Oui. Merci pour votre gentillesse, monsieur...

— Harvest Cardamom, mais tout le monde m'appelle Harvey, c'est tout de même plus simple.

Il lui tendit une main calleuse et chaude qu'elle serra de son mieux.

— Pansy Parkinson.

— Enchanté, miss Parkinson. C'est bien rare que de nouveaux arrivants se présentent à Pottsfield, d'autant plus par le conduit de ma cheminée.

Pansy lui adressa un sourire gêné. Le nom du village lui avait écorché les tympans, mais elle ne pouvait pas le lui dire ainsi. Bourgade perdue quelque part au fin fond du Pays de Galles, dans laquelle n'avait jamais mis les pieds. Il était bien trop risqué de transplaner dans un lieu inconnu, d'autant plus terrassée par un état émotionnel instable. Elle s'était rabattue sur le réseau de cheminées.

Elle avait eu bien de la chance que le patron du café où elle travaillait, à Londres, lui trouve par hasard cet aubergiste du village en question pour lui y donner un accès. Si elle avait dû recourir au Ministère pour prendre un Portoloin, cela aurait pu lui prendre...

— C'est d'autant plus rare que nous débarquent des touristes dans votre état, ajouta une voix éraillée quelque part dans son dos.

— Mimi, enfin !

Pansy fit volte-face : au fond de la salle se trouvait une autre cliente, qui était bien la seule, à cette heure tardive. Une sorcière aux joues creusées de rides et au nez en trompette, dont elle aurait bien été en peine de deviner l'âge.

— Excusez-la, implora Harvey en se rapprochant de Pansy. Notre Mimi a si peu l'habitude qu'on perturbe son quotidien qu'elle en oublie les bonnes manières.

— Ce n'est pas toi qui vas m'apprendre les bonnes manières, Harvest Galahad Aetius Cardamom ! s'écria ladite Mimi. Et c'est pas une gamine maigrichonne comme un Doxys qui va mettre le bazar dans mon village, c'est moi qui vous le dit. On ne débarque pas comme ça pour crier sur les cafetiers, miss Parkinson.

— Je... Je suis tout à fait navrée, marmonna Pansy.

Sa bouche était sèche comme si elle avait mangé de la craie. Elle se força à boire une gorgée de son jus de citrouille, qui raviva l'acidité de son estomac. Elle se sentait malade.

— Enfin, ça fait rien. Maintenant que t'es là, on va t'aider à la retrouver, la petite Brown.

En se dandinant dans une démarche de fière arthrosique, Mimi déplaça sa chaise jusqu'à Pansy.

— Miracle Morningsun, se présenta-t-elle. On peut dire que je fais partie des vieux de os de Pottsfield. Tout le monde se connaît, ici, alors crois-moi, c'était pas bien malin de débarquer comme ça, ma petite. T'as bien de la chance qu'il n'y ait eu que Harvey et la vieille Mimi ici, sinon les commères auraient déjà toutes fait passer le mot qu'une folle furieuse vient nous envahir depuis Londres.

— Mais enfin, ce n'est pas du tout...

— Je plaisante, je plaisante. Je te taquine. Ne fais pas attention à moi, va. Dis-nous plutôt ce qui t'a mise dans un état pareil.

— Je...

Après toutes ces interruptions, Pansy ne savait plus par où commencer. Elle prit une inspiration profonde en fermant les yeux, comme elle le faisait toujours quand elle avait du mal à remettre ses souvenirs en place. C'était Lavande qui lui avait appris cette technique.

Lavande.

Les images lui revinrent : le Chemin de Traverse inondé par les orages d'octobre, sa course à travers les rues étroites parce qu'elle ne transplanait jamais dans l'appartement – pour ne pas effrayer Lavande, qui l'y attendait. Son appel resté sans réponse : Lavande ne l'attendait pas. L'appartement vide, résolument vide. Le bureau en bazar. L'antique machine à écrire moldue, que Lavande avait acquise lors de leur passage par Paris et qu'elle avait remise en état de marche à l'aide de quelques sortilèges, à moitié démantelée. Les feuilles raturées qui traînaient de partout : sol, chaises, murs. Comme si une tornade avait mis tout sens dessus dessous.

Et le parchemin qui lui avait sauté aux yeux, posé en évidence sur le clavier. Ce parchemin sur lequel les lignes dactylographiées avaient été rayées à coup de plume et d'encre. Ce parchemin sur lequel il ne restait plus qu'un seul mot de visible, ses lettres tracées d'une main tremblante.

« Pottsfield ».

Les larmes lui montèrent aux yeux de plus belle, sur le point de la submerger.

— Tu cherches la petite Brown, c'est ça ? Lavande ?

Malgré ses cordes vocales rocailleuses, Mimi Morningsun tâchait de prendre un ton le plus doux possible. Ravalant ses pleurs, Pansy hocha la tête.

— C'est ma... ma copine. On habite ensemble, à Londres. Moi je travaille dans un café et elle, elle écrit. Pour l'instant. Sauf que... que... quand je suis rentrée ce soir, elle avait disparu. Il n'y avait que... que ça sur son bureau.

Pansy posa le morceau de parchemin froissé et le lissa du bout des doigts. Harvey et Mimi se penchèrent au-dessus et échangèrent un regard stupéfait.

— Eh bien, ce n'est pas bien grave. Elle a dû se rendre chez ses parents. Ils habitent juste là-bas, au coin de la Grand-Rue.

Harvey pointa l'une des maisons dont la silhouette se détachait dans la grisaille. Pansy se mordait la lèvre. Comment leur expliquer qu'elle avait de gros doutes sur cette éventualité ? Depuis qu'ils l'avaient faite interner au Centre de Réhabilitation Sirona & Panacée, Lavande fuyait ses parents. Ils avaient fait leur possible pour aider leur fille au bord du suicide, et quand les Médicomages avaient décrété qu'elle était un trop grand danger pour elle-même, ils n'avaient pas eu d'autre choix que de la laisser entre les murs blancs et froids de la clinique sorcière.

C'était là-bas que Pansy l'avait rencontrée. Là-bas qu'elles étaient tombées amoureuses, là-bas qu'elles avaient entamé ensemble le chemin de leur longue guérison. Mais l'une des étapes de la réhabilitation impliquait le deuil du passé et ça, Lavande n'arrivait toujours pas à le faire. Elle n'arrivait toujours pas à soutenir le regard triste de sa mère, le reflet de ses cicatrices monstrueuses dans les yeux de son père. La culpabilité de ses parents de ne pas avoir su la protéger, de ne pas avoir su réparer son âme brisée.

Elle avait perdu une part d'elle-même et sa famille lui rappelait encore trop le vide qui pouvait la dévorer en un instant. En une crise de panique.

— T'as peur d'aller chez les Brown, hein, petite ? Parce que c'est ta belle-famille et que tu ne les as encore jamais rencontrés ?

Au sourire tordu de Mimi, Pansy vit bien qu'elle avait compris que le silence de la jeune fille cachait quelque chose de plus grave, de plus lourd, de plus inexplicable. Mais elle lui offrait une excuse, une explication facile et Pansy sauta dessus.

— C'est... c'est ça. Voilà.

— On n'a qu'à leur demander, alors. Harvey, rajoute une poignée de Cheminette sur ma note.

Le tenancier se saisit de sa plume rouge et griffonna quelque chose sur un calepin, tandis que Mimi s'approchait de l'âtre.

— Donne-moi cinq minutes. Personne à Pottsfield ne refuse jamais une visite de la terrible Mimi.

Elle disparut dans les flammes vertes et Pansy se retourna vers l'aubergiste.

— Merci pour le jus de citrouille. Il est très bon.

— C'est ma cuvée spéciale pour l'anniversaire de Mimi. Dans un bourg comme celui-là, on n'a pas toujours tant de choses à fêter.

Il avait l'air désolé et elle ne sut quoi dire. Alors elle attendit en buvant le contenu de son mug, le plus lentement possible.

 

*

 

Sa gorge la brûlait mais elle commençait à se réchauffer de l'intérieur. Pourtant, quand la drôle de Mimi réapparut par la cheminée, Pansy sentit un frisson la parcourir de la tête aux pieds. La Mimi grimaçait. Et ça ne pouvait pas être bon signe.

— Semblerait qu'on se soit trompés, mon p'tiot Harvey. La Lavande est pas chez ses parents. Je suis désolée, petite.

Pansy pinça très fort les lèvres, comme à chaque fois qu'elle voulait se retenir de pleurer. Ça, c'était un truc que Daphné lui avait appris. Un truc qui s'était révélé bien utile quand Daphné lui avait appris que sa petite sœur et Drago avaient commencé à se fréquenter. Elle n'avait jamais vraiment aimé Drago, pourtant. Pas comme s'aiment les hommes et les femmes habituellement, du moins. Mais Drago avait toujours été à elle. Comme un frère, comme une moitié de sa propre âme. Relation fusionnelle.

Une autre de ces choses que la guerre lui avait arrachées.

Elle refusait que l'après-guerre lui arrache sa Lavande, à son tour.

— Fais donc pas cette tête, miss Parkinson. On va te la retrouver, ton amoureuse.

— Vous pouvez m'appeler Pansy.

Dans cette vieille dame, Pansy vit d'un coup la grand-mère qu'elle avait toujours rêvé d'avoir. Et derrière son comptoir, Harvey finit de ranger sa vaisselle pour venir s'accouder auprès d'elles.

— Pansy, alors. Si tu veux qu'on t'aide, va falloir nous donner un peu plus d'informations.

— Que vous m'aidiez ? Enfin, non, je ne voudrais pas vous déranger... Vous en avez fait assez. Je vais régler mon jus de citrouille et puis je vais sortir voir si...

Un regard par la fenêtre fit tomber une chappe de plomb sur ses épaules : l'averse était toujours aussi drue.

— Arf, vous embêtez pas pour le jus de citrouille, miss Parkinson. C'est la maison qui l'offre.

— Tiens, prépare-nous donc deux parts de tarte à la mélasse, Harvey. On enquête mieux l'estomac plein.

— Enquêter ? Vous... vous voulez vraiment m'aider ?

Pansy dévisageait à tour de rôle la sexagénaire aux cheveux roses et le barman à la moustache grisonnante. Elle se rendit compte, pour la première fois, de l'affabilité qui se dégageait de leurs traits pourtant abrupts au premier coup d'œil.

— Pour sûr, qu'on va t'aider ! Ça nous mettra un peu d'animation – tu crois qu'on a souvent des mystères à élucider, dans un village perdu comme Pottsfield ? Tiens donc, c'est pas parce que j'ai de vieux os que j'ai pas envie de retrouver l'adrénaline de ma jeunesse. On va la retrouver, la p'tiote Brown, foi de Mimi Morningsun !

— Et puis, en tant que tenancier du seul pub du village, et aubergiste aussi, je sais un peu tout ce qui se passe dans le coin. Alors je peux vous aider aussi.

Un sourire fin et timide éclaira la mine grise de Pansy. Comme le jus de citrouille, voilà qui la réchauffait de l'intérieur. Oui, la sollicitude de ces deux inconnus lui faisait chaud au cœur.

— C'est d'accord. Vous nous amenez ces deux parts de tarte, Mr Harvey ? Prenez-en une pour vous aussi.

En grignotant les bouts de pâte sablée garnie de golden syrup et d'une belle couche de crème fouettée, Pansy leur expliqua les éléments qui lui semblaient nécessaires : qu'elle et Lavande s'étaient rencontrées dans un établissement pour les sorciers à l'esprit abîmé par les malheurs du monde, qu'elles y étaient tombées amoureuses et qu'elles en étaient sorties pour faire le tour du monde et affronter leurs vieux démons. Que le retour en Angleterre avait été difficile que le syndrome de stress post-traumatique de Lavande la gardait cloîtrée dans l'appartement la plupart du temps, à griffonner ses manuscrits, tandis que Pansy s'acharnait à devenir barista au Legends & Lattes sur le Chemin de Traverse.

Et que cette disparition ne lui disait rien qui vaille.

— Une tragédie, tous les p'tits jeunes comme vous que cette satanée guerre a laissé amochés, marmonna Mimi avec une véritable compassion. C'était une gamine charmante, cette Lavande. Un peu fleur bleue et un peu naïve... mais touchante dans sa naïveté.

— Elle est toujours touchante, souligna Pansy, presque malgré elle.

— Ah, j'en doute pas. Mais z'auriez pas dû devoir grandir si vite. À votre âge, j'vous garantis que j'avais pas enduré la moitié de c'que vous avez pu vivre. M'enfin. Concentrons-nous.

— Vous qui avez plus ou moins vu Lavande grandir, n'avez-vous pas une idée d'un lieu où elle aurait pu se réfugier ? D'une personne du village chez qui elle aurait pu se rendre ? Quelqu'un avec qui elle s'entendait bien, une amie d'enfance ?

— C'est que, dans les bourgades comme chez nous, il n'y a souvent pas des masses d'enfants du même âge. La petite Brown jouait des fois avec les filles Shaffer mais elles étaient bien plus grandes qu'elle et cela fait longtemps qu'elles sont parties. Lavande était plus leur poupée qu'autre chose.

— Ou un lieu remarquable des environs ?

— Eh bien, à part la Grand-Place et le cimetière, Pottsfield n'a pas grand-chose de remarquable. Comme tous les jeunes, elle se précipitait au Bazar d'Imogen dès qu'il y avait de nouveaux arrivages – vêtements, sucreries, matériel de divination primaire, c'est un sacré vrac, la boutique porte bien son nom.

Mimi se creusait la tête tout en se grattant le menton. L'une des machines émit un sifflement de fumée et Harvey se précipita pour la remettre en ordre. Après quelques secondes de silence, il leur lança depuis l'autre bout du comptoir :

— Il y a une autre hypothèse qu'on n'a pas évoqué, mesdames. Miss Parkinson, pensez-vous que la disparition de la petite Brown pourrait avoir quelque chose à voir avec... la date ?

— Avec le fait que nous soyons le jour d'Halloween, vous voulez dire ?

Pansy n'eut pas le temps de réfléchir à la question que Mimi la faisait sursauter de plus belle, en poussant un soupir exaspéré et en levant les yeux au ciel.

— Halloween ! Ces jeunes, hein, vous vous laissez tant influencer par les Américains et les Moldus ! Ah ! Halloween !

— Je ne... Je ne comprends pas, bégaya Pansy.

— Chez nous, on célèbre encore Samain, dans les anciennes traditions sorcières, l'éclaira Harvey.

Samain. Oui, le nom de ce sabbat sorcier lui rappelait bien quelque chose. Pottsfield était-elle à ce point reculé dans de vieilles traditions ? Même dans la famille Parkinson, pourtant encore engoncée dans des principes surannés, on ne célébrait plus cette fête. Quoi qu'on n'y fêtât pas Halloween non plus. Pansy avait découvert ces festivités joviales lors de sa scolarité à Poudlard.

— Fort heureusement, commenta Mimi, tout ne fout pas encore le camp dans ce bourg. Oui, on fête Samain, à Pottsfield. Et j'me souviens bien qu'avant l'époque de Poudlard, pour le coup, la p'tiote Brown était la première à promener sa citrouille volante et à allumer les bougies de l'allée des Lucioles. Oui, bonne idée, mon p'tit Harvey. Je crois que l'on tient une piste !

Mimi frappa dans ses mains comme une enfant qui aurait découvert ses cadeaux au pied de l'arbre de Noël. Pansy chercha dans sa mémoire mais elle ne se souvenait pas si Lavande avait mentionné Samain – à vrai dire, elles avait commencé à se rapprocher durant l'automne précédent mais elles ne se connaissaient pas encore assez bien, à l'époque, pour partager leurs traditions et rituels.

— Et en quoi consiste cette fête, à Pottsfield ?

— Eh bien, à une époque, Samain marquait le début de l'année sorcière – jusqu'à ce que le Ministère décide de s'aligner sur l'année civile des Moldus. C'est une période de renouveau et c'est aussi la période idéale pour la divination et pour rendre hommage aux morts : la frontière entre les mondes est plus fine, lors de la nuit de Samain.

— Lavande adore la divination.

— Encore un indice. Oui, on cherche dans la bonne direction. Pour répondre un peu plus à ta question, la plupart des gens se rendent au cimetière pour faire hommage aux morts et se font une séance de cartomancie. À la tombée de la nuit, tout le monde se retrouve allée des Lucioles pour allumer les bougies et danser autour du feu de joie. C'est très convivial. On se raconte les légendes de nos ancêtres. On partage un repas avec les fantômes des environs. Quand les jeunes ont envie de se faire peur, ils poussent la promenade jusqu'aux marais de Clarendows.

— On raconte qu'ils sont hantés par, disons, de mauvais esprits frappeurs. Et quelques loups-garous – ou seraient-ce des vampires ? Je ne me souviens plus bien.

— Tu fais un piètre tenancier, Harvey, avec ta méconnaissance des traditions locales. Ce sont des Lavandières de nuit, qui sont supposées hanter les marais de Clarendows. Des banshees, si tu préfères.

Pansy avait déjà entendu parler de ces êtres mythiques, qu'on retrouvait dans les légendes sorcières et moldues. Créatures revenues d'entre les morts, les Lavandières de nuit étaient sensées, selon les différentes légendes, laver des linges ensanglantés, annoncer de mauvais présages ou expier leurs fautes après leur mort.

— Et Lavande, elle... elle s'y rendait, dans ces marais ?

— Oh, ça, moi, je ne pourrais pas vous le dire. Mais je sais à qui on pourrait demander.

— Et qui donc, Harvey ?

— À Season Gooseberry, bien sûr.

Pansy vit Mimi grincer des dents mais elle n'osa pas objecter. Un froid avait soufflé son excitation d'enquêtrice. Un silence parut s'installer tandis que les deux habitants de Pottsfield se dévisageait : voyant qu'aucun n'avait l'intention de l'éclairer, Pansy se dit qu'il valait mieux poser la question que d'attendre.

— Et qui est Season Gooseberry ?

— Ah, ce n'est rien que la folle qui vit...

— Season Gooseberry est une devineresse qui vit aux abords des marais de Clarendows, rectifia Harvey. Elle est assez... particulière. Mais elle a tendance à surveiller le chemin qui relie Pottsfield et les marais.

— Elle s'amuse surtout à effrayer les gosses qui l'emmerdent d'un peu trop près, grommela Mimi.

— Enfin, elle saura peut-être nous dire si elle a vu la petite Brown. Récemment ou par le passé.

C'était une piste bien maigre, mais la seule dont Pansy disposait. Et elle ne comptait pas attendre qu'on lui annonce que des Aurors avaient retrouvé Lavande recroquevillée, en panique, blessée ou perdue quelque part. Voire pire.

— Très bien. J'y vais, alors.

— Je viens avec toi. Sinon, cette folle furieuse de Season te mettra hors de chez elle à coup de balai !

— Et je vous accompagne aussi. Avec Mimi, il vous faudra quelqu'un de plus diplomate pour compenser.

D'un coup de baguette, Harvey retourna le panneau sur la porte, qui indiquait désormais que l'établissement était fermé.

— Vous n'êtes pas obligés, se sentit obligée de préciser Pansy.

— Ah, au diable les formules de politesse ! T'as besoin d'aide, petiote, hors de question que tu risques de fondre à nouveau en larmes toute seule ou de perdre les boulons à cause de ta peur sentimentale. La brave Mimi t'escorte et on a même notre caution-bienséance avec Harvey. Avec une équipe pareille, il ne peut rien nous arriver !

Mimi les attrapa l'un et l'autre en les pinçant par l'avant-bras. Dans sa brusquerie, il y avait quelque chose de touchant.

Bras dessus, bras dessous, le trio improbable brava la tempête pour traverser Pottsfield et prit la direction des marais.

 

Note de fin de chapitre :

Pour les personnes qui aiment savoir d'où proviennent de petites références rigolotes, le nom du village (Pottsfield) est le même que celui des bonhommes-citrouilles dans l'épisode 2 de Over the Garden Wall / La Forêt de l'Étrange (je vous recommande chaudement cette petite série animée de saison).

Le nom du café où travaille Pansy, Legends & Lattes, est le titre d'un roman de fantasy américain (malheureusement non-traduit en VF) écrit par Travis Baldree, très cosy, qui nous compte l'histoire du café éponyme.

Allez, j'ai fini de raconter ma vie, vous pouvez laisser une petite review si ça vous dit en attendant le prochain chapitre ♡

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