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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Le noir se fit par Nova Frogster

[1 Reviews]
Imprimante
Table des matières

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Note d'auteur :

TW : torture, violence et agression sexuelle

Le soleil se couchait lorsque du bruit se fit entendre à l’extérieur de la tente dans laquelle Hermione Granger se reposait. Baguette en main, elle se leva et écarta la toile pour observer les alentours de la forêt. La neige avait envahi les alentours la nuit précédente.

Tout était calme à nouveau, mais lorsqu’elle tourna la tête vers le lac qui se trouvait à quelques dizaines de mètres de son campement, elle eut à peine le temps de voir qui lui faisait face, qu’un sort la touchait en pleine poitrine.


Le noir se fit.

oOo

Hermione papillonna des yeux et se sentit immédiatement agressée par une immense douleur aux côtes, à la jambe droite et à la tête. Elle avait l’impression que ses yeux brûlaient et, en prime, son cœur battait bien plus vite qu’à la normale.


Prenant petit à petit conscience de ce qui l’entourait, elle remarqua rapidement qu’elle n’était plus du tout dans son campement. Elle était allongée à même le sol, sur la pierre froide, dans ce qui ressemblait fortement à un caniveau ou bien à une cellule étroite. La pièce était très sombre et elle mit quelques minutes avant de s’habituer complètement à la faible luminosité. Elle avait encore du mal à mettre ses idées au clair.


Il faisait froid et elle s’en rendit compte lorsqu’un courant d’air la frôla, faisant se hérisser ses poils et provoquant une chair de poule tout le long de son corps. Il faisait très froid. C’est là qu’elle remarqua que ses jambes et ses bras étaient nus. Elle ne portait qu’un vieux t-shirt en très mauvais état – du peu qu’elle pouvait voir – qui s’arrêtait en haut de ses cuisses et de ses bras.


En levant les yeux, elle vit qu’effectivement, une petite fenêtre à barreaux laissait entrer le vent froid d’hiver: voilà pourquoi elle était pratiquement congelée. Elle se roula immédiatement en boule, bien que difficilement à cause de ses douleurs multiples, espérant ainsi se réchauffer un minimum.


L’angoisse et la peur la prirent soudainement. Ses yeux s’humidifièrent. Elle n’avait aucune idée d’où elle se trouvait, de l’heure qu’il était ni du jour de la semaine. La dernière chose dont elle se souvenait, c’était d’avoir reçu un sort en pleine poitrine, sans avoir eu la chance d'apercevoir le visage de son agresseur. Et elle était seule. Terriblement seule.


Pourtant, elle n’avait aucunement la force de parler, de crier à l’aide ou d’appeler qui que ce soit. Elle se sentait terriblement mal. La faim lui tiraillait le ventre, l’assommant à moitié. Le froid avait envahi chacun de ses membres et la pierre froide du sol n’aidait en rien. Ses douleurs aux côtes, à la jambe et à la tête, lui donnaient le tournis, et elle commençait à ne plus sentir ses pieds à cause de la température.


Elle osa lever une main pour frôler son front douloureux et sentit immédiatement qu’il était couvert d’une substance inhabituelle,plus chaude que sa peau. Du sang. Elle n’avait pas besoin de ses yeux ni de lumière pour comprendre que ses doigts étaient devenus rouges. Elle sentait d’ici l’odeur métallique qu’ils dégageaient et cela ne fit que la conforter dans son angoisse et son mal-être.


Elle entoura à nouveau ses genoux de ses bras, claquant des dents et tremblant de tout son corps. Elle était complètement perdue. Ses paupières se fermaient toutes seules et elle ne put lutter bien longtemps avant de sombrer à nouveau.


Le noir se fit.

oOo

Ce fut un jet d’eau affreusement glacé qui la sortit brusquement du sommeil. Elle ouvrit les yeux en sursaut et fut immédiatement agressée par la lumière qui émanait d’une porte qu’elle n’avait pas pu déceler précédemment dans l’obscurité de la pièce.


Cependant, la lumière fut vite masquée par le corps imposant d’un homme qui lui faisait face, baguette pointée sur elle, un sourire effrayant aux lèvres.

– Debout, Sang-de-Bourbe ! lui ordonna-t-il d’une voix sèche et rocailleuse.

Elle n’arrivait pas à distinguer son visage, ni à réellement émerger de son sommeil – ou plutôt de son inertie – tant les douleurs de son corps s'amplifiaient de secondes en seconde. C’était déjà invivable, et pourtant, cela empirait. Le froid l’empêchait de faire le moindre mouvement et l’eau qui gouttait de son corps congelé n’arrangeait rien. Elle était totalement confuse.

– Qu’est-ce que tu n’as pas compris, salope ? cria l’homme en la forçant à se lever, d’un mouvement de baguette. Je t’ai dit de te lever ! continua-t-il avec un rire terrifiant.

Néanmoins, le sort ne dura pas longtemps. Il l’avait levée si brutalement que ses jambes ne purent pas la soutenir, en plus du fait que sa tension avait chuté d’un coup. Ainsi, elle s’échoua contre le mur, se retenant du mieux qu’elle put, alors que sa tête tournait et qu’elle était prise de vertiges. Tous ses membres étaient engourdis et glacés, et il lui semblait que des tambours jouaient un morceau incessant contre ses tympans. Ainsi elle n’entendit pas le sort que lança l’homme et elle sentit simplement sa conscience lui échapper, devenant spectatrice de ses mouvements.


Elle comprit facilement qu’elle avait été la cible d’un impardonnable. L’Imperium. Elle n’avait aucune idée de la façon dont son corps faisait pour se mouvoir, mais elle suivait les ordres donnés par l’homme, se perdant dans son esprit. Elle était bien trop faible pour lutter, elle était devenue un simple pantin.


Lorsqu’elle refit surface, elle était agenouillée, tête baissée, sur ce qu’elle supposa être un tapis persan, probablement d’une valeur inestimable. La température était totalement différente de celle de la pièce dans laquelle elle s’était trouvée et la luminosité lui permettait de voir qu’effectivement, elle ne portait rien de plus qu’un long t-shirt en mauvais état et sale. Elle vit aussi à quel point ses mains étaient rouges, presque violettes, et que son corps tremblait. Aucun doute qu’elle était en hypothermie. Elle ne sentait même plus le bout de ses doigts et de ses pieds.


Ce fut une voix glaciale et la pointe d’une baguette qui se plantait dans son cou, faisant brusquement sursauter Hermione, qui la firent relever la tête aussitôt. Elle regretta immédiatement son geste, qui lui envoya une douleur lancinante dans le crâne, surpassant les autres maux qui l’habitaient depuis elle ne savait combien de temps.

– Hermione Granger, quelle surprise, fit la voix grinçante et criarde d’une femme qu’elle reconnut immédiatement.

Astoria Greengrass.


Elle se souvenait d’elle. Il s’agissait d’une élève de Serpentard, la sœur de l’une de ses camarades de Poudlard, Daphnée Greengrass. Elle ne la connaissait évidemment que de nom et ne l’avait pas vue depuis presque quatre ans, mais elle l’aurait reconnue entre mille.


En effet, la réputation de la blonde n’était pas à refaire et son nom avait été dans les bouches de beaucoup d’élèves à l’époque de Poudlard. Des rumeurs à son sujet avaient beaucoup tourné, concernant ses histoires de cœur idiotes ou bien ses duels avec des filles de sixième année. Autant dire qu’Hermione en avait eu plus qu’assez de devoir gérer cela lorsqu’elle était préfète. Elle l’avait arrêtée plusieurs fois en pleine nuit, alors qu’elle tentait d’entrer en douce dans les salles communes d’autres maisons.


Elle tenta de parler pour lui répondre, mais sa gorge se noua et elle ne réussit qu’à tousser fortement, l’empêchant de prononcer la moindre parole. Sa bouche était pâteuse et sèche. Ce fut le rire moqueur d’Astoria qui lui répondit.

– Aurais-tu perdu tes talents oratoires, Sang-de-Bourbe ? reprit-elle d’un ton narquois.

Elle était installée dans un fauteuil, juste au-dessus d’Hermione, telle une reine face à l’un de ses sujets. Sauf qu’Hermione n’était pas l’un d’eux, elle était très clairement sa prisonnière, son esclave, et elle le comprit rapidement.


Elle sentait que ses poignets étaient magiquement liés dans son dos et la baguette pointée dans son cou était tenue par l’homme venu la chercher dans sa cellule. Car oui, désormais, elle savait qu’il s’agissait d’une cellule. Cela ne pouvait en être autrement. Aucune issue n’était possible.

– Où suis-je ? réussit-elle seulement à prononcer, entre ses dents serrées par la douleur et la colère, d’une voix affreusement rauque et cassée.


– Chez moi, répondit simplement Astoria, sans donner plus de détails. Vois-tu, tu te trouves en ce moment même dans l’un des manoirs les plus protégés du Royaume-Uni. Là où tes petits amis résistants ne pourront pas venir te chercher. Là où nous nous ferons un plaisir de faire de toi la plus misérable des créatures de ton… espèce, continua-t-elle en appuyant sur le dernier mot avec dégoût.

L’homme qui la tenait en joue ricana et l’ancienne Gryffondor vit Astoria le fusiller du regard. Il se tut immédiatement, refroidissant considérablement Hermione. Visiblement, Greengrass avait le pouvoir ici et c'était un très mauvais signe.

– On m’a dit que tu avais déjà visité ta nouvelle chambre, ces derniers jours. Parfait, il est important que tu prennes tes marques ici, après tout, tu vas devoir t’occuper de cet endroit comme s’il s’agissait de ta propre maison. J’espère que tes moldus de parents t’ont appris à ranger ta chambre, Granger, la provoqua-t-elle avec un sourire malin. Ou alors sont-ils morts avant de pouvoir le faire ?

Ses paroles agirent comme un électrochoc et Hermione sentit ses forces lui revenir, l'espace d’un instant. Elle tenta de se débattre dans ses liens pour avancer jusqu’à sa ravisseuse. Seul le rire froid et moqueur d’Astoria lui répondit, tandis que la baguette de l’homme à sa droite se plantait plus dangereusement contre sa gorge.


Elle ne supportait pas. C’était trop. Elle allait imploser. Ou exploser. Elle n’arrivait pas à savoir, mais elle sentait ses forces la quitter peu à peu.


Ses parents avaient été tués deux ans plus tôt, malgré la modification de leurs mémoires, et cette triste nouvelle avait fait le tour du pays, après que Voldemort ait annoncé publiquement que leurs têtes avaient aimablement été déposées sur le palier de leur maison. Hermione n’avait jamais osé retourner dans la maison de son enfance.

– Tu m’offres un bon divertissement, Sang-de-Bourbe, ricana Astoria alors qu’Hermione tentait de se lever et retombait faiblement au sol. J’ai toujours pensé que les Gryffondor et leur courage étaient particulièrement idiots. Qu’espérais-tu ? Me sauter à la gorge, alors que j’ai le pouvoir de te tuer sur place ? Comme c’est amusant…

Elle sortit ensuite sa baguette et Hermione ne comprit que trop tard ce qui allait se passer.

– Endoloris !

Le noir se fit.

oOo

La seule chose qu’elle avait réussi à comprendre de sa discussion avec Astoria, c’était qu’elle se trouvait dans cette cellule depuis plusieurs jours déjà. Elle ne savait pas combien, mais probablement moins de trois, sinon elle se doutait bien qu’elle n’aurait que difficilement survécu sans boire et dans un tel froid. Sûrement deux jours. Pas plus.


Elle s’était réveillée dans un noir presque complet, ce qui signifiait qu’il faisait encore nuit. Seule la Lune éclairait la cellule, lui permettant de distinguer un petit bol d’eau et un morceau de pain, posés au sol. Elle s’était évidemment jetée dessus, avait dévoré le pain trop dur et avalé les quelques centimètres d’eau qui lui semblèrent être une oasis au milieu du désert, tant elle était déshydratée.


Elle avait tenté de réfléchir à la situation, mais ses douleurs dans tout son corps l'avaient empêchée de penser clairement. Le Doloris lancé par Astoria avait eu raison d’elle et le peu de forces qu’elle avait conservées s’étaient éteintes, la ramenant à l’état d’un véritable mollusque incapable de bouger.


La seule chose qu’elle avait pu retenir et analyser était le fait qu’Astoria avait mentionné son utilité ici. Hermione avait vite compris qu’elle aurait un rôle dégradant, qui se rapprocherait probablement de celui des elfes de maison, celui d’une esclave.


Après tout, Astoria avait mentionné le fait de nettoyer et bien que la jeune femme soit épuisée et faible, son célèbre cerveau fonctionnait toujours assez pour comprendre et faire des déductions. Elle allait servir cette femme, qu’elle haïssait déjà du plus profond de son cœur. Elle allait devoir se résoudre à cela. La réalité des choses la frappa. Le constat était simple à faire : elle ne tiendrait pas longtemps. Elle allait finir par mourir de froid, de soif ou de faim, c’était certain.


Elle ne tarda d’ailleurs pas à sombrer à nouveau. L’inconscience l’appelait.


Le noir se fit.

oOo

Ce n’est qu’après ce qui lui sembla être une éternité, que la porte de sa cellule se rouvrit. Cependant, Hermione fut surprise d'y apercevoir un elfe de maison et non pas l’homme qui lui avait apporté deux fois un bol d’eau et du pain depuis son retour dans la cellule. Juste assez pour survivre, elle en était consciente. Ils cherchaient visiblement à l’affaiblir, sans la tuer pour autant.


La petite créature entra dans la pièce, en même temps que la lumière qui illuminait petit à petit l’endroit. L’elfe chercha Hermione des yeux avant de s’avancer de quelques pas supplémentaires pour lui faire face. La jeune femme était à moitié assise contre l’un des murs, recroquevillée sur elle-même, tentant toujours vainement de se réchauffer. Elle sentait de moins en moins ses membres et commençait à avoir réellement peur pour sa vie.

– Miss ? Maîtresse Astoria m’a demandé d’aller vous chercher pour que vous commenciez votre travail au manoir, fit l’elfe de sa voix sifflante et suraiguë.

Hermione fronça immédiatement les sourcils et se prépara à répliquer et refuser, mais la créature l’en empêcha en lui coupant la parole.

– Vous n’avez pas le choix, Miss. Vous risquez de souffrir encore davantage en refusant. Ma Maîtresse a tué bien des filles comme vous avant que vous n’arriviez, parce qu’elles ne voulaient pas se plier à ses règles.

Dire qu’Hermione était choquée était un euphémisme. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Elle avait passé un très long moment à se répéter que tout cela n’était qu’un horrible cauchemar, qu’elle se réveillerait bientôt dans sa tente, au chaud et bien nourrie. Mais visiblement, elle se trompait.


Tout était tellement surréaliste, tellement rapide, mais elle n’avait désormais plus aucun doute sur le fait qu’elle était bien éveillée. Et ce fut lorsque l’elfe commença à s’approcher d’un mur pour se punir en se cognant la tête qu'Hermione décida d’agir.

– Arrête ! Je vais te suivre ! promit-elle en lui attrapant la main pour que l’elfe cesse de se punir.

Une douleur lancinante la prit dans tout le corps, mais elle préféra l’ignorer et se concentrer sur la créature qui lui faisait face. Son corps n’était plus habitué à bouger et ses membres étaient si engourdis qu’il s’agissait d’un effort surhumain. De plus, sa jambe – probablement cassée – l’empêchait de faire de grands mouvements, sans qu’une douleur invivable survienne.

– Bina n’aurait pas dû parler de sa Maîtresse de cette façon ! répétait-elle, ce qui permit à Hermione d’en apprendre plus sur elle.


– Bina, je t’assure que je te suivrai, mais s’il te plaît, arrête de te faire du mal, la supplia Hermione en tentant de l’éloigner du mur.

Il lui fallut attendre quelques minutes de plus avant que l’elfe accepte enfin de s’éloigner et d’arrêter ses mouvements répétitifs. Les dents d’Hermione claquaient et ses doigts tremblaient, mais elle tint bon pour essayer d’obtenir quelque chose de l’elfe. Une parole, à manger, de la compagnie, des informations, quoi que ce soit. Elle n’avait plus que cet espoir.


Le peu de forces qu’il restait à la jeune femme lui avait permis de réfléchir à une solution, durant les heures enfermées dans cette cellule glaciale. Elle avait établi facilement et rapidement qu’il lui serait impossible de s’échapper. Elle sentait parfaitement les ondes magiques qui entouraient la pièce, en plus de sa faiblesse et de l’absence de baguette.


Personne n’aurait pu venir la chercher, elle n’avait plus aucun espoir à ce niveau-là.


Quatre ans que la guerre avait éclatée, quatre ans qu’elle était en fuite dans le pays, à la recherche de ce qui détruirait Voldemort. Quatre ans qu’elle échappait aux forces noires. Quatre ans qu’elle tentait d’éviter les hommes et les femmes qui la poursuivaient.


Voldemort avait pris du pouvoir, s’étant emparé de la capitale et de certaines villes britanniques, tandis que l’Ordre du Phénix résistait du mieux qu’il le pouvait. Du moins, ce qu’il en restait.


Beaucoup étaient morts, des deux côtés, mais peu savaient qui étaient les survivants. Les journaux étaient pour la plupart contrôlés par les Mangemorts et les seuls qui ne l’étaient pas n’avaient pas la possibilité de publier assez souvent pour répertorier tous les décès.
Tout était flou, personne ne savait ce qu’il en était. La bataille de Poudlard avait eu lieu trois ans plus tôt, mais la seule issue avait été la fuite de l’Ordre, après que Voldemort ait pris le contrôle sur l’école.


Harry n’avait pas été retrouvé depuis. Il s’était introduit dans la Forêt Interdite, comme demandé, mais n’en était jamais ressorti. Personne ne savait ce qu’il lui était arrivé. La nouvelle avait affaibli les troupes à un point inimaginable et seul le repli avait été possible.


Beaucoup s’étaient perdus de vue. Ainsi Hermione s’était-elle retrouvée seule. Terriblement seule. Elle avait désespérément cherché à retrouver ses amis, sachant qu’ils étaient toutes et tous partis avec le même objectif : détruire Voldemort. Mais chaque endroit qui les avait un jour liés avait été détruit ou se retrouvait aux mains du Seigneur des Ténèbres. Le Terrier, Poudlard, le Ministère de la Magie, la Chaumière aux Coquillages… Tout.


Il lui était arrivé de tomber sur des connaissances dans les rues de villes détruites ou apocalyptiques, mais elle n’était jamais restée longtemps à leurs côtés. Elle ne faisait confiance à personne, après avoir compris en lisant les journaux que certains membres de l’Ordre avaient rejoint les rangs de Voldemort. “Pour survivre”.


Elle était en fuite depuis trois ans, arpentant les plaines et les villes de Grande-Bretagne, la plupart du temps déguisée ou transformée par des sorts ou des potions. Tout était détruit, partout où elle allait. L’Ordre n’existait presque plus désormais. Le peu de résistants restants était en fuite. Le reste des sorciers n’étaient que des survivants, des hommes et des femmes qui faisaient tout pour sauver leurs petites fesses, sans jamais se battre pour autre chose qu'eux-mêmes.


Elle avait croisé Lavande Brown deux semaines plus tôt et après un duel qui avait duré près de vingt minutes, la jeune femme avait compris que son ancienne camarade était tombée dans la folie et la paranoïa. Hermione avait donc fini par disparaître en transplanant, particulièrement perturbée par l’état mental de Lavande.


Ce n’était pas la première fois qu’elle faisait face à des sorciers et sorcières qu’elle avait connus dans le passé, mais qui étaient complètement détruits par la guerre, les tortures et les corruptions. Des clans s’étaient créé à droite, à gauche, des groupes de bandits pillant les maisons et les sans-abris, pour survivre. Les sorciers se battaient pour leur pomme, pour leur survie, mais jamais pour le bien commun. La situation était apocalyptique.


Les grandes voix de l’Ordre du Phénix avaient disparu, nul ne savait où elles se trouvaient. On entendait parfois parler de certains membres dans les journaux, pour annoncer leur capture, ou simplement pour faire passer des avis de recherche. Hermione avait vu son nom écrit sur des affiches des centaines de fois. Elle faisait partie des plus recherchés.


Penser à cela alluma une lumière dans son esprit. Elle comprenait enfin, elle faisait les liens, elle se souvenait.


L’année précédente, un soir d’été, alors qu’elle déambulait anonymement dans une rue moldue de Birmingham, elle était tombée sur un journal sorcier, qui dépassait d’une poubelle. Visiblement, quelqu’un était passé par là avant elle.


Il était difficile de trouver des exemplaires de la Gazette du Sorcier à cette époque, à cause de la guerre, mais aussi du contrôle qu’exerçaient les Mangemorts dessus. Elle avait alors découvert en une du journal, une nouvelle loi passée par Voldemort lui-même : à partir du quinze juillet, tous les Sang-de-Bourbe et Cracmols, seraient assignés dans des résidences de Sang-Pur pour servir les familles de Mangemorts les plus hautes placées.


Dire que la nouvelle l’avait choquée était un euphémisme. Elle n’en était pas revenue. Comment le monde des sorciers avait-il pu tomber aussi bas ? L’article parlait très clairement d’esclavagisme, de maltraitance, de discriminations abominables. Tous les Nés-Moldus et Cracmols seraient capturés et Hermione savait qu’il serait encore plus risqué pour elle de se faire prendre désormais.


Voilà donc où elle se trouvait. Elle avait compris. Probablement capturée par un Rafleur, l’un des larbins des Mangemorts ou bien un traître venu récupérer de l’argent auprès des Mangemorts. Elle avait ensuite été amenée dans l’un des manoirs de Sang-Pur, visiblement celui d’Astoria Greengrass, sûrement mariée à l’un des célèbres Mangemorts, si elle n’en était pas une elle-même.


Ce furent les petits pas de l’elfe qui sortirent Hermione de ses pensées. La fatigue n’aidait clairement pas à sa concentration elle avait tendance à divaguer, mais elle releva la tête vers Bina et la vit sortir de la cellule. Hermione se leva complètement, bien que difficilement et dut se tenir aux murs pour suivre l’elfe du mieux qu’elle le pouvait.


La lumière du couloir éblouit la jeune femme, qui ne s’attendait pas à ce qu’il soit aussi illuminé, par contraste avec sa cellule. D’après les mouvements du soleil qu’elle avait vus à travers les barreaux de la pièce, cela faisait deux jours qu’elle avait vu Astoria. Deux jours supplémentaires, ce qui l’amenait probablement au seize décembre 2001. Elle n’était sûre de rien.


Bina la mena jusqu’à ce qu’elle supposait être la cuisine de la résidence – ou plutôt du manoir, d’après ce qu’elle avait pu voir – la faisant traverser plusieurs couloirs et grimper un escalier qui ne l’épuisa que davantage, en plus du fait que sa jambe l’empêche d’avancer correctement. Hermione entra dans la pièce, grelottant toujours, le teint pâle et en se tenant aux plans de travail.


Elle vit alors la petite elfe de maison s’affairer à préparer ce qu’elle supposa être les plats d’un dîner pour plusieurs personnes. Elle se remettait doucement de tous ces efforts. Bina s’activait pour donner une allure parfaite aux deux plats de porcelaine, qui contenait ce qui semblait être un plat particulièrement alléchant.


Son ventre lui rappela alors qu’elle ne s’était nourrie que de vieux pain rassis et cria famine comme jamais il ne l’avait fait. Elle décida donc de tenter le tout pour le tout.

– Bina ? Pourrais-je avoir un verre d’eau ou de quoi manger, s’il te plaît ? lui dit-elle d’une voix suppliante et faible, se tenant encore à l’un des plans de travail.

Sa tête tournait et sa jambe lui faisait terriblement mal.


La petite créature sursauta en entendant soudainement la voix d’Hermione et se tourna vers elle, un air désolé dans le regard.

– Bina regrette, Miss, mais Maîtresse Astoria lui a interdit de vous donner quoi que ce soit, répondit-elle d’un ton navré.

Hermione s’y était attendue et, même si elle eut envie de pousser l’elfe à l'aider en cachette, elle se résigna à ne pas le faire, imaginant à quel point Astoria pourrait être cruelle. Elle avait bien vu dans le regard de l’elfe que celle-ci aurait voulu l’aider, mais visiblement, les menaces qu’Astoria lui avait probablement faites la retenaient de transgresser les ordres.


Elle hocha donc simplement la tête en tentant de reposer le plus possible ses membres, avant de devoir exécuter la tâche demandée par Greengrass. Bina termina rapidement de préparer les deux plats et fit soudainement léviter l’un d’eux jusqu’à Hermione.

– Vous devez apporter ça aux Maîtres, lui expliqua-t-elle de sa voix couinante, alors que la sorcière réceptionnait le plat entre ses deux mains tremblantes. Je vais vous montrer le chemin.

Elle passa ensuite devant Hermione, qui peinait déjà à tenir le plat de ses mains frêles et engourdies. La seule chose plaisante était la chaleur qui s’en dégageait et qui la réchauffait quelque peu. Elle commençait à avoir peur de le lâcher. Elle n’imaginait pas les conséquences.


Elle suivit difficilement la petite créature jusqu’à une grande double porte en bois sombre, que Bina ouvrit dans la seconde.

– D’abord, ce plat, Miss. Puis vous viendrez chercher le second. Et surtout, gardez la tête basse, Maîtresse Astoria pourrait prendre ça pour de la provocation, lui conseilla-t-elle simplement avant de la pousser vers l’intérieur par la main.

Hermione n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu’elle entrait dans la gigantesque pièce. Il s’agissait très clairement d’une salle à manger, au centre de laquelle trônait une longue table. D’un rapide coup d'œil, elle détermina que quatre personnes y étaient assises.
Une femme, Astoria Greengrass, et trois hommes, dont un qu’elle ne pouvait pas voir puisqu’il lui tournait le dos. Elle ne put détailler longtemps les autres, baissant rapidement la tête.


La température était bien plus élevée que dans sa cellule, mais cela ne suffit pas à réchauffer Hermione, qui, vêtue uniquement d’un long t-shirt, était en grande hypothermie. Elle boitait toujours, le sol en parquet toutefois agréable pour ses pieds nus, mais elle eut à peine le temps d’y songer et de faire un constat de l’endroit où elle se trouvait, que la voix criarde d’Astoria prenait la parole.

– Tenez, regardez qui voilà ! La nouvelle Sang-de-Bourbe dont je vous ai parlé rapidement tout à l’heure. Je suis sûre qu’elle sera à votre goût, Père, fit-elle d’un ton qui donna envie de vomir à Hermione alors même qu’elle n’avait rien dans le ventre.

Elle sentit le regard de l’homme se poser sur elle, alors que deux rires gras venaient accompagner celui d’Astoria. Elle frissonna.

– J’espère qu’elle te plaira cette fois, mon chéri, ajouta-t-elle d’une voix doucereuse.

Hermione la vit bouger du coin de l'œil et supposa qu’Astoria avait posé sa main sur celle de son mari, l’homme de dos. Celui-ci ne répondit nullement à la blonde, qui tourna donc la tête vers Hermione à nouveau. Sa voix fut bien différente de celle qu’elle avait utilisée pour s’adresser à ses pairs.

– Sers-nous, Sang-de-Bourbe, ordonna-t-elle d’une voix extrêmement froide.

Hermione sentit une force magique la pousser fortement dans le dos, l’obligeant à avancer vers la table, le plat toujours en mains. Elle supposa qu’Astoria s’était servie de sa baguette, puisqu’elle l’avait à nouveau vue faire un mouvement.


Ainsi, tête basse, comme le lui avait conseillé Bina, Hermione s’avança vers eux, du pas le plus naturel qu’elle réussit à avoir. Elle ne voulait pas paraître faible face à eux. Habituellement, elle aurait probablement refusé de s’exécuter avec hargne, mais elle avait vite compris que cela ne serait pas si simple et qu’elle ne parviendrait à rien en agissant ainsi. Il lui faudrait la jouer maligne. Elle ne s’en sortirait pas autrement, du moins si elle s’en sortait un jour.


Les mains tremblant sans discontinuer, elle posa le plat à côté du premier homme de la table et commença à le servir alors que les autres reprenaient déjà la discussion.

– Le Seigneur des Ténèbres nous convie tous, le week-end prochain à une réception exceptionnelle, annonça l’homme qui, d’après les déductions d’Hermione, devait être le le père d’Astoria.


– J’espère que vous serez là cette fois, fit l’homme qu’Hermione était en train de servir. Astoria ne devrait pas subir une autre humiliation à cause de l’absence de son fiancé.

Fiancé ? Ainsi donc, le troisième homme, dont Hermione n’avait ce serait-ce qu’entraperçu les traits, était le fiancé d’Astoria. Ne restait plus qu’à déterminer l’identité de celui qu’elle servait.


Du peu qu’elle pouvait voir, ses mains étaient assez ridées, il portait un costume noir et une chemise blanche, ses ongles étaient plutôt sales et sa voix semblait assez mature. Néanmoins, cette dernière ne lui disait rien et bien qu’elle ait une bonne mémoire pour ce genre de chose, elle ne put s’aider de cela pour déterminer son identité. De toute manière, elle se doutait que les deux autres hommes n’étaient que des invités d’Astoria et son fiancé.


Ce dernier n’avait d’ailleurs pas ouvert la bouche et seule Astoria l’avait fait, répondant à l’Inconnu pour le défendre. Pourtant, elle paraissait se plier à l’autorité de cet homme d’une certaine façon. Elle était particulièrement respectueuse, bien qu’elle tentait de trouver des excuses à son fiancé.


Cependant, Hermione n’eut pas le temps d’analyser tout cela plus longtemps, puisque l’insupportable voix d’Astoria s’adressa à elle à nouveau.

– Active-toi, Sang-de-Bourbe ! ordonna-t-elle en donnant un autre mouvement de baguette pour faire bouger Hermione de là où elle était.

La sorcière fut à deux doigts de renverser le contenu du plat, mais le retint de justesse et se tourna, tête baissée et mâchoire serrée, vers l’assiette du fiancé d’Astoria. Elle put ainsi examiner ses mains à son tour. Elles étaient bien plus jeunes, d’une peau pâle, des ongles parfaitement manucurés, les doigts longs. Néanmoins, ce fut une chose bien particulière qui retint l’attention de la jeune femme.


À sa main droite, le jeune – elle avait statué qu’il l’était – homme portait une bague. Pas n’importe laquelle et cela figea complètement Hermione sur place. Il s’agissait d’une chevalière qui portait les armoiries de sa famille. La famille Malefoy.


Elle releva si vite la tête vers lui que sa nuque craqua sous le coup. Elle croisa aussitôt le regard de Drago Malefoy et eut à peine le temps d’y voir un éclat de surprise, avant qu’il ne le dissimule derrière ce qu’elle comprit être de l’Occlumancie. Elle le vit alors arborer un air indifférent, froid et particulièrement détestable.


Elle n’en revenait pas. Le fiancé d’Astoria était en réalité Drago Malefoy. Un poids tomba dans son estomac bien trop vite et ses mains ne firent que trembler davantage. Son pire cauchemar se réalisait. C’était surréaliste, elle n’arrivait pas à remettre ses idées au clair. Ses yeux ne quittaient pas le visage de Drago, qui avait déjà tourné la tête vers Astoria, prononçant quelques paroles, qu’elle ne réussit même pas à entendre, tant elle était confuse.


Elle voyait ses lèvres s’agiter avec indifférence, son regard se faire froid et sa mâchoire se crisper après avoir prononcé ces quelques mots. Mais elle ne pouvait pas bouger. Elle avait posé le plat sur la table, mais ses mains tremblaient, ses yeux ne parvenaient pas à quitter le visage du blond et le temps lui sembla durer une éternité.

– Par Merlin que tu es inutile, Sang-de-Bourbe, cracha soudainement Astoria. Il faudra t’apprendre les bonnes manières, visiblement tes moldus de parents ne l’ont visiblement pas fait. Endoloris !

Hermione lâcha le plat et s’écroula au sol, trop faible pour tenir face à un tel sort.


Le noir se fit.

oOo

Hermione eut à peine le temps d’ouvrir les yeux qu’une main l’attrapa violemment par le bras. Sa tête cogna contre le sol – lui ouvrant le haut du front – et sa vision devint trouble. Elle ne comprit pas vraiment ce qui lui arrivait, mais lorsqu’elle reprit petit à petit conscience, elle comprit qu’elle avait été ballottée dans tous les sens, puis à nouveau jetée au sol. Ainsi réalisa-t-elle qu’elle avait été transportée ailleurs, du moins balancée autre part. Tout cela en seulement quelques minutes.


Elle ne parvenait pas à ouvrir les yeux ni à réellement distinguer les voix qui l’entouraient, sa blessure à la tête l’empêchant de totalement reprendre conscience. Néanmoins, elle discerna qu’elle n’était pas dans sa cellule : la température était trop agréable pour que ce soit le cas. Si elle n’avait pas eu conscience d’avoir été déplacée, elle aurait pu croire qu’elle se trouvait toujours dans la salle à manger. Et elle n’était pas seule.


Hermione ne savait pas combien de temps s’était écoulé depuis le Doloris d’Astoria, mais elle était certaine que le dîner était désormais terminé. Et elle ignorait si cela était bon signe.


Petit à petit, les voix qui l’entouraient se firent plus distinctes et elle entendit même la porte de la pièce se fermer, avant qu’une voix plus que reconnaissable ne prenne la parole.

– Astoria est montée se coucher, fit froidement Drago.

Ainsi, elle avait raison : le repas était terminé depuis un bon moment.


Elle entendit ensuite des pas avancer dans sa direction, alors qu’elle était toujours allongée au sol. Elle sentit qu’il s’approchait et bientôt sa voix se fit entendre à nouveau, à moins d’un mètre d’elle. Elle frissonna. Elle n’en revenait pas qu’il soit là, si près.

– Que comptez-vous faire ? demanda-t-il aux deux autres hommes qui étaient dans la pièce.

Elle avait réussi à identifier leur présence grâce à d’autres bruits de pas, sans ouvrir les yeux pour autant. Sa tête lui faisait un mal de chien. Elle était dans un piteux état et luttait pour ne pas retomber dans l’inconscience.

– À ton avis, Malefoy ? fit la voix de celui qu’elle reconnut comme étant le père d’Astoria. Regarde-moi cette tenue et ces jambes, comment résister ? continua-t-il avec un rire gras, qui donna des frissons d’horreurs à Hermione.

Elle entendit une boucle de ceinture se défaire et les larmes lui montèrent aux yeux.


Non, ce n’était pas possible. Elle ne pouvait pas y croire. Tout cela n’était qu’un cauchemar, une telle chose ne pouvait pas arriver. Pas avec lui ici. Ce n’était pas possible.


Elle entendit d’autres pas s’approcher d’elle et bientôt, elle sentit le souffle puant d’un homme se répercuter près de son visage. Une main boudinée s’approcha de sa joue, la caresse lui donnant sérieusement envie de vomir.

– Qui n'aurait pas envie de sauter une aussi belle poupée que toi ? Même ton sang impur n’a pas réussi à entacher ta peau et ton corps, Sang-de-Bourbe, chuchota-t-il près de l’oreille, alors qu’Hermione faisait tout pour paraître inconsciente.

Elle se disait que de cette façon, ce serait probablement plus facile à supporter.


Elle sentit la main de l’homme glisser le long de son bras nu et elle se crispa entièrement, alors qu’un second rire venait se joindre à celui du père d’Astoria. L’inconnu.


Il s’approcha lui aussi d’elle, venant s’accroupir près de ses jambes, et contrairement à l’autre, il fut loin d’être doux. Il posa sa grande main sur sa cuisse nue, tenant le peu de chair qu’Hermione avait pour l’allonger sur le dos. C’en fut trop.


Elle tenta de s’extraire de sa prise, alors qu’il essayait d’écarter ses jambes – dont celle qui lui était terriblement douloureuse – et de soulever son t-shirt. Cependant, il la maintint fermement contre le parquet de la pièce. Le peu de forces qu’elle avait l’empêchait de lutter efficacement.


Elle continua cependant de se débattre, les larmes dévalant ses joues alors qu’elle gémissait faiblement, désespérant qu’ils arrêtent de la toucher. Elle sentait leurs mains sur sa peau, attrapant sa chair pour la malaxer et la caresser sans aucune tendresse. Elle voulait vomir, crier, disparaître. Elle n’avait qu’à peine la force de bouger pour leur échapper, mais elle tentait toujours de se débattre. Elle continuait de remuer, espérant malgré tout s’éloigner ne serait-ce qu’un peu d’eux.


Elle sentit une main se poser sur son ventre alors que leurs rires gras continuaient de se mêler à ses pleurs. Une deuxième ceinture se défit. C’en était trop. Elle leur criait d’arrêter, mais l’un d’eux posa son énorme main sur sa bouche pour la faire taire. Elle tenta de le mordre, mais elle fut trop faible et tremblante pour y parvenir.


Elle n’arrivait pas à croire que Malefoy ne fasse rien. Allait-il réellement regarder la scène, sans bouger, sans partir ou sans rien faire ? Pas qu’elle souhaite qu’il participe à l’horreur qu’elle était en train de vivre, mais au moins qu’il ne reste pas là, tel un spectateur impuissant.


Les rires des deux hommes continuaient de se superposer aux gémissements et aux pleurs d’Hermione, quand finalement, une voix se fit entendre.

– Assez ! tonna Drago qui surplombait les trois autres sorciers.

L’inconnu, qui avait placé l’une de ses mains entre les cuisses d’Hermione, la lâcha immédiatement, tout comme le père d’Astoria dont la main était posée sur un de ses seins.


Alors que ce dernier allait prendre la parole, Drago continua.

– Laissez-la moi. C’est à mon tour de profiter pour une fois, ordonna-t-il en défaisant à son tour la boucle de sa ceinture.


– Tu ne fais jamais ça, habituellement, répondit l’inconnu, d’un ton suspicieux.


– Je fréquente cette Sang-de-Bourbe depuis des années, j’ai toujours eu envie de la sauter, en plus de la vouloir sous mon joug, continua-t-il, narquois. Imaginez donc un instant la satisfaction de me retrouver enfin seul avec elle, toute à moi !


– Seul ? répéta l’inconnu en se relevant, d’un ton qui mélangeait surprise et… déception.

Pendant qu’ils discutaient, Hermione continuait de pleurer, plus dégoûtée et horrifiée que jamais. Son cœur battait la chamade et sa respiration était erratique. Il lui semblait que sa peau la brûlait.

– Je sais à quel point vous aimez faire ça en public et partager, très cher, mais contrairement à vous, je déteste cela, reprit froidement Drago.


– Je peux comprendre cela, Malefoy, fit le père d’Astoria, un sourire dans la voix. Bien que je sois assez déçu de laisser une poupée comme ça, je souhaite que tu en profites, mon garçon, poursuivit-il en se levant à son tour. Après tout, il faut bien que tu t’amuses en attendant d’épouser ma fille.

Hermione entendit qu’il lui donnait une petite tape, probablement sur l’épaule, avant de demander à l’inconnu de le suivre. Sa respiration, auparavant accélérée par la proximité des deux sorciers, se calmait doucement. Son cœur battait toujours trop rapidement et des larmes continuaient de couler sur ses joues.


Puis la porte de la pièce claqua à nouveau et le silence retomba. Il ne dura que quelques secondes, quelques secondes qui suffirent à Hermione pour la faire douter. Ce doute qui lui fendait le cœur, alors qu’il battait déjà comme s’il pouvait imploser à tout moment.



Tout changea brutalement. Elle entendit les pas précipités du jeune homme et le bruit qu’il fit en tombant à genoux à ses côtés. Elle entendit aussi le verrou de la porte se mettre en place magiquement et l’incantation d’un sortilège d’isolement sonore. Il prenait ses précautions.


Aussitôt, elle sentit – plus qu’elle entendit – l’effet des formules qu’il prononça à voix basse. Simultanément, elle sentit les sensations revenir doucement dans ses membres engourdis – alors que sa température avait atteint son seuil le plus bas – et ses blessures – de part et d’autre de son corps – comme son mal de crâne, se firent moins douloureuses. Petit à petit, son état s’améliorait.


Il n’avait pas pu rater son teint affreusement pâle, ses mains tremblantes et violacées, le début de sa maigreur et ses cernes affreux. Tout le monde les aurait remarqués. Elle avait considérablement changé, en seulement quelques jours. Alors que dire de quelques années…


Les larmes s’étaient taries, mais certaines étaient encore présentes sur les joues pâles de la jeune femme. Elle n’avait pas ouvert les yeux, trop faible pour ne serait-ce que bouger, sans compter qu’elle était immobilisée par le choc et la peur.


Cependant, elle était toujours bien éveillée et c’est ce qui lui permit de les entendre. Les sanglots étouffés du jeune homme. Elle les entendit, tous. Il pleurait et elle sentit l’un de ses doigts se déposer sur sa joue, qu’il caressa avec une tendresse infinie.

– Je suis désolé, tellement désolé, répétait-il à voix basse, sans arrêter de pleurer. Je les tuerai tous ! Un par un ! Je t’en fais le serment. Je les massacrerai pour ce qu’ils ont osé te faire.

D’autres larmes s’écoulèrent sur les joues d’Hermione, qui avait dû tendre l’oreille pour comprendre les murmures du blond. Elle voulait bouger, se lever, faire quelque chose, dire quelque chose ! Elle voulait qu’il soit près d’elle, elle voulait se blottir dans ses bras ! Mais le choc de tout ce que venaient de lui faire les deux hommes l’en rendait encore incapable et ses membres étaient bien trop épuisés, malgré les sortilèges de Drago.

– Par Salazar, Hermione, où étais-tu passée ? demanda-t-il d’une voix qui se brisa sous le coup de l’émotion.

Et comme s’il répondait à l’envie de la jeune femme, il se pencha enfin vers elle et l’attrapa avec précaution sous les bras pour la serrer contre lui. Il avait enfoui sa tête dans ses cheveux fous et emmêlés, sanglotant sans cesse contre son corps inanimé. Elle avait l'impression d’être spectatrice de la scène, alors qu’elle aurait voulu lui rendre tout ce qu’il disait.

– J’ai cru t’avoir perdue, j’ai cru mourir en apprenant que tu avais disparu de la circulation. Ils répétaient sans cesse qu’ils te traqueraient et te captureraient. Je pensais ne jamais te revoir, je pensais que tu avais péri lors de la Bataille, que jamais je ne te serrerais dans mes bras à nouveau.

Hermione pleurait, elle aussi, se collant à lui du mieux qu’elle le pouvait, se complaisant dans la chaleur qu’il dégageait et dans l’odeur si significative de son eau de Cologne. Cette odeur qu’elle avait cru oublier à jamais.

– Je… Je t’ai cherché, réussit-elle à prononcer, avant de tousser violemment, sa voix était rauque à cause de sa gorge sèche et irritée.


– Ne parle pas, dit-il immédiatement en la serrant encore plus fort. Garde tes forces, tu dois te reposer, Hermione, je t’en supplie, calme-toi. Je suis là maintenant, je suis là, répéta-t-il alors que des larmes dégoulinaient de ses yeux gris.

Les sanglots d’Hermione retentirent avec encore plus de force aux oreilles de Drago. Elle pleurait ces années seules, coupée du monde, coupée de ses proches, de ceux qu’elle aimait. Elle pleurait ces années de naufrage, où elle avait tenté trop souvent de se rattacher à quelque chose pour ne pas sombrer. Elle s’était accrochée au souvenir de son regard sur elle, de ses lèvres, de ses mots, de sa peau. Elle avait tenu pour lui et lui seul. Le revoir, après toutes ces années d’absence et de souffrances, semblait faire imploser son petit cœur, surchargé d’émotions.

– Je suis tellement désolé, continuait de répéter Drago, la portant toujours sur ses genoux, serrant son corps frêle au plus près possible de lui. J’aurais dû te retrouver avant, j’aurais dû éviter tout ça.


– T-tu n’y es pour rien, Drago, murmura-t-elle difficilement, son visage humide de larmes, collé contre le cou du jeune homme.


– Ne parle pas, respire et calme-toi simplement, préféra-t-il répondre en lui caressant le dos.

Il ne voulait surtout pas qu’elle utilise le peu d’énergie qu’il lui restait. Bien qu’il ait pratiqué une dizaine de sorts pour la soigner et revitaliser son corps, elle n’était clairement pas en état de faire quoi que ce soit et il fallait très clairement qu’elle se repose. Ses blessures n’étaient pas toutes guéries et il se doutait qu’elle souffrait encore beaucoup, notamment à cause de sa jambe droite, qui était visiblement fracturée au niveau du mollet.


Il la sentait trembler contre lui, alors que ses larmes se tarissaient doucement, ne restant plus que le silence confortable qui les entourait. La respiration d’Hermione se calmait peu à peu.

– Je t’aime tellement, murmura-t-il à son oreille sans cesser de caresser son dos tendrement.

Elle n’eut pas le temps – ni la force – de répliquer quoi que ce soit, qu’il la reposait délicatement au sol et se levait, essuyant ses larmes au passage. Elle crut que son cœur allait se briser une nouvelle fois de le sentir s’éloigner d’elle, mais elle fut coupée dans ses pensées confuses par Drago.

– Ne bouge pas, je reviens tout de suite, lui demanda-t-il d’une voix chuchotée et douce.

De toute manière, elle n’en avait pas la force, pensa-t-elle.


Mais elle fit comme demandé et se contenta de tendre l’oreille pour essayer de comprendre pourquoi il s’était soudainement éloigné d’elle. Elle aurait voulu lui répondre, pouvoir lui dire à quel point elle l’aimait elle aussi, et surtout lui demander qu’il ne s’éloigne pas d’elle, mais elle comprit rapidement la raison à cela.


Elle l’entendit murmurer d’autres incantations, ressemblant fortement à des sortilèges de métamorphose et comprit qu’il conjurait quelque chose. En effet, quelques minutes plus tard, il s’approcha d’elle à nouveau et l’attrapa sous ses genoux et ses épaules, pour la porter contre lui. Elle gémit de douleur, lorsqu’il frôla ses côtes encore fragiles et sa jambe blessée et il s’excusa immédiatement, promettant qu’il ferait vite.


Elle sentit plus qu’elle ne vit la douceur de draps propres et d’un matelas confortable, sur lesquels il la déposa délicatement. Il posa ensuite l’un de ses doigts sur sa joue, qu’il caressa avec une immense tendresse, alors qu’il s’asseyait au bord du matelas, tout près d’elle.


Elle supposa qu’il avait donc conjuré un lit, dans la pièce qu’elle n’avait toujours pas eu l’occasion de voir. Elle avait une folle envie d’ouvrir les yeux, de revoir son regard gris, de l’observer, de prendre le temps de regarder ce qui avait changé en lui.

– Il faut que tu dormes, l’entendit-elle murmurer sans interrompre ses caresses sur sa joue. Je suis là, je te protégerai tout du long et je te promets que nous aurons tout le temps qu’il faudra pour nous retrouver ensuite, Hermione, mais tu dois te reposer et reprendre des forces. Je dirige tout ici, personne ne remarquera ce qu’il se passe ici, je les en empêcherai. Et je t’expliquerai tout, je te le jure…

Elle voulait savoir, comprendre, des centaines de questions lui venaient à l’esprit, mais elle était certaine qu’elle n’aurait de toute manière pas la force de les poser. Elle lui faisait confiance, elle savait qu’elle le pouvait. Elle attendrait.

– Je t’aime, réussit-elle simplement à murmurer, avant de sombrer dans les limbes du sommeil.

Et le noir se fit.

oOo

Hermione comprit rapidement qu’elle avait beaucoup dormi. Bien plus qu’elle n’avait pu le faire depuis des années. Le soleil venait chatouiller ses paupières et elle sentait que son corps était cette fois engourdi par le sommeil et non par la douleur.


Elle ouvrit doucement les yeux, s’adaptant petit à petit à la lumière du jour. Elle était allongée face à la fenêtre, dans les draps blancs d’un lit deux places. Les rayons du soleil venaient s’échouer jusqu’à son visage, lui faisant plisser les paupières.


Elle se sentait mieux. Elle ignorait combien de temps elle avait dormi, mais cela semblait avoir suffi pour calmer ses maux. Elle avait l’impression d’être dans un rêve. La vue qu’elle avait sur l'extérieur était magnifique, teintée par un soleil d’hiver et quelques flocons qui tombaient à l’extérieur. Elle n’avait aucune idée d’où elle se trouvait, mais elle ne s’était pas sentie aussi bien depuis plusieurs années.


Elle tourna la tête pour observer la pièce autour d’elle et les souvenirs du service à table et de ses conséquences lui revinrent soudainement en tête. Brusquement, elle se souvint de tout. Des hommes qui l’avaient touchée, de la torture qu’elle avait subie, mais aussi de Drago, de ses mains sur elle, de son souffle sur sa joue, de ses paroles et de sa voix. Elle n’était pas dans un rêve. Loin de là. La réalité la frappa et des larmes apparurent au coin de ses yeux.


Elle se trouvait visiblement dans un bureau, d’après les meubles qu’elle pouvait apercevoir autour d’elle, c’était probablement celui de Drago. Mais elle était seule. Seule avec ses souvenirs, seule dans une pièce qu’elle ne connaissait pas, seule et sans défense.


Les images de ce qui s’était passé tournaient sans cesse dans son esprit. Elle avait l’impression de les sentir à nouveau, de sentir leurs mains sur sa peau et leurs rires gras dans ses oreilles. Elle se sentait sale, elle avait envie de désinfecter et nettoyer chaque parcelle de sa peau. Elle se sentait poisseuse, collante, comme si les traces de leurs mains étaient restées marquées sur sa peau.


Sa tête tournait au souvenir de tout cela, elle était complètement perdue. Sa mémoire se troublait et tous ses souvenirs se mélangeaient. Même si elle avait eu les yeux fermés lors de la scène, elle parvenait à se l’imaginer tout aussi clairement. Cependant, le visage de Drago prenait la place de celui des hommes et tout était flou. Leurs voix devenaient celle du blond. Il la hantait. Sa tête tournait et de sérieux vertiges la prenaient, bien qu’elle soit allongée.


Elle tenta de se redresser dans le lit, se tenant sur ses coudes, mais sa tête recommençait à lui faire un mal de chien. Allait-elle réellement faire un malaise, alors qu’elle venait de dormir si longtemps ? Elle luttait contre l’inconscience. Les souvenirs la submergeaient et lui tiraient de nouvelles larmes qui venaient s’échouer sur ses joues. Le choc reprenait place dans tout son corps. Tout lui paraissait si surréaliste. Elle était perdue.



Elle sursauta au son soudain de la porte du bureau. Elle ne savait combien de temps s’était écoulé depuis son réveil, tant elle était confuse, mais elle n’avait pas réussi à bouger davantage. Elle tourna la tête, trop vivement, et croisa le regard de Drago Malefoy, alors qu’elle tombait contre les oreillers à cause de son geste trop brusque.


Elle braqua cependant son regard dans le sien et lut dans ses yeux la surprise de la voir réveillée. Avant qu’elle n’ait pu prononcer la moindre parole, il referma la porte derrière lui et murmura deux incantations pour verrouiller la pièce et l’isoler complètement. Il se précipita ensuite à son chevet et s’installa à ses côtés en posant une main sur sa joue. Ses sourcils étaient froncés d’inquiétude et si Hermione n’avait pas été si confuse, elle se serait empressée de le rassurer.

– Comment te sens-tu ? lui demanda-t-il alors d’une voix douce, mais inquiète.

Elle se racla la gorge avant de parler, bien qu’elle la sente encore aussi sèche. Voyant cela, Drago se leva immédiatement et lui intima de patienter quelques secondes. Il disparut derrière le lit, et donc de son champ de vision, pour revenir avec un grand verre d’eau dans la main.

– Bois ça, lui intima-t-il en le lui tendant. Les sorts que je t’ai lancés avant-hier n’ont pas suffi à te réhydrater entièrement.

Ainsi cela faisait-il deux jours qu’elle se trouvait dans ce lit. Des centaines de nouvelles questions lui vinrent à l’esprit alors qu’elle se redressait – avec son aide – pour boire. L’eau était fraîche sur sa langue et le long de sa gorge, lui procurant un plaisir indéfinissable. Jamais n’aurait-elle pensé qu’un simple verre d’eau puisse lui faire cet effet.

– Comment tu te sens ? lui répéta-t-il ensuite.


– Mieux, répondit-elle d’une voix tout de même faible et brisée.

Il avait reposé sa paume sur sa joue et elle leva sa main pour la poser sur la sienne, braquant son regard dans le sien. Les larmes lui montèrent une nouvelle fois aux yeux. Il lui avait tant manqué, elle n’arrivait toujours pas à réaliser qu’il se tenait si près, qu’il était avec elle. Qu’il était ne serait-ce que vivant.


Elle vit son regard gris se poser sur leurs mains jointes et ses yeux s’écarquiller. Elle fronça les sourcils d'incompréhension. Que se passait-il ? Quelqu’un était entré dans la pièce ? Quelqu’un arrivait ? N’étaient-ils plus en sécurité ? Des dizaines de possibilités s’offrirent à son esprit, créant une véritable boule d’angoisse dans le ventre de la jeune femme.


Cependant, le geste que fit Drago calma instantanément toutes ses angoisses. Il attrapa sa main gauche délicatement, avec une tendresse infinie, et la porta lentement à sa bouche. Ses lèvres se posèrent sur son annulaire, tandis qu’il fermait les yeux, plus précisément sur l’alliance qu’elle portait. Elle vit une larme solitaire s’échapper de l’un de ses yeux et ne put empêcher ses propres larmes de dévaler ses joues, une fois encore.

– Je pensais qu’ils me l’auraient prise, avoua-t-elle en sanglotant doucement.


– Je pensais que tu l’aurais retirée, que tu l’aurais cachée aux yeux de tous, répondit-il simplement en ouvrant les yeux à nouveau, braquant son regard ému dans le sien.


– Jamais. Je ne l’ai jamais retirée, pas une seule fois, pas une seule seconde depuis que tu me l’as passée au doigt.

Hermione le vit alors porter son autre main au col de sa chemise et en extirper une chaîne en argent, au bout de laquelle pendait un anneau d’or. Une alliance. La jumelle de celle d’Hermione.

– C’était trop risqué, se justifia-t-il immédiatement. Ils m’ont fiancé à Astoria seulement quelques semaines après la Bataille et j’ai tout fait depuis pour repousser l’échéance du mariage en espérant te retrouver avant. Je t’assure que j’aurais préféré faire autrement, j’aurais adoré la porter chaque jour, mais je…


– Drago, l’interrompit-elle en attrapant sa main, qui tenait toujours sa chaîne. Je sais. Tu as fait tout ce qu’il fallait pour rester en vie et jamais je ne pourrais t’en vouloir pour ça.

Elle le vit déglutir et hocher doucement la tête.


Ils s’étaient mariés seulement un mois avant la Bataille de Poudlard, dans une petite église moldue d’Écosse. Leur mariage n’avait pas été enregistré magiquement, puisqu’il avait été entièrement moldu. Ils n’avaient prévenu personne, s’étaient mariés en secret, uniquement pour eux et pour être certains d’être liés à jamais. Par amour.


Ils restèrent silencieux quelques instants, Hermione caressant simplement la main du blond avec son pouce, alors que toutes les questions qu’elle se posait lui revenaient à l’esprit. Mais l’une d’elles prédominait.

– Où sommes-nous ? murmura-t-elle, brisant le silence confortable qui s’était installé.


– Près de Chester, dans l’un des manoirs qui appartiennent à ma famille, expliqua-t-il. Nous y vivons depuis trois ans avec Astoria.

Elle se crispa légèrement en entendant cela. Elle n’arrivait pas à se faire à l’idée qu’il soit fiancé à quelqu’un d’autre, bien que cela ne soit pas si étonnant. La Bataille de Poudlard était passée depuis longtemps et elle se doutait bien qu’il n’aurait pas pu y échapper.

– Où est-elle ? s’inquiéta-t-elle ensuite, en laissant retomber son bras sur le matelas.


– Elle est partie hier matin avec son père, pour quelques jours. Tu n’as rien à craindre d’elle, je te le promets.

Elle lui fit confiance. Elle savait qu’elle le pouvait. Si Astoria n’était pas là, cela expliquait qu’elle ait pu dormir autant sans être en danger. Visiblement, Drago et sa fiancée habitaient seuls dans ce manoir et mis à part les elfes de maisons – du moins Bina – personne n’était là pour s’inquiéter de l’endroit où Hermione pourrait se trouver.

– Il faut que tu manges, reprit-il ensuite, d’un air préoccupé. Tu as beaucoup maigri et même si je t’ai jeté quelques sorts pour aider à cela, ils ne remplaceront jamais un repas normal. Viens, dit-il ensuite en lui tendant une main.


– Je vais sortir d’ici ? s’inquiéta-t-elle tout de suite.


– Hermione, je t’assure qu’il n’y a aucun risque. Nous sommes seuls ici.

Elle déglutit et regarda sa main tendue. Bien qu’elle lui fasse une entière confiance, elle ne pouvait s’empêcher de s’imaginer que sortir de cette pièce serait risqué. Et si Astoria revenait ? Et si qui que ce soit faisait irruption dans le manoir ? La couverture de Drago serait complètement ruinée et ils risqueraient tous deux la mort. Voire pire.


Il posa une main sur sa joue et l’obligea à la regarder, d’un air sérieux, mais aussi confiant et rassurant.

– Mon amour, je t’assure que tu ne risques rien, murmura-t-il sans la quitter des yeux. Je serais avec toi tout le long et nous sommes seuls ici. Personne ne peut entrer dans le manoir sans ma permission. Tu ne risques rien, répéta-t-il.

Des larmes se formèrent à nouveau dans les yeux d’Hermione, mais après quelques secondes, elle finit par hocher la tête et attrapa la main tendue par le blond.


Il l’aida à se lever avec précaution, passant un bras autour de ses hanches pour l’aider à marcher. Après toutes ces heures de sommeil et les différentes tortures qu’elle avait subies, ses jambes tremblaient et, sans l’aide de Drago, elle se serait probablement étalée sur le sol après deux pas. Elle remarqua de suite que sa jambe droite était guérie, mais toujours plus faible que l’autre. Un bandage entourait son mollet, probablement l'œuvre de Drago.


Être enfin debout lui permit d’observer entièrement le bureau de Drago. Elle reconnaissait très bien sa touche personnelle, depuis les couleurs de Serpentard qui étaient dispersées avec goût dans la décoration, jusqu’aux grandes bibliothèques qui témoignaient de son goût pour la lecture, en passant par la grande carte magique du ciel sur laquelle toutes les étoiles étaient inscrites, ou encore le Nimbus 2001 qui trônait derrière son bureau en bois sombre.


Cette pièce représentait vraiment Drago, et mine de rien, cela suffit à réchauffer le cœur d’Hermione. Il avait au moins pu faire cela, au milieu de toute la noirceur de son quotidien qui – elle le savait – était rythmé par le sang, la guerre et les Mangemorts.


Ils franchirent la porte sombre du bureau en silence et Drago l’accompagna précautionneusement jusqu’à la cuisine, seule pièce qu’elle connaissait vraiment. Ils ne parcoururent que quelques mètres pour y parvenir, ce qui permit à Hermione de se repérer dans l’immense manoir. Le bureau du blond était à proximité de la salle à manger et de la cuisine.


Cette dernière était vide lorsqu’ils y entrèrent et seule une assiette pleine attendait Hermione sur l’îlot central, au bord duquel Drago la fit s’asseoir. Bina n’était pas là, mais Hermione supposa que l’assiette avait été préparée par la petite créature. Elle doutait que Drago ait pu faire une telle chose, connaissant pertinemment son absence de talent culinaire.


En voyant la taille de l’assiette, elle douta d’être capable de tout manger, mais le regard de Drago la persuada de s’asseoir et d’en manger un minimum.

– Je t'emmènerai te laver après ton repas, lui annonça-t-il en s’asseyant face à elle.

Elle hocha simplement la tête, ne sachant que répondre de plus. Elle tuerait pour une douche chaude. Elle se sentait sale et aurait voulu que sa peau soit désinfectée dans les moindres détails. Ce fut alors qu’elle remarqua qu’elle ne portait plus le vieux t-shirt avec lequel elle s’était réveillée dans la cellule. Elle fronça les sourcils en s’observant et Drago le vit.

– Je me suis permis de t’habiller avec certains de mes vêtements, lui confia-t-il d’un ton hésitant. Je ne voulais pas que tu attrapes froid à nouveau et ce que tu portais était… horrible. Je suis désolé, j’aurai dû attendre que…


– C’est parfait, Drago, le rassura-t-elle directement, en comprenant ce qui le tourmentait. Tu as bien fait, ajouta-t-elle en tentant un sourire, qui ressemblait plutôt à une grimace.

Depuis combien de temps n’avait-elle pas souri ?


Il hocha la tête et continua de l’observer manger, alors peinait à avaler chaque bouchée. Son estomac s’était considérablement réduit en quelques jours – bien qu’il ne soit déjà pas bien grand depuis qu’elle était en cavale – et son corps n’était plus habitué à recevoir une telle quantité de nourriture.


Un nouveau silence s’installa. Hermione ne savait plus quoi dire, quoi demander. Elle avait l’impression qu’une éternité était passée depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus. En somme, c’était le cas. Trois ans, c’est long.


Elle s’en souvenait parfaitement. La Bataille de Poudlard avait commencé depuis plusieurs heures déjà. Drago, Ron et elle étaient descendus jusqu’à la Chambre des Secrets pour détruire un Horcruxe supplémentaire. Le roux leur avait ouvert la porte avant de remonter au château en vitesse, pour porter secours à sa sœur et à Neville qui tentaient de protéger le château du mieux possible.


Hermione avait détruit la coupe de Poufsouffle et Drago avait récupéré plusieurs crocs de basilic. Ils s’étaient embrassés au centre de la gigantesque chambre, avant de remonter aider les autres. Puis la bataille avait éclaté, les événements avaient défilé sans qu’ils puissent faire quoi que ce soit. Drago et elle avaient été séparés dans le combat et elle s’était retrouvée seule avec Harry et Ron.


Elle se rappelait encore avoir tenté de sauver Severus Rogue de la mort, le parrain de Drago, en vain. Son sang sur les mains et ses larmes dans une fiole, Harry avait couru jusqu’au bureau de Dumbledore. Puis, il était parti. Il les avait quittés, pour rejoindre Voldemort dans la Forêt Interdite. Ce fut la dernière fois qu’Hermione vit son meilleur ami. La dernière fois qu’elle le serra dans ses bras.


Lorsque les combats se calmèrent, Hermione retrouva discrètement Drago dans l’un des couloirs. Il lui fit des promesses, de très nombreuses promesses. Celle de construire une famille avec elle lorsque la guerre serait terminée, celle de l’épouser une nouvelle fois et devant tous leurs amis, celle d’acheter la maison de leur rêve en pleine campagne écossaise ou encore celle de rendre la mémoire à ses parents.


Elle n’eut pas le temps de lui répondre que la voix de Voldemort se faisait entendre dans la cour du château. Drago avait attrapé son visage, le regard effrayé, et l’avait embrassée une ultime fois, lui transmettant tout son amour. Elle avait répondu avec une émotion non contenue, avant qu’ils ne se dirigent tous deux vers la voix du Seigneur des Ténèbres.


Le discours de Voldemort avait mis feu aux poudres. Plus que jamais. La disparition de Harry Potter, l’absence de son corps et tout le reste avaient mis la pagaille et fait fuir un bon nombre de sorciers. Les sorts avaient directement commencé à valser et la foule s’était éparpillée dans tous les sens, tandis que certains fuyaient déjà. La seule chose dont Hermione se rappelait, c’était d’avoir entendu la voix de Drago lui intimer de transplaner loin, promettant qu’ils se retrouveraient bientôt.


Alors elle l’avait fait. Et elle l’avait perdu.

Elle sentit son pouce essuyer une larme qu’elle n’avait pas vue venir. Elle leva les yeux vers lui, croisant son regard gris qu’elle aimait tant.

– Je suis tellement désolée, s’entendit-elle murmurer. J’aurais dû te retrouver, j’aurais dû transplaner avec toi, pour que nous fuyions ensemble…


– Nous n’aurions pas pu, Hermione, répondit-il immédiatement d’un ton qu’il voulait sûr et rassurant. Mes parents et Bellatrix m’avaient déjà attrapé, nous allions transplaner.


– Alors, pourquoi avoir pris le risque de me crier de partir ?


– Parce qu’ils ne savaient pas à qui je m'adressais. Ils m’ont interrogé à ce propos plus tard, et, bizarrement, ils m’ont cru quand je leur ai fait croire que je m’adressais à cette idiote de Parkinson.

Elle hocha tristement la tête puis reposa sa fourchette, déjà calée par le repas préparé par Bina. Elle le vit alors lui tendre une main.

– Allons à la salle de bains, lui suggéra-t-il d’une voix douce, comprenant qu’elle ne pourrait pas manger plus.

Hermione adopta immédiatement l’idée : elle attrapa sa main et se leva pour le suivre. Il passa à nouveau un bras autour de ses hanches pour l’aider et, ensemble, ils grimpèrent un premier escalier – à la sortie de la cuisine – qui les mena jusqu'aux étages.


Elle fut soulagée de voir que la fameuse salle de bains se trouvait au premier étage, la simple montée de ces quelques marches l’avait rapidement épuisée. Bien que sa jambe ait été soignée, elle la sentait toujours faible et son équilibre en était fortement impacté.


Comme elle l’avait déjà remarqué deux jours plus tôt, le manoir était particulièrement luxueux. Malgré l’ambiance sombre et angoissante des couloirs – de par leur longueur et leur vide – Hermione remarqua aisément les quelques objets de décorations luxueux qui ornaient les murs et les différentes pièces.


Elle ne fut donc pas surprise d’entrer dans la salle de bains la plus belle qu’elle n’avait jamais vue. La pièce était très grande, dans des tons noirs et argentés et une grande fenêtre laissait passer les rayons du soleil d’hiver, venant illuminer la pièce de la plus jolie des façons. L’hiver était la saison préférée d’Hermione.


Elle avança de quelques pas, seule et en boitant, s’éloignant ainsi de Drago, pour observer la pièce sous toutes ses coutures. Une baignoire était enfoncée dans le sol, au centre de la pièce, la rendant encore plus grande.


Un magnifique miroir trônait au-dessus du lavabo en ardoise. Cependant, le reflet qu’il lui offrit horrifia la jeune femme. Elle ne s’était jamais vue dans un si piteux état. Ses joues s’étaient légèrement creusées, son teint était affreusement pâle, des cernes s'étendaient sous ses yeux malgré ses longues heures de sommeil, son regard semblait éteint et épuisé, et une petite cicatrice s’étendait sur le haut de son front. Visiblement, la magie n’avait pas non plus fait de miracle. Elle ressemblait tout simplement à un cadavre.


Hermione n’avait jamais été du genre à faire très attention à son apparence, mais elle devait avouer détester l’image que lui renvoyait ce miroir. Comment, en si peu de temps, avait-elle pu finir dans un tel état ?


Elle ferma les yeux quelques secondes, avant de se détourner du miroir, pour faire face à Drago, qui était resté à la porte. Elle fronça les sourcils.

– Tu n’entres pas ?


– Je…

Il détourna le regard pendant quelques secondes, surprenant Hermione. Jamais, elle ne l’avait vu si gêné.

– Tu veux que j’entre ? préféra-t-il demander, d’un air incertain.


– Évidemment que je le veux, Drago, répondit-elle d’un air confus, comme si la réponse lui paraissait évidente.

Elle le vit déglutir, mais il hocha finalement la tête et entra en fermant la porte derrière lui. Il était hésitant, presque méfiant, comme s’il s’attendait à ce qu’elle change d’avis à tout moment. Elle ne comprenait pas qu’il réagisse comme cela.


Elle lâcha donc le lavabo, sur lequel elle s’était appuyée pour tenir debout et marcha jusqu’à lui.

– Drago ? De quoi as-tu peur ? demanda-t-elle d’une voix douce, en s’approchant de lui, jusqu'à poser une main sur son torse.


– Je n’ai pas peur, nia-t-il immédiatement, en secouant doucement la tête.

Il posa une main sur sa joue, braquant son regard dans le sien, tout en la caressant avec son pouce. Hermione n’arrivait pas à sonder son regard. Elle n’y voyait aucune Occlumancie, comme deux jours plus tôt, mais elle n’arrivait pas à y lire ses émotions. Elle y arrivait toujours, habituellement. Avait-elle perdu cette capacité avec le temps ?

– Je ne veux pas que tu revives ton… choc, avoua-t-il finalement à voix basse, en posant son front contre le sien.

Et elle comprit. Il avait assisté à ce que les autres avaient fait. Il avait vu. Ces hommes qui avaient posé leurs mains sur elle, malgré ses cris et ses pleurs, il avait assisté à tout, impuissant. Elle ne lui en voulait nullement. Elle savait ce qu’il aurait risqué en intervenant. Il n'avait pas eu besoin de le lui expliquer, elle avait compris et jamais elle ne lui en voudrait. Il leur avait sauvé la vie en agissant comme cela et, au final, il lui avait évité le pire.


Elle secoua la tête en comprenant, sans s’éloigner de lui pour autant. Elle posa ses mains sur ses joues, se blottissant un peu plus contre son corps.

– Non, Drago, chuchota-t-elle sans arrêter ses mouvements de tête. Cela n’a rien à voir, ce n’est rien, tu n’es pas eux, tu… tu n’es pas eux, répéta-t-elle en fermant les yeux. C’est toi, Drago, l’homme que j’aime, l’homme que j’ai épousé il y a trois ans, l’homme avec qui je veux finir ma vie. Jamais tu ne me feras ressentir une telle chose, au contraire, tu es celui qui soigne mes maux.

Il ferma les yeux, douloureusement. Elle sentait que sa respiration était légèrement plus rapide. Il avait peur et elle le ressentait parfaitement. Elle le comprenait même. Elle l’entendit déglutir difficilement, comme s’il tentait de chasser ses tourments, de passer à autre chose.


Après de longues minutes, il attrapa ses mains, hochant finalement la tête et les porta à ses lèvres pour les embrasser en ouvrant les yeux pour croiser le regard déterminé d’Hermione.

– Je vais faire couler l’eau, accepta-t-il, la faisant sourire tendrement.

Il s’écarta d’elle, après l’avoir embrassée sur le front et s’approcha de la baignoire, tandis qu’Hermione se reposait contre le lavabo à nouveau. Lorsque l’eau chaude s’écoula enfin, il se redressa et s’approcha d’elle, entourant ses hanches par-derrière, alors qu’elle s’observait une nouvelle fois dans le miroir.


Il croisa son regard à travers ce dernier et lui offrit un très léger sourire, qui pourtant se répercuta directement dans son regard. Drago Malefoy souriait avec les yeux, rarement avec les lèvres et Hermione l’avait appris avec le temps.


Il vit qu’elle semblait déprécier son apparence, de par son regard presque dégoûté et attristé, mais préféra ne pas s’attarder là-dessus. Il savait que cela ne mènerait à rien. Le peu de fois où Hermione avait exprimé ses complexes, il n’avait jamais réussi à la persuader qu’elle se fourvoyait. Seuls les actes avaient montré des résultats.


Ainsi, il garda le silence, continuant de la regarder dans les yeux, à travers le miroir. Quelques minutes passèrent, le temps qu’il fallut à la baignoire pour se remplir, avant qu’Hermione ne prenne la parole.

– Tu veux bien m’aider à me déshabiller ? demanda-t-elle d’une voix hésitante.

Elle était effrayée à l’idée qu’il voie son corps, qu’il n’avait pas vu depuis des années. Cependant, le regard qu’il posait sur elle la rassurait, il semblait la regarder comme la plus belle créature qu’il n’avait jamais vue, et cela avait toujours su rassurer Hermione plus que tout. Il avait le don de calmer ses peurs et ses angoisses.

– Bien sûr.

Elle se tourna vers lui, les joues rouges, mais le sourire rassurant qu’il lui offrit, en comprenant sa gêne, retira un grand poids de ses épaules. C’était Drago. Son mari. L’homme qu’elle aimait.


Il attrapa le bas du pull noir qu’il lui avait enfilé dans son sommeil et lui fit passer au-dessus de la tête, avant de le laisser retomber au sol. Elle portait en dessous un simple t-shirt blanc, appartenant à Drago et c’est à ce moment-là qu’elle se rendit compte d’à quel point l’odeur du jeune homme l’entourait. Elle avait envie de s’imprégner de cette odeur, qu’elle vénérait et aimait tant. Elle n’imaginait pas un jour pouvoir l’oublier. Ce serait l’une des pires tortures qu’elle devrait vivre.


Il déglutit, probablement intimidé, avant d’attraper le bas du t-shirt pour le lui retirer à son tour. Elle baissa ensuite les bras pour cacher sa poitrine nue, tandis qu’il jetait le vêtement au sol. Drago détourna le regard, ce qui amusa légèrement Hermione. Depuis quand Drago Malefoy était-il pudique ? C’était habituellement son rôle à elle !


Elle s’appuya sur lui pour retirer le jogging de sport qu’il lui avait enfilé, puis le caleçon trop grand qu’elle portait et qu’elle supposa lui appartenir aussi. Elle rougit d’être entièrement nue devant lui, qui était toujours complètement habillé. Elle avait l’impression que son corps était trop maigre, trop sale, trop hideux. Jamais elle ne s’était sentie si peu attirante. Jamais elle ne s’était autant dépréciée.

– Tu veux que je vienne avec toi ? demanda-t-il presque timidement – Drago Malefoy, timide ?! – détournant encore le regard.


– Oui, s’il te plaît, répondit-elle avec hésitation, mordillant sa lèvre inférieure.


– Je te rejoins, fit-il alors en hochant la tête.

Elle acquiesça, avant de se diriger en boitant jusqu’à la baignoire, dans laquelle elle plongea le bout de ses orteils pour tester la température de l’eau. Elle était parfaite et la jeune femme décida d’y entrer entièrement, tandis que Drago se déshabillait dans son dos.


Dire que l’eau chaude lui fit un bien fou était un euphémisme. Elle eut l’impression que chacun de ses muscles criait victoire. Elle poussa d’ailleurs un petit soupir de satisfaction, qui fit ricaner doucement Drago. Elle s’immergea dans l’eau jusqu’au cou avec plaisir, celle-ci dégageant une douce odeur de fleurs. Visiblement, le blond avait ajouté des sels de bain sans qu’elle le remarque.


Celui-ci la rejoignit d’ailleurs quelques secondes plus tard. Elle avait fermé les yeux entre-temps et elle le sentit simplement se glisser dans son dos pour lui permettre de se reposer contre lui dans l’eau chaude. Elle se blottit immédiatement contre son torse, calant sa tête dans son cou, alors qu’il entourait ses hanches avec ses bras.


Le silence se réinstalla entre eux, chacun était perdu dans ses pensées, profitant du corps de l’autre contre le sien. Ils avaient l’impression de revivre, enfin proches l’un de l’autre après trois ans. Trois ans d’absence. Cela paraissait interminable aux yeux de la jeune femme.

– Raconte-moi, fit-elle alors, brisant le silence. Raconte-moi ce qu’il s’est passé de ton côté, pendant toutes ces années, continua-t-elle d’un ton presque suppliant, en levant les yeux vers lui.

Elle lut dans son regard qu’il n’avait nullement envie de lui conter ces années, probablement remplies d’horreur, mais elle voulait savoir. Elle voulait connaître ce qu’il avait vécu. Savoir ce qu’il avait traversé et enduré. Elle avait l’impression d’avoir manqué tant de choses.


Il sembla comprendre qu’elle n’était pas prête à lâcher l’affaire, puisqu’il se résigna à répondre.

– Après la Bataille, mes parents, Bellatrix et moi sommes retournés au Manoir Malefoy, commença-t-il donc à expliquer, dans un murmure. Le Seigneur des Ténèbres nous avait demandé de nous y réfugier, pour que ses plus fidèles Mangemorts se reposent et soient parés au moment opportun, pendant qu’il s’occupait de gérer les troubles qu’avait générés la Bataille. Nous y sommes restés confinés durant trois semaines, avant qu’il ne nous rejoigne. Je n’ai eu aucun moyen de partir, de m’enfuir, ni quoi que ce soit. Mon père avait demandé à un elfe de me suivre constamment, car il avait des doutes sur mon allégeance. Bellatrix aussi, mais elle, elle a simplement tenté de me soutirer des aveux à coups de Doloris.


Hermione frissonna d’horreur.


– Je n’ai évidemment rien dit, j’aurai probablement été tué sur place dans le cas contraire. Quand le Seigneur des Ténèbres est revenu, il était accompagné d’une bonne cinquantaine de nouveaux Mangemorts. Il les avait tous tatoués et venait nous annoncer ce qui allait désormais se passer. Comme tu le sais, le Ministère était toujours entre ses mains, tout comme Poudlard, qu’il a fini par récupérer. Il nous a alors annoncé que la guerre avait pris en ampleur et que dorénavant, le chaos régnerait sur la Grande-Bretagne. C’est là que j’ai compris que je ne pourrais pas faire machine arrière, que j’étais coincé. J’ai compris que mon rôle d’espion allait devoir continuer et pendant longtemps. Lorsqu’il a annoncé qu’il allait lier le plus de familles possible pour procréer et faire prospérer son idéologie le plus possible, j’ai aussi compris que je ferai partie des futurs mariés. J’avais eu l’espoir de pouvoir agir seul et te retrouver rapidement, mais mes plans sont vite tombés à l’eau. Trois jours plus tard, je déménageais ici avec Greengrass. Il a fallu du temps avant qu’ils ne regagnent confiance en moi et pensent que j’agissais en leur nom. Pendant des semaines, Astoria passait son temps à me surveiller et à vérifier que je ne trafiquais rien dans mon coin. Il a fallu que je parte plusieurs fois en mission avec les autres Mangemorts, que je…

Il se coupa dans sa phrase, détournant le regard, la gorge serrée par l’émotion. Hermione comprit immédiatement. Il n’avait pas besoin de terminer pour qu’elle comprenne ce qu’il avait dû faire. Mais elle ne lui en voulait pas, elle avait, elle aussi, dû faire des choses terribles pour survivre ces trois dernières années.


Elle le vit fermer douloureusement les yeux et leva la main pour caresser sa joue, lui faisant ainsi silencieusement comprendre qu’elle avait saisi le sens de son mutisme.

– Ils ont fini par avoir confiance en moi et je suis remonté dans l’estime de mon père et du Seigneur des Ténèbres, reprit-il donc, d’une voix rendue rauque par l’émotion. Je ne suis pas non plus un décisionnaire, mais plus personne ne me surveille et je peux agir plus sereinement pour aider la résistance. Il m’arrive d’envoyer des informations ou de laisser traîner des indices dans les rues, dans l’espoir que quelqu’un les reçoive, mais c’est le maximum que je puisse faire. Je suis assez bien placé pour être respecté par la plupart des Mangemorts, dont la famille d’Astoria, mais je n’ai pas encore la possibilité d’assister aux réunions et aux prises de décision. J’y suis presque.

Elle ne l’avait pas quitté des yeux, tout le long de son récit, caressant inconsciemment le haut de son torse avec son pouce. Elle aurait tant aimé trouver l’un de ses indices, comprendre qu’il en avait laissé. Qui sait s’ils ne se seraient pas retrouvés plus tôt ?

– Tu as fait tout ce que tu as pu, Drago, et je suis tellement fière de toi, chuchota-t-elle sans arrêter de caresser sa joue. Je suis certaine que tu as aidé du monde en faisant tout cela. Peut-être même moi, qui sait.


– Tu es déjà tombée sur des indices ou des informations secrètes ? s’étonna-t-il en baissant la tête pour la regarder.


– Une ou deux fois, oui, mais il s’agissait plutôt d’indices sur l’emplacement des bases de résistance ou des répertoires de victimes. Je n’ai jamais trouvé quoi que ce soit pour m’aider à avancer dans la résistance, soupira-t-elle en posant son front contre son torse.


– Raconte-moi, lui demanda-t-il à son tour, d’un ton presque suppliant. Dis-moi ce qu’il t’est arrivé pendant tout ce temps, ajouta-t-il en passant tendrement son index le long de sa colonne vertébrale.

Alors elle lui raconta. Elle commença son récit de la même façon que lui. La manière dont elle s’était échappée de Poudlard, transplanant loin de tous ses compagnons. Puis ses premiers mois à errer dans les contrées britanniques, durant lesquels elle avait tenté de retrouver ses amis, Drago ou n’importe qui faisant partie de l’Ordre. Mais elle avait lamentablement échoué.


Ainsi avait-elle continué son périple dans les campagnes britanniques, échappant du mieux qu’elle le pouvait aux Rafleurs et aux Mangemorts, tout en continuant de chercher un moyen de retrouver les autres et de faire avancer la résistance.


Une première année passa de cette façon, puis les forces de Voldemort prirent de plus en plus de pouvoir. La corruption prit place, tout en ravivant la peur et la paranoïa chez tous les sorciers. La résistance perdit en puissance et Hermione comprit rapidement qu’elle était encore plus seule. Elle combattit plusieurs de ses connaissances, qui avaient cherché à la livrer aux forces noires, pour se faire de l’argent ou sauver leur peau. Elle les terrassa tous, continuant ensuite de se cacher et d'œuvrer du mieux qu’elle le pouvait.


Tout cela pendant près de trois ans. Tout cela avant qu’elle ne se fasse mystérieusement attraper.

– J’étais dans une petite forêt, pas très loin de Liverpool. J’y campais depuis deux nuits et j’avais prévu de partir le matin suivant. Je suppose que quelqu’un a dû m'apercevoir dans les alentours et balancer ma position, ou bien j’ai dû faire une erreur dans mes sortilèges de protection. Dans tous les cas, je suis sortie de la tente pour voir quelle était la source du bruit que j’avais entendu, et la dernière chose dont je me souviens, c’est un éclair blanc.

Sa longue tirade terminée, elle soupira un grand coup, affectée par un tel récit, qui contait les trois dernières années de sa vie. Une vie solitaire.


Drago semblait tout autant affecté par ses mots. Il avait resserré sa prise sur les épaules de la jeune femme pour la serrer tout contre son cœur. Il ne parvenait même pas à imaginer l’horreur qu’elle avait vécue. Toutes les fois où elle avait dû se battre contre d’anciens camarades, voire amis. La solitude continuelle avec laquelle elle avait traversé la Grande-Bretagne.


Il savait de source sûre que Voldemort et ses forces armées avaient renforcé la surveillance des Portoloins et des frontières, à tel point qu’il était pratiquement impossible pour tout sorcier de s’échapper du pays. De plus, Hermione lui avait précisé ne jamais avoir voulu fuir, trop soucieuse de sauver le plus de monde possible.


Mais ce qui lui brisa le cœur un peu plus était la peine qu’il lisait dans ses yeux lorsqu’elle évoquait les amis qu’elle n’avait jamais revus. Ronald Weasley, Neville Londubat, Luna Lovegood et bien d’autres encore. Tous avaient complètement disparu de la circulation, tout comme leurs familles. Il s’agissait d’un véritable mystère pour la jeune femme qui avait pourtant travaillé d’arrache-pied pour tenter de les retrouver. Elle lui raconta être allée une fois par mois dans leurs habitations la première année, au Terrier ou chez les Lovegood, pour tenter d’y trouver le moindre indice. Elle n’avait jamais trouvé quoi que ce soit.


Peut-être étaient-ils morts ? Drago n’osait pas le suggérer à voix haute. L’hypothèse flottait déjà dans l’air et les yeux pleins de larmes d’Hermione le persuadèrent de ne rien dire. Il n’avait pas non plus eu de nouvelles de qui que ce soit de l’Ordre. Bien sûr, il n’était pas un membre à part entière comme Hermione. Son parcours était bien différent, mais il avait tout de même espéré pouvoir les joindre d’une quelconque manière.


Drago avait rejoint l’Ordre du Phénix l’été précédant sa septième année à Poudlard. Année qu’il n’avait d’ailleurs pas faite. Du moins, il avait rejoint l’Ordre en tant qu’espion, suivant ainsi les pas de son parrain, Severus Rogue, mort quelques mois plus tard. Ce dernier fut d’ailleurs le seul – avec Hermione – à le présenter aux membres de l’Ordre comme potentiel espion.


Dès la fin de leur sixième année, Rogue avait parlé de lui à Dumbledore, appuyant ses propos avec des promesses et des serments. Hermione avait de son côté informé le plus de membres possible de la bonne volonté du blond, leur expliquant des dizaines de fois à quel point il souhaitait aider.


Ce fut finalement quelques semaines après la mort du célèbre directeur que Kingsley Shacklebolt, Maugrey et Remus Lupin s’intéressèrent à son cas. Le contrat était simple : Drago n’aurait aucune information à propos des actions de l’Ordre, il ne serait qu’un pion, un espion qui leur rapporterait des informations. Et bien que ce peu de reconnaissance l’ait plusieurs fois mis en rage, il accepta. Pour Hermione, mais aussi pour ses convictions. Il multiplia les allers-retours discrets entre le Terrier et le Manoir Malefoy, leur délivrant le plus d’informations possible.


Jusqu’au célèbre mariage. Le mariage de Bill et Fleur, auquel il avait été convié au bras d'Hermione, camouflé de la même façon que Harry. Voldemort n’avait pas parlé de cette attaque, Drago n’avait pu prévenir personne et certains lui en voulurent. Probablement à raison, avait-il pensé pendant quelque temps. La panique se fit ensuite ressentir lorsque Hermione partit avec ses deux meilleurs amis, sans lui.


L’année suivante fut ponctuée de quelques rencontres, que Drago pouvait compter sur les doigts d’une main. Hermione et lui avaient organisé plusieurs fois des entrevues durant lesquelles ils profitèrent l’un de l’autre comme si chaque seconde était plus importante que la précédente.


Bien sûr, cela ne plut pas vraiment aux amis de la jeune femme, mais il s’agissait du dernier des soucis des deux tourtereaux, qui, malgré de rares rencontres, purent souder un amour encore plus fort. Le manque, la distance et l’inconnu dans lequel ils vivaient constamment, ne pas savoir où en était l’autre, les lièrent plus étroitement que jamais.


C’est ainsi qu’ils décidèrent de se marier. Du moins, c’est après tout cela que Drago évoqua l’idée. Pas de demande pleine d’émotion ni de genou à terre. Il aborda le sujet alors qu’ils profitaient d’un moment à deux, près du feu. Drago l’avait rejointe dans la soirée, au point de rendez-vous qu’ils avaient décidé avec Ron et Harry – bien que les deux n’en soient toujours pas ravis – et ils s’étaient installés pour le tour de garde, à l’extérieur de la tente.


Un mariage secret, uniquement tous les deux, avait-il dit. Un mariage d’amour, où régnerait toute la symbolique de leur couple.


Elle avait accepté. Sans aucune once d’hésitation.


Le onze avril 1998, Drago Malefoy et Hermione Granger s’étaient mariés, pour le meilleur et pour le pire. Le mariage n’aurait aucune autre signification qu’à leurs yeux. Ils voulaient conserver cette journée rien que pour eux. Après tout, ils s’unissaient pour eux, pas pour les autres.

Hermione baissa les yeux sur la chaîne que Drago portait autour du cou et se souvint d’avoir passé l’alliance à son doigt, les mains tremblantes et les yeux débordant de larmes. Elle leva la main pour frôler l’anneau du bout des doigts, hésitante, comme s’il pouvait prendre feu à tout instant. Elle n’en revenait toujours pas de se trouver là, dans ses bras.


Voyant ce qu’elle faisait, Drago décida de retirer sa chaîne et d’en récupérer l’alliance. Hermione releva la tête en fronçant les sourcils, mais il ne lui répondit pas, lui tendant simplement l’anneau d’or, puis sa main gauche. Comprenant alors qu’il souhaitait qu’elle lui passe une nouvelle fois la bague au doigt, Hermione eut un sourire ému et se mordilla la lèvre d’appréhension, avant de s’exécuter.


Les mains une nouvelle fois tremblantes, elle fit glisser l’alliance le long de l’annulaire de Drago, sans que celui-ci ne la quitte une seule fois des yeux. Une fois cela fait, il lia leurs deux mains et les leva de quelques centimètres, là où les rayons du soleil venaient s’échouer, faisant briller les deux anneaux d’or au milieu de la pièce.


Lorsque Hermione détourna les yeux de leurs mains pour le regarder, elle croisa son regard débordant d’amour et ne put s’empêcher de se pencher vers lui, désireuse de goûter, pour la première fois depuis leurs retrouvailles, les lèvres de l’homme qu’elle avait épousé si secrètement.


Leurs lèvres se frôlèrent simplement au départ, comme si elles se redécouvraient après ces années de séparation. Hermione sentit les larmes poindre à nouveau dans ses yeux, tant l’émotion de le retrouver ainsi était forte. C’était comme si, cette fois, maintenant que leurs lèvres se touchaient et se retrouvaient enfin, Hermione réalisait pleinement qu’il était là. Qu’il était devant elle et qu’il était en vie.


Et lorsque cette réalisation atteignit son cerveau, Hermione approfondit leur baiser. Leurs lèvres se retrouvèrent parfaitement, goûtant l’autre de la plus merveilleuse des façons. Hermione se sentit respirer à nouveau, vivre à nouveau, comme si ces années d’absence avaient commencé à creuser sa tombe. Elle remontait à la surface, par le simple contact des lèvres de l’homme qu’elle aimait.

– Tu m’as tellement manqué, murmura-t-il sur ses lèvres, avant de l’embrasser à nouveau, tout en posant une main sur sa joue.

Elle n’eut pas le temps de répondre, ni l’envie de le faire, tant ses lèvres étaient douces sur les siennes. Leurs corps l’un contre l’autre se retrouvaient, réchauffant leurs cœurs de la plus belle des manières. Si celui d’Hermione semblait battre à nouveau grâce à la présence de Drago, celui du blond semblait se réchauffer, après trois années glaciales à porter ce masque de Mangemort qui lui avait toujours paru si hideux.


C’est en se séparant de ses lèvres qu’elle prit conscience de cela. Leurs corps étaient marqués par ces trois années et aucun d’eux ne pouvait le manquer. Drago avait rapidement remarqué les nombreuses cicatrices de blessures sur les bras et les jambes d’Hermione. Quant à cette dernière, elle ne put rater les marques sur le torse de son bien-aimé, qui ressemblaient fortement à des coups d’armes blanches. Elle tenta d’effacer cette affreuse image de son esprit, mais la couleur encore légèrement rosée des cicatrices l’avait réellement affectée. Qu’avait-il pu lui arriver ?


Hermione passa son index sur plusieurs d’entre elles, faisant frissonner Drago, dont la peau était visiblement plus sensible à ces endroits-là. Elle releva les yeux et croisa son regard intense. L’orage au milieu de la mer. Voilà comment elle avait toujours qualifié ses yeux.

– Je t’aime.

Personne ne sut vraiment qui avait prononcé ces mots, mais tous deux en saisirent la profondeur. Des paroles qui pourtant ne reflétaient qu’un dixième de ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre. Comment de simples mots pouvaient-ils décrire les émotions que ressentait Hermione chaque fois qu’elle croisait le regard de Drago Malefoy ?



Ce n’est que lorsque l’eau du bain commença à refroidir qu’ils se décidèrent enfin à sortir. Après plus de deux heures l’un contre l’autre, à se savonner, se câliner et parler sans arrêt, Drago blottit Hermione dans une grande serviette de bain noire, avant de lui-même se sécher. La jeune femme s’avança une nouvelle fois jusqu’au miroir de la salle de bains, peinant encore à tenir complètement debout, malgré les bienfaits du bain, et s’appuya sur le lavabo.


L’image d’elle qui s’y refléta n’était toujours pas flatteuse, mais Hermione voyait bien que son corps avait profité de la chaleur du bain. Elle paraissait propre, toujours aussi faible, mais propre. Peut-être même réchauffée, par l’eau chaude, mais aussi par la présence de Drago, qui passait déjà ses bras autour de ses hanches et posait son menton sur le haut de crâne.


Elle ne se le répéterait jamais assez, mais le voir ici, avec elle, lui paraissait toujours aussi surréaliste. Comme s’il pouvait s’évaporer à tout instant.
Il lui sourit et toutes ses appréhensions disparurent.




Ils étaient de retour dans le bureau du blond, serrés l’un contre l’autre dans le lit qu’avait conjuré Drago, leurs jambes nues entremêlées sous les couvertures. La nuit était déjà en train de tomber, ce qui avait permis à Hermione de comprendre qu’ils étaient en fin d’après-midi. Drago lui avait ensuite précisé qu’il était aux alentours de dix-huit heures, du dix-sept décembre, après être sorti du bureau pour vérifier qu’il n’y avait rien d'anormal aux alentours. Il lui avait aussi à nouveau donné à manger, histoire qu’elle se ressource le plus possible.


– Qu’allons-nous faire maintenant ? demanda Hermione, alors qu’ils étaient de retour dans le bureau du blond.

Drago avait baissé les yeux vers la jeune femme lorsqu’elle avait pris la parole, d’un air pensif.

– Il faut que tu repartes, que tu t’enfuies, dit-il d’un ton fataliste, après un instant de silence pesant.


– Hors de question ! s'exclama-t-elle en se redressant, comprenant la signification de ses paroles. Je ne pars pas sans toi, Drago, je ne veux plus de ça !

Les larmes lui étaient montées aux yeux à cette idée. Elle s’était redressée vivement et avait failli retomber dans les couvertures, sous le choc d’un mouvement trop rapide. Drago le remarqua immédiatement et la serra contre lui aussitôt.

– D’accord, nous ne nous séparerons pas, je te le promets, chuchota-t-il en la sentant trembler de panique dans ses bras. Nous allons trouver une solution, nous resterons ensemble, mon amour.

Elle hocha la tête dans son cou en se serrant plus fort contre lui.

– Je ne veux pas te perdre à nouveau alors que je viens seulement de te retrouver, Drago.


– Je sais, je suis désolé, murmura-t-il en réponse.

Il lui fallait réfléchir rapidement. Astoria ne resterait chez son père que cinq jours, ce qui leur laissait encore deux jours pour trouver une solution. Drago n’avait – heureusement – aucune obligation pour les temps à venir, ce qui lui permettrait de rester avec Hermione constamment. Il n’imaginait pas non plus la quitter une nouvelle fois, mais il aurait été prêt à le faire pour lui sauver la vie. Il était totalement conscient d’à quel point elle avait souffert et s’en voulait d’ailleurs terriblement. Si seulement il avait su que la nouvelle ramenée par les Raffleurs avait été sa femme…


Un long moment de silence passa entre les deux amants. La respiration d’Hermione s’était rapidement calmée grâce aux caresses de Drago sur son dos nu et la jeune femme avait réussi à se convaincre qu’il ne l’abandonnerait pas, qu’ils ne seraient pas séparés une nouvelle fois. C’est ainsi qu’elle s’endormit, blottie dans les bras de son mari.


Et le noir se fit.

oOo

La panique envahit chacun de ses membres lorsque Drago la réveilla brusquement, en plein milieu de la nuit. Seules quelques heures s’étaient écoulées depuis qu’Hermione s’était endormie dans ses bras et l’ambiance calme et tranquille qui les avait entourés s’était brisée en seulement quelques instants.

– Hermione, nous devons partir ! s’était soudainement exclamé Drago, en posant une main sur sa joue.

Elle s’était réveillée d’un coup, très confuse, en croisant le regard paniqué du blond. Et désormais, elle le voyait se redresser et s’activer dans son bureau, flanquant des tas d’objets dans son petit sac en perles. Où l’avait-il récupéré ? Que se passait-il ?


Elle s'assit dans le lit, complètement perdue et apeurée.

– Drago, que se passe-t-il, par Merlin ? s’inquiéta-t-elle d’une voix effrayée.


– Astoria rentre plus tôt, l’un des elfes l’a prévenue de ta disparition, dit-il rapidement, sans arrêter de courir partout dans la pièce pour récupérer le plus d’affaires possible.


– Bina ?! s’étonna-t-elle, ayant pensé que l’elfe n’était pas mauvaise. Comment le sais-tu ? Et comment allons-nous faire ? Où allons-nous aller ? Et ta Marque ?!


– Non, un autre, répondit-il avant de lui balancer un t-shirt, un pull et un pantalon qu’il avait récupérés dans son sac en perles. Enfile ça, nous devons faire vite.

Il n’avait pas répondu à ses questions et cela ne fit qu'angoisser davantage Hermione. Les gestes du blond étaient précipités, ses mains tremblaient et son visage reflétait sa panique.

– Drago ! s’exclama-t-elle fortement, des larmes dans les yeux, le faisant stopper tout mouvement pour la regarder. Nous n’allons pas partir comme ça, où allons-nous aller ?!

Il parut alors comprendre qu’elle était complètement paniquée et se sentit terriblement mal de l’avoir mise dans un tel état. Il rangea dans le sac les livres qu’il avait attrapés avant de s’approcher d’elle, venant s’agenouiller près du lit, son visage à la même hauteur que le sien.

– Pardonne-moi, chuchota-t-il en attrapant son visage entre ses paumes. Je… Je suis en train d’y réfléchir, il faut que je trouve l’endroit où nous allons transplaner, Bina nous accompagnera, je suis son seul maître et elle m’est totalement fidèle.


– Et ta Marque ? sanglota Hermione, de plus en plus paniquée par ce qu’il se passait. Tu-Sais-Qui te retrouvera rapidement si tu ne fais rien !

Elle le vit baisser les yeux. Il les ferma douloureusement et elle comprit.

– Non !


– Je n’aurai pas le choix, Hermione, murmura-t-il en détournant le regard.

Elle plaqua une main sur sa bouche en pleurant encore plus et Drago la serra dans ses bras immédiatement. Il n’avait pas le choix, il le savait. Ce serait le seul moyen. Il n’avait pas assez de temps pour tenter autre chose. Ils devaient partir au plus vite.


Elle mit quelques minutes à se calmer et Drago essuya ses larmes avec une immense tendresse, braquant son regard rassurant dans le sien. Elle n’avait jamais peur, lorsqu’elle était dans ses bras, mais en voyant dans ses iris gris que lui aussi paniquait, elle sentit qu’ils risquaient gros.

– Est-ce que tu peux te lever ?

Elle hocha la tête et il l’embrassa rapidement sur les lèvres, avant de continuer de rassembler des affaires.


Elle eut alors un flash. Un rappel. L'apparition d’un souvenir, celui de leur premier baiser, tellement similaire à celui qu’il venait de lui donner.


Cela faisait des mois qu’ils se rapprochaient. Depuis le début de leur sixième année. Hermione avait remarqué dès leur rentrée que sa célèbre Némésis, Drago Malefoy, avait fortement changé pendant l’été. Mais pas en bien. Il semblait constamment épuisé, plus faible, plus maigre, plus frêle qu’il ne l’eût jamais été. Il avait arrêté le Quidditch, séchait certaines heures de cours, manquait des repas. Elle avait même fini par s’y intéresser plus que son meilleur ami, Harry Potter.


Un soir, elle était tombée sur lui, en haut de la Tour d’Astronomie. Cependant, si au départ elle avait été prête à le sermonner – puisqu’il n’était plus préfet – elle s’était vite coupée dans son élan en le voyant au bord de la rambarde de la tour. Elle avait rapidement compris qu’il n’était pas là pour observer le ciel et l’horizon.


Elle lui avait sauvé la vie ce soir-là. Elle l’avait empêché de commettre l’irréparable et sans son intervention, sans son acharnement à le faire descendre, jamais elle n’aurait revu ses yeux gris.


S’était alors créée une relation étrange entre eux. Il l’avait tout d’abord évitée, pendant des semaines, rendant impossibles leurs rencontres. Elle ne l’avait plus vu jusqu’aux vacances de Noël. Puis, à leur retour, il était venu la voir. Il avait surgi de nulle part, un soir de ronde et l’avait amenée dans une salle isolée.


Elle s’était tout d’abord débattue, ne comprenant pas ce qu’il lui voulait, puis, prise par la curiosité, elle l’avait finalement suivi. Il les avait enfermés dans la salle de classe, à l’aide de plusieurs sorts, par sécurité. Il était resté silencieux pendant de très longues minutes, faisant les cent pas devant elle.


Puis, finalement, il lui avait dit. Il lui avait raconté. Il lui avait compté tous ses maux, il lui avait parlé de sa mission, de ce qu’il avait dû faire depuis que Voldemort l’avait marqué. Il lui avait parlé de ses remords, de son envie de rejoindre la résistance, de se battre contre le monstre qui avait détruit sa vie.


Dire qu’elle avait été sous le choc par de telles révélations était un euphémisme. Jamais elle ne s’était attendue à une telle chose. Elle s’était doutée, notamment à cause des suspicions de Harry, qu’il avait rejoint les rangs du Seigneur des Ténèbres, mais ne s’était clairement pas attendue à ce qu’il lui demande une telle horreur. De plus, elle n’en revenait pas qu'il lui ait avoué cela. Était-ce parce qu’elle l’avait sauvé d’une mort certaine ? Parce qu’elle faisait partie de l’Ordre du Phénix ? Elle ne l’avait jamais su.


Cependant, lorsqu’elle le vit paniquer face à elle, écarquiller les yeux en comprenant ce qu’il venait de faire, elle le désarma, s’attendant à ce qu’il l’oubliette. Et en effet, c’est ce qu’il avait prévu. Mais avant qu’il n’ait eu le temps de faire quoi que ce soit, elle avait brisé les sorts de la salle et s’était enfuie.


Il tenta plusieurs fois de l’attraper dans les couloirs, de savoir si elle avait parlé, mais elle réussit à l’esquiver chaque fois. Elle avait passé plusieurs nuits à réfléchir à la situation, l’empêchant même de dormir. La situation l’avait perturbée plus que tout.


Finalement, ce fut elle qui revint vers lui. De la même façon qu’il l’avait fait, elle l’avait tiré dans une salle de classe vide et l’avait désarmé, s’étant préparé à ce qu’il tente de s’échapper. Et elle avait bien fait, puisque rapidement, il avait tenté de s’enfuir, persuadé qu’elle chercherait à le faire enfermer. Mais elle avait un tout autre projet.


Pendant plus de deux heures, au beau milieu de la nuit, Hermione l’avait persuadé qu’elle pouvait l’aider, que l’Ordre pourrait l’aider. Si au départ il ne l’avait pas crue, elle avait fini par sortir un flacon de Veritaserum et en avait avalé quelques gouttes devant ses yeux, avant de lui répéter le même discours une nouvelle fois.


Cela l’avait rapidement convaincu, mais avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit de plus, elle lui proposait de faire un Serment Inviolable. Il n’en avait pas cru ses oreilles au départ. Il n’avait pas cru qu’elle puisse vouloir mettre sa vie en danger pour lui, après seulement une semaine de réflexion. Elle n’avait pas abandonné et il avait été forcé d’accepter, en comprenant qu’elle était plus que sérieuse.


Le serment était très clair, Drago promettait qu’il ne suivrait plus Voldemort, sauf pour le bien de l’Ordre du Phénix et qu’il ferait tout pour le vaincre. Hermione promettait de tout faire pour qu’il rejoigne les rangs de Dumbledore et pour l’aider à s’en sortir. Elle donnerait sa vie pour le protéger des représailles de sa trahison et si quiconque accusait Drago, elle serait là pour démentir chaque propos.


Ainsi, à partir de cette nuit-là, Drago Malefoy et Hermione Granger furent liés. Dès le lendemain, la jeune femme avait parlé à Harry, passant à nouveau un très long moment à le tenter de le persuader des bonnes intentions du Serpentard. Ce ne fut que lorsqu’elle lui parla du serment qui les liait désormais, qu’il accepta enfin de la croire.


Drago lui avait expliqué la veille, malgré ses réticences, le lien familial qui l’unissait à Severus Rogue et de l’aide que celui-ci pourrait apporter à son cas. Plusieurs fois après cela, Hermione força Drago à la rencontrer au milieu de la nuit, pour réfléchir durant des heures à un moyen de le sortir d’affaire.


Elle ne comprit jamais ce qui l’avait autant motivée à l’aider. Peut-être était-ce de l’avoir vu au bord de cette rambarde avant Noël. Ou certainement la sincérité et la sensibilité qu’elle avait découvertes au fond des iris du blond. Elle n’en savait rien. Pourtant, elle l’avait fait. Elle l’avait aidé comme elle aurait aidé ses meilleurs amis.


Cependant, il ne l’était pas. Il n’était pas son ami et ne l’avait jamais été. Leurs rendez-vous nocturnes s’étaient rapidement transformés en des rencontres où ils se découvraient. Hermione n’avait pas mis longtemps à percer la coquille du blond et déceler ce qu’il cachait à l’intérieur, celui qu’il était. De son côté, Drago avait déconstruit un à un les préjugés qu’il avait toujours eus à son propos. Il avait découvert une jeune femme intelligente, drôle, sensible et pleine de convictions.


Un lien s’était créé entre eux. Quelque chose de fort, d’incroyablement fort. Ils jouaient tous deux leurs vies dans ces rencontres. Ils voulaient s’en sortir, ensemble.


Rogue avait accepté immédiatement leur idée, ce qui avait fait comprendre à Hermione la place unique qu’il avait dans l’Ordre, tout cela dans le dos du célèbre Dumbledore, qui ne devait surtout pas être prévenu de leurs petites entrevues, notamment à cause du serment de leur professeur.


Seul Severus s’était chargé de lui parler de son filleul, sans évoquer une quelconque mission ou même sa relation grandissante avec Hermione Granger. Il s’était contenté de lui répéter à quel point le jeune homme souhaitait changer de camp, tentant de faire changer d’avis le vieil homme au sujet du blond. Hermione continuait de son côté de faire changer d’avis ses meilleurs amis sur Drago, tout en le voyant chaque soir, en haut de la Tour d’astronomie.


Drago avait continué de chercher un moyen de tuer Dumbledore, malgré tout. En effet, Hermione comme Severus l’avaient persuadé qu’il fallait continuer de donner le change à ses parents et aux Mangemorts, malgré l’envie qu’il avait d’abandonner cette horrible mission. En effet, s’ils ne parvenaient pas à convaincre l’Ordre de faire entrer Drago dans ses rangs et le protéger, le blond n’aurait pas d’autre choix que de continuer de vivre sous le toit de ses parents, ce qui se résumerait à un échec de tout ce qu’ils auraient entrepris.


Cependant, l’échéance arriva bien trop rapidement à leur goût. Si Hermione avait réussi à convaincre Ron et Harry de l'innocence de Drago dans tout cela, ce n’était pas le cas de Severus, qui n’avait toujours pas convaincu les autres membres de l’Ordre. Et avec cela, le soir où tout se passa arriva.


C’est ce soir-là que Drago et elle avaient échangé leur tout premier baiser. Ce soir-là que Drago avait enfin dévoilé ce qu’il ressentait pour la jeune femme, qui n’avait pas hésité une seule seconde avant de lui répondre la même chose. Il l’avait ensuite rapidement embrassée, avant de partir vers son destin.


Hermione avait beaucoup pleuré ce soir-là. Patientant pendant des heures, c’était finalement le rassemblement autour de Dumbledore et la fuite de Drago et Severus qui lui avaient donné des réponses à ses questions. Rogue avait été clair : s’il partait avec eux, c’est qu’il avait été obligé de remplacer son filleul. Et bien que la mort de leur directeur soit une véritable tragédie, Hermione avait ressenti un grand soulagement en comprenant que le blond n’avait commis aucun meurtre.


Elle ne sut jamais comment il l’avait appris, mais une lettre de Dumbledore fut retrouvée une semaine après sa mort, dans laquelle il expliquait à Maugrey, Remus et Shacklebolt à quel point il fallait protéger Drago Malefoy, sans plus d'explications. Il ne mentionna pas Rogue une seule fois, mais cela sauva Drago. Tout le monde resta mitigé par la confession de l’ancien directeur, mais deux jours plus tard, l’Ordre faisait entrer Drago dans ses rangs, en réussissant à le faire quitter son manoir.

– Hermione ?

La jeune femme sursauta et revint à la réalité. Tournant les yeux vers Drago, elle vit qu’il s’était arrêté dans ses mouvements pour comprendre ce qui lui arrivait. Elle s’excusa du bout des lèvres et il soupira, rassuré de voir qu’elle allait bien, avant de se remettre en marche. Elle avait vraiment dû bloquer longtemps pour qu’il s’inquiète à ce point.


De son côté, elle fit du mieux qu’elle pouvait pour s’habiller, sans alerter le blond sur la lenteur de ses gestes. Elle ne voulait pas qu’il perde encore du temps à l’aider. D’après l’urgence de ses mouvements, la jeune femme avait compris qu’ils avaient très peu de temps avant qu’Astoria n’arrive.


Il lui expliqua que Bina était en train de leur préparer des provisions et des vêtements, pour qu’ils puissent partir au plus vite. D’après son récit, il avait été réveillé par l’elfe, qui était venu le prévenir qu’Astoria était en route. L’un des elfes de sa fiancée avait remarqué l’absence d’Hermione dans la cellule et avait de suite contacté sa maîtresse pour l'avertir.
De ce que disait Drago, il lui faudrait environ une demi-heure pour rentrer au manoir, le temps de préparer ses affaires. Et il ne leur restait que peu de temps.


Une fois habillée, Hermione tenta de se lever pour aider Drago. Ses jambes étaient bien plus stables que quelques heures plus tôt, bien que cela ne soit pas encore parfait, ce qui lui permit au moins de l’assister pour quelques tâches.


Elle s’occupait de réunir les parchemins de recherches sur les horcruxes et Voldemort, que le blond cachait dans ses affaires, lorsque Bina fit irruption dans le bureau.

– Maître ! Maîtresse Astoria et d’autres hommes sont arrivés au portail du manoir ! s’exclama-t-elle d’une voix paniquée et couinante.

Drago se tourna immédiatement vers Hermione, rangea précipitamment ce qu’avait préparé l’elfe dans le sac de perles et s’approcha de la femme qu’il aimait.

– Nous allons devoir courir, tu t’en sens capable ? s’inquiéta-t-il d’une voix pleine d’urgence.

Elle hocha la tête en attrapant sa main, le regard paniqué. Il la serra en retour, tout en se tournant vers Bina.

– Est-ce que tu as récupéré ce que je t’ai demandé ? lui demanda-t-il précipitamment, d’une voix dure.


– Bina ne l’a pas trouvé, Maître, fit-elle d'un air affreusement désolé, des larmes apparaissant dans ses yeux.

Drago jura fortement en comprenant qu’il aurait quelques minutes pour s’en occuper.

– Restez ici, je ferai vite ! leur dit-il en courant déjà vers la porte du bureau. Si je ne suis pas revenu dans une minute, transplanez sans moi, ordonna-t-il ensuite.

La peur et l’angoisse envahirent soudainement Hermione. Tout s’était passé si vite. Elle ne comprenait plus rien.


Elle entendit alors Bina commencer un décompte.

59.
58.
57.

Elle entendit le fracas des portes du manoir qu’on forcait, au loin. Astoria et les autres hommes tentaient de briser les sortilèges de protection que Drago avait mis en place.
Hermione ferma les yeux, alors que des larmes de panique s’échouaient sur ses joues. Sa tête lui faisait mal.

45.
44.
43.
42.

Son cœur battait la chamade. Elle s’imaginait devoir transplaner sans Drago. Elle s’imaginait devoir le laisser ici. Mais qu’est-ce qu’il avait bien pu aller chercher ?!

32.
31.
30.

Elle entendit l’affreuse voix d’Astoria ordonner aux hommes de partir à sa recherche, avant de crier le nom de Drago. Les pas s’entendaient d’ici.

24.
23.

Et s’il ne revenait pas à temps ? Comment ferait-elle sans lui, maintenant qu’ils s’étaient retrouvés ? Il ne pourrait pas transplaner sans Bina !

10.
9.

Sa tête tournait.

– Arrêtez-le ! entendit-elle alors crier, tandis que plusieurs pas précipités se faisaient entendre dans le couloir le plus proche.

Elle vit alors Drago apparaître à la porte, tenant dans sa main droite leurs deux baguettes et dans l’autre la célèbre épée de Gryffondor, qu’il lança à Bina. Pour sa plus grande horreur, elle le vit ensuite se trancher l’avant-bras gauche avec un sort, la douleur lancinante le fit hurler.


Tandis qu’elle tendait la main vers lui, sous le choc, des larmes coulant le long de ses joues, et que Bina attrapait la sienne, elle vit Astoria apparaître à la porte à son tour et pointer sa baguette vers eux.


Leurs doigts n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre lorsqu’elle entendit Astoria prononcer ces dernières paroles.

– Avada Kedavra !

L'éclair vert traversa la pièce.


Le noir se fit.
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