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News

Programme de juillet des Aspics


Bonsoir à toustes !

Un peu de lecture pour vous accompagner en cette période estivale... Vous avez jusqu'au 31 juillet pour, d'une part, voter pour le thème de la prochaine sélection ici et, d'autre part, lire les textes de la sélection "Romance" du deuxième trimestre 2024, et voter ici !

Les sélections sont l'occasion de moments d'échange, n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé sur le forum ou directement en reviews auprès des auteurices !


De L'Equipe des Podiums le 11/07/2024 22:30


Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Mains froides cœur chaud par Seonne

[5 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Bonjour HPF ! On continue le concours des 4 Saisons avec un OS centré cette fois-ci sur Lavande, mais aussi Dean, Seamus et Parvati.

Les consignes pour cette session :

– Votre personnage fait une découverte.

– Inclure les mots : constellation, houx, fredonner, orphelinat, perfection, humble.

– Au moins 2 des contraintes suivantes :

• Votre personnage se retrouve bloqué quelque part à cause de la neige

• Un secret de famille est dévoilé/refait surface.

• L’histoire commence et finit par la même phrase.

 

Eeeeet j'ai normalement rempli l'intégralité des consignes – sur ce, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture !

 

Si elle avait toujours les mains froides, on pouvait affirmer de Lavande Brown qu'elle avait le cœur chaud. Et quand elle lut le nom sur le registre, son sang ne fit qu'un tour. Elle s'arrêta, sa plume suspendue à quelques centimètres du parchemin, sa bouche arrondie de stupéfaction, ses pupilles réduites à un point tant elle était concentrée. Elle repassa sur chacune des lettres pour être certaine d'avoir bien lu. Elle forma le nom sur le bout de ses lèvres, articula chaque syllabe comme pour rendre ces six lettres plus vraies, plus réelles, pour en faire une véritable personne et pas juste une identité presque anonyme griffonnée dans un grimoire.

Elle peinait à y croire et pourtant, elle savait qu'elle n'était pas folle. Elle prenait ses potions tous les jours pour canaliser ses humeurs, pour maîtriser son anxiété, calmer sa fatigue et éviter les hallucinations liées à l'épuisement. Donc, ce qu'elle venait de lire ne pouvait qu'être vrai.

Abasourdie, elle reposa sa plume dans l'encrier, déplaça la bande de tissu qui faisait office de marque-page et referma le gros volume d'un coup sec. La couverture couina comme le faisaient parfois les vieux livres. Dans cette antique salle poussiéreuse des Archives Magiques de Grande-Bretagne et Pays Associés, les objets s'animaient souvent pour exprimer leur mécontentement d'être manipulés après des années – ou des siècles – de tranquillité. Elle avait appris à s'y faire. Elle aimait bien ça, Lavande. Comme si l'histoire magique qu'ils contenaient avait fini par tant les imprégner qu'ils étaient doués d'une âme propre.

Mais elle ne ménagea pas le livre pour autant. Elle agita sa baguette en marmonnant quelques formules magiques pour remettre son office en place : les rouleaux de parchemins s'enroulèrent, les divers craies et encres retournèrent se loger à leur place, chaque document se rangea dans la chemise cartonnée qui lui était consacrée et le bureau fit place nette en un rien de temps.

Pour pouvoir mieux tout déranger le lendemain.

Le registre, lui, elle ne le rangea pas. Elle le garda serré contre son cœur. L'esprit obnubilé par une pensée. Il était encore tôt mais elle le savait, elle ne pourrait plus réfléchir. Quand les pensées obsédantes lui tournaient en tête, impossible de s'en défaire. La psychologue lui disait de les accepter, de les laisser aller : ce qu'elle faisait, en général, mais dans cette situation-là, ça ne la concernait pas qu'elle.

Il fallait qu'elle en parle.

Sur le pas de la porte, l'Archiviste-en-chef, Shankara Narang, l'interpella de l'autre bout du couloir.

— Tu pars déjà ?

Lavande se mordit la langue, prit une respiration avant de se retourner en calant le volume sous sa veste pour qu'il ne soit pas trop visible. Elle n'avait pas le droit de faire sortir les documents, bien sûr, tout était protégé.

— Je... Je suis fatiguée, et puis je suis attendue... Je rattraperai sur mes horaires de demain. Si ça te va ?

Shankara la couva du regard. Il se dégageait une telle bienveillance de cette sorcière aux chapeaux racornis et aux sourires aussi chaleureux qu'un feu de bois...

— Bien sûr que ça me va. Tu fais trop d'heures pour ce que le Ministère te paye, de toutes façons. Mais je croyais que ta chérie travaillait toute la soirée ?

Lavande ne se laissa pas déstabiliser. Elle n'avait pas l'habitude de mentir, elle était trop honnête pour ça. Elle détestait mentir. On le lui avait toujours dit : ça se voyait sur son visage. Elle espéra que ses cicatrices monstrueuses masquent son inconfort.

— Je... Je dois voir un ami. Mais oui, Pansy travaille.

— Eh bien, profite de ton ami. À demain.

Ce n'était qu'un demi-mensonge, songea-t-elle en quittant l'immeuble aux sept étages inégaux. Si elle se précipitait sur un coup de tête, c'était bien pour voir un ami : mais lui n'était pas au courant qu'il l'attendait.

 

*

 

C'est en remontant le Chemin de Traverse qu'elle se dit qu'elle avait peut-être eu tort d'agir sous le coup de l'impulsivité. C'était tout elle, ça : partir sur ses grands chevaux et ne réfléchir qu'après. Sa mère le lui avait assez répété. Même Pansy, sa Pansy qui l'aimait tant qu'elle peinait à voir ses défauts, le lui reprochait parfois. Comme son escapade à Halloween qui l'avait tant inquiétée.

Lavande décida qu'il était trop tard pour avoir des regrets. Elle n'allait pas rebrousser chemin maintenant ; et puis, elle ne faisait de mal à rien ni personne. Shankara l'avait dit : elle faisait trop d'heures supplémentaires. Elle se rassura comme elle le pouvait, en se disant qu'elle avait beau se passionner pour cette mission sur candidature volontaire pour le Ministère, elle aurait quand même dû être mieux rémunérée.

Pour se vider la tête, sa psychologue lui avait dit de se concentrer sur ses sens. Alors quand elle sentit la menace de crise de panique comprimer ses bronches et lui remonter le long de la trachée, elle vida son esprit pour l'emplir de ce qu'elle voyait. Un champ de vision blanc, blanc de neige et de façades de marbre. Les pavés glissaient un peu et malgré les températures négatives, des bourrasques d'air chaud s'échappaient par les portes des commerces lorsqu'un client en entrait ou sortait.

On entendait aussi résonner quelques cloches, quelques musiques doucereuses et romantiques fredonnées par les passants qui les gardaient en tête.

Si Noël était passé depuis bien longtemps, la Saint-Valentin offrait aussi aux marchants sorciers le plaisir de faire l'étalage de leurs plus belles confections et de saupoudrer le tout de poussière de fée – littéralement, certaines vitrines en brillaient tant qu'il était difficile d'y regarder plus de quelques secondes sans en être aveuglé. Les branches de houx avaient été remplacées par des petits cœurs et le tour était joué.

Machinalement, elle fit le détour pour ne pas passer devant le Legends & Lattes. Le café-restaurant où travaillait Pansy atteignait un pic d'activité certains jours de fête : et pour la Saint-Valentin, ils étaient plein à craquer, avait assuré le patron. Alors elle n'avait pas pu se libérer pour le passer avec Lavande. Ce qui n'était pas si grave, puisqu'elles profitaient l'une de l'autre chaque jour de l'année. Mais elle ne voulut pas risquer d'être aperçue dans la rue à cette heure-là, marchant à toute hâte : elle inquiétait bien assez souvent sa copine comme ça.

Il ne lui fallut que quelques minutes pour atteindre sa destination. Dans le centre sorcier de Londres, si petit, tout était proche. Et heureusement, car le bout de son nez était déjà gelé.

La devanture des Mignonneries Merveilleuses de Merfyn était un peu plus sobre que les autres – si tant était qu'une boutique de jouets puisse jamais avoir une devanture sobre. Les poupées ensorcelées se couraient après et tentaient d'attraper chacune un balai-jouet dans une dynamique un peu effrayante. De l'autre côté, des coloriages aux magiques bougeaient en suivant son regard dans un kaléidoscope superbe.

Ravie, elle s'attendrit sur le coup de crayon de Dean un instant avant de passer la porte. Elle s'était préparée au bruit mais le carillon la fit sursauter. Les déclencheurs auditifs étaient les plus difficiles à gérer dans le stress post-traumatique, de son humble avis. Un bruit un peu trop clair lui rappelait le sifflement des sortilèges de mort, un son un peu trop grave celui des explosions.

Elle faisait avec.

Sans traîner, elle se précipita au comptoir. Une sorcière pas beaucoup plus âgée qu'elle prénommée « Pat » lui servit son air le plus jovial – un peu trop, d'ailleurs, pour que cela paraisse naturel et crédible.

— Bonjour madame, je vous souhaite la bienvenue dans la caverne des Mignonneries Merveilleuses de Merfyn. Comment puis-je vous aider ?

— Je cherche Dean. Dean Thomas, il travaille ici, n'est-ce pas ?

C'était ce qu'il lui avait dit la dernière fois qu'elle l'avait vu. Ça l'avait un peu surprise, Lavande, et pourtant elle comprenait, maintenant qu'elle avait sous les yeux cet univers coloré et joyeux. Les babioles un peu bruyantes, les farces et attrapes, les quelques bambins qui courraient entre les rayonnages...

Oui, elle imaginait bien Dean dans cet environnement.

— Oh, il vient de terminer son... eh bien, le voici.

Elle lui pointa le fond de la salle de son index et Lavande fit volte-face. Un Dean étonné haussa les sourcils en la voyant là où il ne devait pas s'attendre à la rencontrer. Elle remercia à demi-mots « Pat » et se précipita vers lui pour le serrer dans ses bras alors qu'il nouait les pans de son écharpe.

— Lavande ? Mais qu'est-ce que...

— Je suis ravie que tu aies été là ; et puis si tu viens de finir le boulot, c'est encore plus parfait ! Il fallait absolument que je te montre quelque chose alors je me suis dit : pourquoi ne pas lui faire la surprise ? Je suis ravie, ravie, ravie !

— Je... C'est très gentil mais... Tu te souvenais que je travaille ici ? Ça fait... ça fait combien de temps ?

Elle se détacha de lui, agita la main en l'air comme pour dire « oh, on s'en fiche ». Sauf qu'on ne s'en fichait pas et que ça devait bien faire six mois qu'elle ne l'avait pas vu. Six mois qu'elle n'avait pas vu grand monde.

— J'ai vu tes dessins en vitrine – c'est bien de toi ? C'est sublime, vraiment, tu t'approches toujours plus de la perfection !

— Oh, euh, merci, ce n'est pas...

— Ah, non, ne te dévalorise pas ! Tu as toujours été si humble... Bon, on va se prendre un café ? Un thé ? Une bière ? J'ai découvert quelque chose qu'il faut absolument que je te....

Elle s'arrêta au milieu de son pépiement. Parce que Dean lui avait à peine répondu et qu'elle remarqua cette expression qu'elle n'aimait pas trop sur son visage, un mélange de doute et de gêne, comme s'il avait croqué dans une Dragée surprise de Bertie Crochue particulièrement amère.

Elle sentit la bulle qui avait gonflé son cœur éclater comme un ballon de baudruche.

— Pardon. Je tombe mal, c'est ça ?

Il ouvrit la bouche, hésita, la referma. Un silence qui répondait à sa question. Lavande lutta contre les larmes qui lui montaient aux yeux, lutta contre sa voix intérieure qui la maudissait d'être aussi bête et de croire que le monde tournait autour d'elle, lutta contre toute la noirceur d'orage qui lui tomba dessus pour un simple mot non-prononcé, un imaginaire « oui », un supposé « tu tombes mal ».

Elle lui tourna le dos, ses bras toujours accrochés au bouquin dissimulé sous sa cape.

— Je vais y aller, alors. Je... je m'excuse.

Elle fit un pas sans attendre qu'il puisse répliquer cette fois, mais il l'attrapa par le bras pour la retenir.

— Non ! Non, ne pars pas. Ce... Ce n'est pas le moment idéal mais ça ne fait rien. Ne pars pas, Lavande, ça fait trop longtemps et... On va s'installer chez moi et se prendre un goûter, ça te va ? Comme... comme on faisait avant.

Avant. Avant, c'était une de leur tradition, dans la tour de Gryffondor : Seamus, Lavande, Dean et Parvati se partageaient une bombonne de chocolat chaud pour la Saint-Valentin, car ils avaient décidé que leur groupe d'ami était plus précieux que n'importe quelle relation amoureuse.

Avant. Avant la guerre, avant les morts, avant qu'elle ne tente de s'empoisonner et que ses parents ne l'envoient dans un centre pour guérir ce qu'ils ne comprenaient pas ; avant Pansy et avant les disputes qui avaient creusé un tel fossé entre elle et...

Pour empêcher la spirale de ténèbres de l'emporter, elle acquiesça, dans un espoir que ses sombres pensées ne la rattrapent pas. Ou, du moins, pas trop vite.

 

*

 

Elle aurait dû se douter que c'était un guet-apens. Non, le mot était trop fort, et Dean n'avait sûrement eu aucune intention de la piéger...

Pourtant, le mal était fait.

Comment diable avait-elle pu se fourrer elle-même dans cette situation et se retrouver assise face à Seamus, son ex-petit-copain qui n'avait jamais vraiment réussi à tourner la page, et Parvati, son ex-meilleure-amie à qui elle n'avait pas parlé depuis l'été précédent ?

Dean, qui n'en menait pas large, s'affairait dans la cuisine. Dans le salon, un silence polaire planait sans personne pour avoir le courage de briser la glace.

— Et si tu nous disais ce que tu fais, maintenant, Lavande ? demanda Dean d'une voix mal assurée en déposant les tasses fumantes sur la table basse.

— Je travaille pour Ministère, pour l'élaboration d'une exposition dédiée aux morts des deux guerres. Pour que leur mémoire ne soit pas oubliée. Pour qu'on se souvienne du combat qu'ils ont mené et...

Elle aperçut du coin de l'œil le regard de Parvati, un regard noir qui, s'il n'était accompagné d'aucune remarque, n'en signifiait pas moins.

C'en était trop pour elle. Elle ne pouvait pas le supporter, elle n'en avait pas l'énergie. Elle se leva d'un bond avant de ne plus être assez en possession de ses moyens pour le faire et elle s'élança vers le pas de la porte. Une fois de plus, Dean la rattrapa avant qu'elle n'ait pu disparaître.

— Attends ! Où est-ce que tu vas ? Lavande, que...

— Écoute, ce n'est clairement pas le moment, je ne... ils ne veulent pas de moi ici et ça va encore faire des histoires alors il vaut mieux que j'y aille et...

Elle tira la porte et elle eut à peine le temps de recevoir une bourrasque de neige en pleine figure que celle-ci se referma dans un claquement sous le coup du vent. Elle jeta un regard aux fenêtres : la tempête s'était déchaînée depuis son arrivée.

— Hors de question que tu mettes le nez dehors pour transplaner.

— Je vais prendre la cheminée, alors.

— Non ! Tu sais bien que quand il neige trop fort, le Ministère coupe l'accès aux conduits pour éviter que le verglas n'interfère avec la poudre de Cheminette. Ce serait trop dangereux... Écoute, Lavande, est-ce que tu veux bien essayer ?

Elle avait envie de lui répondre non, de lui dire qu'elle n'avait plus envie de faire des efforts pour quiconque mais il y avait une telle souffrance dans les prunelles sombres de Dean qu'elle n'eut pas le cœur à briser son infime espoir d'arranger les choses.

Et puis, si elle devait rester bloquée là le temps que la neige se calme, elle pouvait bien tenter d'en tirer quelque chose.

— Ok. D'accord, soit, essayons.

Impuissante, elle le laissa la raccompagner dans le salon et elle se rassit à sa place, dans l'un des fauteuils. Seamus et Parvati se tenaient côte à côte dans le canapé et Dean prit la dernière place dans l'autre siège dépareillé.

— Quelqu'un veut un carré de chocolat ?

Tous déclinèrent : la couleur du breuvage trahissait combien leur ami avait eu la main forte sur le cacao en poudre. Rajouter du sucre en plus, c'était risquer l'hyperglycémie en une seule gorgée. Dean se servit, malgré tout. Ses mains tremblaient un peu et trahissaient qu'il était mal à l'aise. Il se racla la gorge et, sans perdre espoir ni courage, tenta de relancer la conversation :

— Lavande est venue me chercher au magasin, à la sortie de mon travail, parce qu'elle avait quelque chose à m'annoncer.

C'était une façon d'enjoliver les détails. Maintenant que son taux d'adrénaline était retombé, Lavande s'en voulait tant d'avoir pris une énième décision sur un coup de tête... et d'avoir fait confiance à au seul de ses anciens camarades de Poudlard qu'elle considérait encore comme un ami proche – plus ou moins. Quand ils étaient arrivés à l'appartement, Parvati était déjà là, bien accueillie par Seamus qui créchait la moitié du temps sur le canapé de Dean.

Ne rumine pas, ça ne sert à rien, s'enjoignit-elle.

— Eh bien, rebondit Seamus face au silence de l'intéressée, dis-nous tout.

— C'est que... c'est un peu personnel. Pas pour moi, je veux dire, pour... pour Dean. Peut-être qu'il n'aurait pas envie d'en parler avec tout le monde.

— Pourtant on ne se cache rien, n'est-ce pas ? répliqua Parvati.

Lavande reçut la remarque avec l'intensité d'une claque en pleine figure. La blessure encore trop fraîche dans son cœur menaça de se rompre à nouveau.

— Parvati...

— Je veux dire, on a toujours été honnête les uns avec les autres. Toujours ou presque, hein ? Dean, lui, il n'est pas du genre à nous cacher que...

— Ça suffit, la coupa Seamus. Pas la peine de faire du passif-agressif, Parvati. Et puis, c'est à Dean de décider.

Trois paires d'yeux se tournèrent vers leur hôte qui s'étrangla en toussotant.

— Je... kof kof... Non, je n'y vois aucun... aucun inconvénient.

Et les regards se reportèrent sur Lavande, comme ceux des supporters d'un match de tennis lorsque la balle changeait de camp. Très bien, si tu veux me laisser me débrouiller toute seule... Elle sentit la pensée automatique qui allait suivre, quelque chose comme « tout le monde m'en veut » ou « les gens sont tous égoïstes et ne pensent qu'à eux », « personne ne tient à moi », et elle se força à se corriger. Ça va aller, je suis capable de gérer une conversation civilisée sur un sujet dont j'avais envie de parler.

Foutue dépression qui la pourrissait d'angoisse.

— Eh bien... tu ferais mieux de déglutir et de reposer ton chocolat chaud, parce que je n'ai pas envie de me prendre tes postillons de surprise. Oui, c'est... c'est une sacrée découverte. Ça... ça concerne ton père, Dean.

Il haussa un sourcil et, attentif, obtempéra : il reposa la tasse sur sa soucoupe. Avant qu'elle ne puisse se dégonfler, avant de regretter ou de se demander s'il était vraiment une bonne idée de lui dire, Lavande enchaîna, de crainte de se dégonfler :

— Ton père, Dean... C'était un sorcier. Il a combattu dans la première guerre contre Vous-Savez-Qui. Voldemort, corrigea-t-elle malgré le frisson qui la secoua de la tête au pied. Il est mort pour défendre... la même chose que nous. Et...

Le visage de Dean se décomposa et il pâlit d'un ton. Ses poings serrés se crispèrent sur les accoudoirs tandis que son visage se fermait, se couvrait d'un voile de stupeur et de... de quoi ? Incapable de décrypter son expression, Lavande paniqua. Et quand elle paniquait, elle parlait de plus en plus vite et elle lâchait des informations qu'elle aurait peut-être dû passer sous silence.

— Et c'est pour ça que quand il a disparu, quand il est mort, ils ont tenté de te placer dans un orphelinat et de t'enlever à ta mère – c'est horrible, je sais, oh Dean je suis tellement désolée, mais c'était important que tu saches ? Parce que le Ministère était encore à la solde de, de, de Voldemort, et qu'ils jugeaient qu'une Moldue était incapable de s'occuper d'un fils sorcier comme toi et, enfin, on connaît tous les ravages qu'ils ont faits mais, tu vois, ce n'était pas de la faute de ta mère ni de ton père, ce ne sont que des bonnes personnes qui ont fait de leur mieux. D'ailleurs comme ils n'ont pas réussi à t'enlever, ils ont aussi fait en sorte que ta mère ne puisse jamais savoir ce qui lui était arrivé, vous vous rendez compte, il fait partie de ceux dont on a rayé les liens de parenté sur le Registre Officiel des Naissances de Sorciers, il n'y a que dans son acte de décès qu'on retrouve ta trace Dean, c'est...

— Lavande, ça suffit.

Seamus ne l'avait pas grondée. Il n'avait pas crié ni jeté de regard noir, non, il lui avait pris la main avec douceur pour l'aider à se calmer et il lui avait parlé avec bienveillance, comme un ami qui conseille. Lavande ravala sa langue et ferma sa bouche. Ses lèvres tremblaient. Dean, lui, ne pipait pas un mot. Son regard s'était figé, perdu quelque part entre Lavande et la fenêtre de derrière.

— Dean ?

Il tenait toujours la main de Lavande dans la sienne et, de l'autre, il prit celle de Dean.

— Dean, parle-nous.

Avec une lenteur irréelle, Dean entrouvrit les lèvres. Un mince filet d'air lui échappa, comme un soupir. Il reprit une inspiration avant de chuchoter :

— Tout ce que j'ai souffert parce que je suis un Né-Moldu... tout ça alors que... que...

Ses yeux se remplirent de larmes silencieuses et un spasme de chagrin incontrôlable déforma son visage. Comme un seul homme, les trois invités se jetèrent sur lui pour le serrer dans leurs bras. Sans plus se préoccuper des différents de chacun, lorsque leur Dean-chéri avait besoin d'eux, ils répondaient tous à l'appel.

D'eux quatre, il était peut-être celui qui avait le plus souffert, à fuir les Mangemorts pendant une année complète, dormir dans le froid et la crainte de mourir le lendemain, sans pouvoir contacter sa famille au risque de les mettre dans le même danger que lui.

— Et ma mère... ma mère qui... qui ne savait pas...

— Elle ne pouvait pas le savoir.

— Elle a été si... si malheureuse... de ne jamais... elle croyait qu'il nous avait abandonnés, qu'il ne l'aimait plus, que... que si on avait voulu lui retirer ma garde, c'était parce qu'on estimait que... que... que la disparition de mon père était de sa faute et...

— Ce n'était pas de sa faute.

— Si... si je n'étais pas né, rien de tout ça...

Lavande dégagea l'un de ses bras, prit dans l'étreinte collective, pour apposer le bout de ses doigts sur ses lèvres, pour lui couper la parole. Pour l'empêcher de finir sa phrase, l'empêcher de prononcer des mots assassins qui n'auraient fait que lui causer encore plus de peine.

— Non, Dean. Ta naissance, c'est ce qui a permis à ta mère de survivre après la mort de ton père. C'est parce que tu étais là qu'elle a fini par aller mieux, parce qu'elle t'aimait autant, même plus qu'elle ne l'avait aimé lui. Ne pense jamais le contraire, tu m'entends ?

Il ne répondit pas à sa question rhétorique, ne hocha pas la tête, ne lâcha pas un son. Il continua de sangloter en silence. Et ses sanglots se firent de plus en plus fort. Collée contre sa poitrine, ensevelie sous les bras de Seamus et Parvati, Lavande fut la première à le sentir : sa respiration s'affola. Ce n'était pas que les pleurs. Elle connaissait cette détresse-là, elle en avait été trop souvent victime.

En à peine quelques secondes, le souffle de Dean se transforma en un râle caractéristique. Et ce fut au tour de Seamus et Parvati de paniquer à leur tour.

— Dean ? Dean tu arrives à respirer ?

— Qu'est-ce qui se passe ?

— Il fait une crise d'angoisse. Écartez-vous. Il faut qu'on lui laisse de l'espace. Qu'on le laisse respirer. Poussez-vous...

Ils s'éloignèrent tous les trois aussi vite qu'ils étaient arrimés à lui. Dean s'effondra contre le dossier, se recroquevilla sur lui-même, enfoui sa tête entre ses bras, tout son corps secoué par le trop-plein d'émotions incontrôlables.

— Dean, qu'est-ce qu'on peut faire pour t'aider ?

Lavande s'était un tout petit peu approchée, elle posa sa main sur son genou mais il la chassa d'un coup sec.

— Sortez, ordonna-t-il entre ses dents serrées. Sortez, sortez tous, sortez tous les trois, sortez sortez sortez sortez...

Lavande attrapa les deux autres par le bras et elle les tira jusqu'à la porte d'entrée, qu'elle ouvrit d'un coup de pied avant de les faire sortir. Dehors, la tempête de neige s'était radoucie. De gros flocons tombaient toujours mais ils devraient pouvoir survivre jusqu'à ce que Dean ne se calme. Derrière les nuages grisâtres, quelques constellations se dessinaient dans le ciel de février.

Ce coup-ci, Lavande ne parvint pas à réfréner sa colère contre elle-même. Elle ferma son poing et le mordit de toutes ses forces pour étouffer un cri de détresse.

— Mais qu'est-ce que je suis conne, je suis débile, toujours à faire n'importe quoi et dire n'importe quoi et blesser les gens, je suis une catastrophe ambulante et...

Elle ne se rendit compte qu'elle parlait à voix haute, et pas juste dans sa tête, que lorsque Parvati l'attrapa par l'épaule.

— Stop. Tu ne vas pas te mettre dans le même état que lui.

Le ton était rigide, un peu sec, et pourtant... pourtant, elle percevait quelque chose. Était-ce cette même colère sourde qui les avait éloignées après avoir explosé six mois plus tôt ?

Elle releva la tête et croisa le regard de Parvati, celle qui avait été sa presque-jumelle pendant tant d'années, sa siamoise dont elle s'était amputée au début de l'été. Dans la noirceur de la nuit tombée, elle n'eut pas le temps de déchiffrer son expression qu'elle lâchait :

— Tu dois me détester.

Et, contre toute attente, Parvati leva les yeux au ciel.

— Te détester ? Franchement, Lavande, quand t'as envie de te voiler la face, tu ne comprends vraiment rien à rien.

Seamus jugea bon de forcer une quinte de toux pour leur rappeler sa présence. Ou pour signaler autre chose à Parvati.

— Je ne te déteste pas. Seamus ne te déteste pas. Et je ne pense pas que Dean non plus te détestera après ce soir.

— Ça ne sert à rien de vouloir me rassurer. Tu as vu l'état dans lequel... dans lequel je l'ai mis ? Et moi qui suis trop bête pour savoir...

— Pour savoir quoi ? Qu'est-ce que tu aurais voulu faire d'autre, le lui cacher ? Tu as pris la bonne décision, Lavande. La bonne décision pour toi et pour lui.

— Pas comme avec d'autres personnes, c'est ça que tu sous-entends ?

La colère, encore, toujours, qui remontait en elle quand ses craintes menaçaient de la submerger. Elle se sentit stupide à l'instant même où les mots quittèrent sa langue pour prendre leur terrible envol. Alors que Parvati tentait d'apaiser la situation, Lavande ne savait qu'envenimer les choses.

Et elle se détestait pour ça.

— Bordel, Lavande, elle ne sous-entend rien, là. Arrête deux secondes de croire que tout le monde t'en veut. De croire que... de croire que tes meilleurs amis vont cesser de t'aimer.

— Parce que ce n'est pas le cas. Écoute, j'ai... Seamus et moi, on n'a pas géré. Quand tu nous as dit, pour toi et Pansy, on... On a été très bête, d'accord ?

Les larmes ne lui coulaient que jusqu'à la moitié des joues, comme si elles se solidifiaient en glaçons avant d'avoir pu atteindre les angles de sa mâchoire. Lavande voyait flou et sur ses rétines troublées, les réminiscences de leur dernière dispute remontaient à la surface – pour mieux la maintenir, elle, sous l'eau. Les cris et les accusations, la terreur de ses amis qu'elle ne les trahisse, qu'elle ne change, qu'elle ne « pactise avec l'ennemi ». Quel ennemi ? se demandait-elle depuis six mois. La guerre était terminée depuis un an et demi, maintenant.

« Comment tu as pu nous cacher un truc pareil ? »

« Tu te fous de nous ? »

« Des mois qu'on essaye de t'aider, de prendre de tes nouvelles et qu'on a un silence radio en face de nous, des mois qu'en fait tu te tapes Pansy fucking Parkinson ? »

— Je t'ai dit des choses que je regrette, Lavande.

— Moi aussi.

— On avait peur pour toi. Moi j'ai encore peur pour toi, tu vois, un peu tout le temps, depuis que... que tes parents nous ont...

— Je ne veux pas me plaindre, pas prétendre pourvoir comprendre quoi que ce soit aux douleurs que tu as pu traverser. Mais quand tes parents nous ont dit que tu étais internée parce que tu avais envie de mourir... Moi j'aurais voulu te sauver, t'arracher aux griffes de cette foutue maladie sauf que je ne pouvais rien faire. Je n'ai rien fait. Et t'oses dire que c'est toi qui n'es pas une bonne amie ? Regarde-nous, merde...

— Ce que Parvati essaye de dire, tempéra Seamus, c'est qu'on a cru te perdre pour toujours. Alors quand tu es finalement allée mieux et que tu nous annoncé que c'était... eh bien, que c'était en grande partie grâce à Pansy Parkinson et que tu filais l'amour fou avec elle...

— Je n'ai jamais dit ça, coupa-t-elle.

— Pardonne mon envolée lyrique mais on... Je ne sais pas.

— Je crois que nos cerveaux à tous en ont pris un coup, tu sais, confia Parvati. Avec cette foutue guerre et... On s'est tellement habitués à avoir peur de tout, à avoir peur des gens... Des fois, je me dis qu'il a quand même un peu gagné, ce... Voldemort. Même s'il est mort et que ses partisans sont en prison, on continue de se déchirer les uns les autres entre sorciers, à accuser tout le monde tout le temps, à devoir se justifier d'avoir combattu, pour ne pas passer pour des traîtres. Il n'y qu'à voir les... les trucs horribles qu'on t'a dit sur Pansy.

— Et c'est impardonnable. Mais je voudrais quand même te dire que je suis désolée.

— Moi aussi, je suis plus que désolée. Je n'ai pas de mot assez fort pour l'exprimer. Je regrette et je ne pourrai pas revenir en arrière. Mais si tu es prête à l'envisager, j'aimerais bien... Seamus et moi, on aimerait bien la re-rencontrer, cette nouvelle Pansy. Et puis te redécouvrir toi, aussi.

Lavande cligna des yeux pour chasser les pleurs qui s'y accumulaient encore. Était-ce le froid qui lui ralentissait l'esprit autant qu'il lui piquait les globes oculaires ? Était-ce l'inattendu, les tirades trop longues ? Elle ne parvenait pas à traiter l'information. Elle ne parvenait pas à penser. Elle sentait leur attente, elle sentait qu'elle devait dire quelque chose, mais...

La porte se rouvrit et un courant d'air chaud les enveloppa en même temps que la lumière des lampes les éblouit.

— Est-ce que tu as... un papier ? balança Dean d'une voix cassée. Quelque chose, une preuve ?

— J'ai pris le registre avec moi, répondit-elle en sortant de son mutisme.

 

*

 

Du bout des doigts, Dean caressait les boucles calligraphiées. Puisqu'ils pouvaient ensorceler des plumes qui écrivaient au rythme auquel ils dictaient, les sorciers ne se servaient presque jamais des machines à écrire. Aussi, même dans les documents officiels, l'écriture était-elle le plus souvent cursive.

Quoique certaines études des Moldus tendent à prouver que les lettrés cursifs se lisaient moins bien que les lettrés scriptes, ce tracé-là ne laissait aucun doute.

Ce n'était pas une erreur.

Jervis Roland Thomas, né le 14 février 1957 à Newham (Londres) de Donatius Paul Thomas et Rosalia Ashleigh Lydia Roland, marié à Linda Wendy Jennings et père de Dean Paul Thomas, est décédé le 13 juillet 1981.

— Il aurait eu quarante-trois ans aujourd'hui, souffla-t-il.

C'était aussi la date, cette date de naissance-anniversaire, qui avait interpelé Lavande. Qui l'avait fait bondir. Qui lui avait donné ce besoin irrépressible de tout dire, de dévoiler le secret, dans l'espoir étrange d'organiser, peut-être une veillée posthume, une commémoration, quelque chose, n'importe quoi.

— Il est mort si jeune. À peine plus vieux que nous.

— Je me suis qu'on... enfin... que la coïncidence était trop grosse pour qu'on n'essaye pas d'honorer sa mémoire tout de suite. Ce soir. Mais je pourrai creuser plus, Dean. Maintenant que l'on sait qui il est, le nom de ses parents, son lieu et sa date de naissance. Dans les archives, il y aura peut-être...

— Il est né à Newham, la coupa-t-il.

Il avait de nouveau les larmes aux yeux mais il souriait. Tandis que Parvati et Lavande échangeaient un regard perplexe, Seamus fronça les sourcils comme s'il cherchait à se souvenir de quelque chose.

— Newham... Newham, mais c'est...

— C'est là qu'est basé le New Ham United, termina Dean.

Les filles ne purent s'empêcher de sourire à leur tour. Si Dean avait mis des années à comprendre leurs paris et élucubrations sur les matches de Quidditch, ses amis, eux, avaient eu tôt fait de comprendre que la meilleure équipe de football de la terre à ses yeux était celui de New Ham. La passion du jeune sorcier avait été telle qu'il avait affiché pendant leurs six premières années d'étude une banderole à ses couleurs au-dessus de son lit à Poudlard.

Un lien invisible qui le reliait, bien malgré lui, à ce père-fantôme.

Un nouveau silence les enveloppa, plus doux, plus calme, plus tendre. Un silence apaisé.

— Je crois qu'il aurait été fier de toi, murmura Lavande.

— Il est mort pour la cause que tu as défendue à ton tour, renchérit Parvati.

— Et lui aussi est parti pour protéger sa famille, comme tu l'as fait pendant... pendant presque une année, ajouta Seamus.

Le regard toujours embué, il les toisa chacun tour à tour.

— Oui, je crois... je crois que je suis son digne fils. Et vous trois... vous trois, vous êtes le parent-sorcier qui m'a manqué.

Cette phrase, il la leur avait souvent dite. Puisqu'il était passé, à l'époque, pour le seul Né-Moldu de la bande, les trois autres s'étaient fait un devoir de le protéger et de l'éduquer à leurs traditions.

À eux quatre ils formaient une famille. Une famille choisie.

Parvati se râcla la gorge.

— Les parents, parfois, ça se dispute pour des raisons stupides. Mais ça finit toujours par se rabibocher.

Elle jeta un coup d'œil anxieux à Lavande. Et celle-ci sentit, enfin, la tension qui lui tendait les épaules se rompre.

— Parce qu'au fond, ce sont des parents qui s'aiment plus que tout.

— Même quand on a divorcé de l'un d'eux pour un Ron Weasley boutonneux à peine capable de tenir sur un balai, tenta Seamus.

Dean, Lavande et Parvati se tournèrent vers lui, interloqués. Il grimaça et haussa les épaules, avant d'ajouter :

— J'ai jamais été doué pour les métaphores filées, mais je voulais dire, je ne t'en veux plus de m'avoir quitté pour Ron-Ron, Lavande. Pas plus que je ne t'en veux pour Pansy. Ou pour... bref, soyons tous heureux et soyons tous ensemble, parce qu'il n'y a rien de plus terrible que quand on reste séparés, tous les quatre, vous n'êtes pas d'accord ?

Il avait un tic nerveux, Seamus, quand il stressait – et il n'aimait jamais prendre la parole trop longtemps. Il agitait les mains dans tous les sens et il finit par ouvrit ses paumes vers le ciel, comme pour les inviter à les saisir. Dean y vit un signal et s'écria :

— Câlin général !

Ils se fondirent tous dessus, les uns sur les autres, dans un chaos qui leur arracha des éclats de rire. Même au pauvre Seamus qui se retrouva enfoui sous la pile des trois autres. Rire franc de soulagement. De légèreté.

Retrouvailles tant attendues et réconciliation naturelle. Le monde ne redeviendrait jamais comme avant mais qu'il était bon de retrouver certaines certitudes, songea Lavande. Entre les bras de ses amis, tout retrouvait plus de couleur. Plus de chaleur, plus de vie.

Si elle avait toujours les mains froides, on pouvait affirmer de Lavande Brown qu'elle avait le cœur chaud.

 

 

Note de fin de chapitre :

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