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News

Programme de juillet des Aspics


Bonsoir à toustes !

Un peu de lecture pour vous accompagner en cette période estivale... Vous avez jusqu'au 31 juillet pour, d'une part, voter pour le thème de la prochaine sélection ici et, d'autre part, lire les textes de la sélection "Romance" du deuxième trimestre 2024, et voter ici !

Les sélections sont l'occasion de moments d'échange, n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé sur le forum ou directement en reviews auprès des auteurices !


De L'Equipe des Podiums le 11/07/2024 22:30


Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Ce parfum de toi me donne envie de t'aimer par mina

[75 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Voilà, premier chapitre revu, j'espère que vous allez aimer
Chapitre 1 : Le passé et le présent.


Être là.
Être seul.
Etre parmi eux sans qu’aucun ne me voit vraiment.
Etre seul parmi d’autres…

La vie peut s’apparenter à beaucoup de choses.
Pour moi, elle ne s’apparente à rien de bon.
Autrefois ma mère me disait que le monde était un bouquet de fleurs.
Un immense bouquet composé de milliers de fleurs, toutes différentes, de couleurs, de textures, répandant un parfum agréable ou pas, dont on se souvenait ou pas…
Que parfois les fleurs les plus belles ne sentaient pas bon, ou étaient profondément toxiques et que certaines fleurs d’apparence l'aide exaltaient un parfum doux et agréable.
Que c’étaient souvent les fleurs les plus rebutantes qui constituaient la base des potions les plus bienfaisantes. J’aime les potions. Elles savent redonner leur véritable aspect à ce genre de fleurs. Les fleurs oubliées de tous.
« Les gens ne sont pas toujours ce qu’ils ont l’air d’être et tu dois te méfier des apparences, Sévérus Tu dois être plus fort que les préjugés existants… d’accord ? »
Je m’entends encore répondre, insouciant « oui maman, moi je respirerai d’abord le parfum et puis je saurai même si les autres ne prennent pas la peine de savoir vraiment… »
Ma mère souriait alors invariablement devant tant d’innocence.
Je suis cette fleur si répugnante d’apparence, exaltant son doux parfum sans que jamais personne ne s’en aperçoive. En secret, entouré de tant de personnes.
Un parfum entre l’amertume du regret et la douceur de l’espérance…
Je suis une fleur ignorée, et mon parfum si faible est recouvert par les auras des fleurs voisines, qui exhibent une odeur qui m’asphyxie et m’empêche de vivre vraiment.
Empêtré dans mon silence, je vis en savourant la saveur des mots sur les pages qui constituent ma vie. Oui, je commence un journal intime. Ce journal, comme une échappatoire. Ce journal comme un poème. Ce journal comme un nouveau commencement à ma vie…

Mais laissez moi vous dire qui je suis et ce que je fais de ma vie, ce qu’elle est et pourquoi j’écris… en espérant que quelqu’un découvrira mon parfum un jour…

Je suis Sévérus Rogue. J’ai presque 17 ans, j’aime les hommes, je suis à serpentard et je suis faible pour tout ce qui concerne le rapport humain. Il est pitoyable pour quelqu’un de mon âge de dire que personne ne l’aime et j’en ai bien conscience. Mais le fait est que plus personne ne m’aime depuis la mort de ma mère, il y a de cela 5 ans et demi…

Comment est-elle morte ? Je le dirai plus tard : je préfère y aller de manière mesurée dans mes révélations, et je crois que je ne suis pas encore prêt à coucher cette histoire là sur le papier… Mais il y a une chose que je peux dire, une chose que je ne formulerais pas à voix haute : J’ai peur. Je suis destiné à devenir un apprenti mangemort du fait de mon père, et cela me terrifie d’un côté, mais je ne peux nier être dans l’expectative d’un groupe où j’aurais ma place et où on me reconnaîtrait à ma juste valeur. De la reconnaissance. Je sais que, bien que de caractères diamétralement opposés, aucun de mes deux parents ne m’en accordera jamais. Je me demande d’ailleurs souvent comment deux caractères aussi différents que mon père et ma mère ont pu se rencontrer un jour sous le même soleil… Elle si douce et lui si dur, si violent… Je le déteste tellement de ne pas être plus... je ne sais pas, peut-être que je lui en veux de ne pas m'aimer...de ne pas se faire un devoir de chérir comme il se doit le fruit de sa propre chair comme semblent le faire sans trop d’efforts les autres parents... c'est peut-être aussi pour ça que j'écris...

J’écris pour y voir plus clair dans ma vie. J’écris parce que j’ai l’impression de me noyer, de sombrer, parce que ma vie entière repose sur de faibles souvenirs de jours heureux passés depuis longtemps… Peut-être pour créer quelque chose de nouveau … je ne sais pas. Je suis peut-être un de ces fous en quête d’une réponse impossible à trouver…Je suis peut-être un fou qui attend l’instant où tout changera pour lui…


Harry resta un instant interdit devant sa lecture. Il frissonna. Jamais il n’avait pensé aux sentiments de son maître des potions … Jamais … Il eut une bouffée de tristesse avant de se remémorer les circonstances dans lesquelles il avait trouvé l’ouvrage…

Il se baladait tranquillement dans Poudlard, et cela en tout non-respect du règlement car, bien que l’insigne de préfet en chef brillait sur sa poitrine en dépit du peu d’éclairage, l’heure était déjà bien trop avancée pour une ronde...

Il s’était laissé guider par ses pas et avait atterri comme toujours dans les cachots, comme toujours, invariablement. Secrètement, il espérait rencontrer le maître des potions. Il ne savait pas pourquoi. Ou peut-être que si : un jour il avait vu une réelle chaleur dans ses yeux couleur d’encre et il en avait été intrigué. Et il avait commencé à l’observer, l’air de rien. Et c’était devenu une sorte d’habitude : comme il était fascinant de voir ce visage apparemment impassible refléter, de temps en temps une toute petite expression. Cela donnait toujours à Harry un sentiment de victoire, de l’avoir vu, et plus encore, si il y arrivait : de l’avoir compris.

Il était entré dans une salle verrouillée, à l’approche plus ou moins discrète de Rusard et de son chat de gouttière.
Une pièce juste à côté de l’endroit présumé de l’appartement de l’austère professeur Rogue.
Il se trouvait, à sa grande surprise, dans une sorte de bibliothèque. Les rayons qui envahissaient la pièce débordaient de livres aussi étranges les uns que les autres.
Il s’approcha, intéressé.
Des livres de magie plus ou moins blanche… d’ingrédients rares et de potions complexes, en passant par des mythes de créatures oubliées depuis sûrement bon nombre d’années…

Et au milieu de ces rangées, se tenait un livre à la tranche un peu élimée, où rien n’était écrit et qui attira son attention, détonnant à ses yeux au milieu de tous ces ouvrages poussiéreux.
Posé tout en haut comme pour montrer qu’il ne devait pas être lu.

Harry maudit intérieurement sa petite taille.
En effet, il n’était pas très grand. Si on tenait vraiment à le décrire, on aurait dit qu'il était mince et qu'il avait les traits si fins qu’ils en devenaient un peu féminins, que ses yeux verts détonnaient de sa peau légèrement dorée comme deux émeraudes dans un écrin de soie délicate, que ses lèvres étaient rosées et pour finir que son physique harmonieux disparaissait sous des vêtements trop grands.
Malgré ce dernier détail, Harry avait du succès auprès de tous et beaucoup lui tournaient autour à son plus grand déplaisir.
Il avait même été élu meilleur parti de l’Angleterre par le magazine Sorcière Hebdo !
Depuis il croulait sous les lettres toutes plus douteuses les une que les autres… Une fois encore à son grand déplaisir !

Et il ne pouvait pas attraper ce satané livre, situé bien trop en hauteur pour sa taille!

Puis, se souvenant dans un éclair de lucidité qu’il était un sorcier, il sortit sa baguette dans le but de faire venir le livre à lui par la magie. Le sortilège de lévitation qu’il envoya lui facilita le travail et l’objet de sa convoitise atterrit doucement dans les mains tendues puis un léger bruit derrière lui le fit se tendre et ramasser l’objet de sa curiosité sous sa cape. Pendant que le héro du monde magique se retournait pour faire face au professeur qu’il avait stupidement rêvé croiser un peu plus tôt, celui-ci lui lança son célèbre regard tueur, l’air furibond, en tenant deux baguettes dans ses fines mains blanches…

Harry se fit la réflexion incongrue que son professeur avait de magnifiques mains. Il les avait déjà observé mais ne s’en lassait pas. Elles semblaient faites de porcelaine, avec des longs doigts fins… des mains de pianiste…

Avaient suivi des insultes variées, qui avaient blessé le survivant plus qu’il ne l’aurait avoué et plus encore qu’il ne l’aurait voulu… Il avait récupéré sa baguette et gardé le livre contre lui, caché sous les plis de son ample cape d’étudiant.

Si le professeur était là, cette salle était peut-être à son usage personnel. Il en comprenait mieux le contenu et le petit livre qu’il venait tout juste de trouver en voyait son intérêt grandir exponentiellement.

Il n’eut pas de points en moins,ce qui en soi était un exploit, mais fut prié de retourner à ses quartiers dans les plus brefs délais et de cesser de « fouiner bêtement dans les affaires d’autrui comme une Rita Skeeter en herbe »… Et à présent il se tenait là, avec la vie de ce cher Rogue dans les mains.

Il posa le précieux livre à son chevet sous un sortilège de désillusion et éteint la lumière pour se dormir en se disant que cette histoire de parfum lui correspondait bien…

Les gens voyaient son apparence mais ne cherchaient jamais à voir plus loin que ça, plus loin que sa célébrité, à sentir son véritable parfum… Il s’endormit sur ces pensées.

Le lendemain, il se réveilla plus tôt que d'habitude, et en profita pour déjeuner pendant qu'il n'y avait personne.
Plus le temps passait, plus il s'éloignait de ses amis Ron et Hermione, peut-être en partie parce que les deux concernés partageaient leurs emplois du temps entre les heures de bécotage et celles de bouffage de nez.

Que se soit pour des bisous ou pour des insultes, Harry en avait décidément assez de tenir la chandelle ou d'essayer de faire entendre raison à ses amis,puisque ce mot semblait avoir été banni de leur vocabulaire.

En proie à des réflexions, il ne vit pas Drago Malefoy, accompagné deux de ses camarades : Parkinson et Zabini.

Il percuta violemment le blond et l’entraîna à sa suite en tombant à terre, le tout dans un bruit sourd. Il y eut un court silence stupéfait, suivi par des insultes toutes plus variées les unes que les autres. Harry se dit que le serpentard connaissait un sacré panel d'insultes pour quelqu'un de son rang. Et qu’il n’avait pas du tout l’air d’un aristocrate à ce moment là : il était un peu échevelé, les joues légèrement rosies et proférait tout un tas d’insanités qui auraient fait rougir de honte ses parents.

Un peu sonné, Harry subit les invectives furieuses de son vis-à-vis qui ne semblait pas prêt de s’arrêter. Il commença définitivement à s’inquiéter lorsqu’il se rendit compte que ses cris étaient en train d’attirer les élèves qui commençaient doucement mais sûrement à se rapprocher par curiosité.

Il ne trouva qu’une seule chose à faire. Lorsque la gifle atteignit le blond, il s’arrêta d’un coup et ouvrit de grands yeux ronds. Le gryffondor en aurait bien rit, s’ils n’avaient pas tous deux étés le point de mire d’une bonne dizaine d’élèves.

Parmi eux, Parkinson et Zabini avaient joyeusement entamé une discussion sur les potions avancées, sachant pertinemment qu'il n'y avait rien à tirer de leur ami quand il devenait hystérique comme ça, surtout de si bon matin. Tout en sachant et pardonnant ses saut d’humeurs dus, ils le savaient, à une tension familiale exacerbée par sa prochaine intronisation au sein des partisans du seigneur des ténèbres. Intronisation que le jeune homme avait réussi, jusque là, à déjouer,en manœuvrant aussi bien qu'il le pouvait pour passer entre les mailles du filet, mais, le temps passant, la chose devenait de plus en plus complexe et même ses parents, qui commençaient à avoir des doutes, mettaient une pression constante sur les épaules. Pour le serpentard, c’était comme vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête et tout ce stress retombait parfois d’un coup, le transformant en véritable boule de nerfs. Les psychologues auraient probablement nommé cet état de fait par “transfert”. Bien sûr, il n’était pas si furieux que ça pour une simple bousculade, mais il lui fallait une exutoire à sa colère, et le survivant était la proie rêvée. En tout cas pour Drago.
Parmi les badauds, on pouvait aussi voir Ron et Hermione, qui alertés par les cris d’une voix qui leur était familière, avaient accourus dès le début de la “crise”.

Harry était embarrassé, et il ne savait pas trop quoi faire. D’une part, il avait toujours détesté être le centre de l’attention car il avait l’impression alors d’être une sorte de bête de foire. Alors il préférait, s’il le pouvait, rester aussi discret que possible. D’autre part le blond semblait figé, le fixait d’un air ahuri et Harry voyait poindre quelques larmes aux coins de ses paupières. Il n’avait jamais vu le serpentard pleurer auparavant, et ne souhaitait pas que cela se produise maintenant, cerné par un auditoire à l'affût du prochain ragot de Poudlard.
Et il avait vu ses amis arriver, mais, au lieu de venir lui prêter main forte, ceux-ci avaient choisis de se lancer dans une prise de bec de leur crus. Il songea un instant que, après s’être dépêtré de cette situation, il devrait les rejoindre. Et ça aussi ça le déprimait. Dire que la journée avait si bien commencé.

Une échappatoire. C’est ce qu’il lui fallait. En général, trouver des échappatoires à des situations désespérées était pile dans son domaine de compétences. Cette capacité lui avait déjà sauvé la mise un bon nombre de fois, d’ailleurs...

Son regard dériva vers ses amis. Non. Vers les amis du serpentard. Non. Vers le serpentard en question, qui semblait avoir des difficultés à refouler ses larmes. Ok.

Il fallait que le blond retrouve ses esprits. Qu’il le frappe, qu’il l’insulte, bref : qu’il ramène la situation à la normale. La manière forte ne fonctionnait pas, il n’y avait qu'à y aller avec la manière douce, ce n’était pas son genre, mais Harry ne voyait pas du tout comment amener sa némésis à retrouver sa morgue d’une autre façon. Le bonus serait qu’il clouerait le bec à ses amis en même temps.

Et c’est dans cet état d’esprit qu’il se pencha pour aller poser un baiser sur les lèvres de son vis-à-vis. Elles étaient douces sous les siennes, et le contact était agréable, mais ce baiser n’avait pour autant rien de passionné. Il pensa au petit carnet, qui, sagement lové dans sa besace, semblait l’appeler pour partir à la découverte des pensées de Sévérus Rogue . Il se dit qu’il avait hâte de continuer sa lecture. Peut être aurait-il le temps d’en lire un passage ou deux avant le dîner?

Il en était à ce stade de réflexion lorsqu’il sentit deux mains le repousser doucement mais fermement. Il tourna son attention vers leur propriétaire et tomba sur une paire d’yeux gris embués qui le fixaient sous un froncement de sourcils.

Puis il se rappela où il était. Il entendait vaguement des gloussements du côté serpentard et quelques remarques sur “la tête que faisait Drago” et quelques commentaires indignés côté Gryffondor. Mais Harry ne pouvait détacher son regard du blond qui semblait… blessé? Celui-ci sembla se rendre compte de l’attention de l’assemblée focalisée en partie sur lui, et il rougit légèrement avant de se relever avec toute la dignité dont il était capable,de tourner des talons et de partir à vive allure, sans un regard pour personne. Ses amis lui jetèrent un regard inquiet, et Harry se fit la réflexion que, finalement, ses échappatoires n’étaient peut-être pas toujours parfaites.

Et le comportement du blond l’inquiétait, bien qu’il en ignorât la raison. Alors il fit ce qu’il avait toujours fait : il suivi son instinct. Il se releva rapidement en époussetant sa robe, fit signe aux Serpentards qui allaient emboîter le pas à leur amis de ne pas le suivre et se hâta de rejoindre le blond, laissant son auditoire derrière lui sans plus leur accorder un regard. S’il l’avait fait, il aurait vu une Hermione légèrement hébétée, qui, pour une fois ne semblait savoir que dire et un Ron semblant mitigé entre sa stupéfaction et son envie de rire de la scène dont il venait d’être témoin. Il aurait aussi vu, sur sa route, des gens aux mines étonnées, qui venaient de voir passer un serpentard avec une expression qu’il n’avait jamais adopté devant ses camarades, poursuivi par son ennemi juré, car leur rivalité et les nombreuses disputes qu’elle avait engendré étaient en quelque sorte célèbres au sein de l’école sorcière.

Harry finit par rejoindre le vert et argent alors que celui-ci s'engouffrait derrière la porte d’une salle de classe qui ne servait que rarement, et qui serait certainement vide à cette heure de la journée.

Il contempla un instant la porte, intrigué, puis entra à son tour. Quelle ne fut pas sa surprise de trouver le blondinet blotti dans un coin de la pièce, comme si il avait ressenti le besoin de se cacher un peu plus dans une salle pourtant déjà vide. Ses jambes repliées contre son torse et entourées de ses bras, et sa tête était sur les genoux, cachant son visage du mieux qu’il le pouvait. Il prenait de grandes et lentes inspirations, comme si il tentait à tout prix de se maîtriser.

Harry repensa à leur passé commun : les disputes, les coups fourrés, les regards pleins de dédain. Rien dans ce qu’il connaissait du blond n’aurait pu le préparer à le voir ainsi aujourd’hui. Aussi… humain. C'était dérangeant. Ça ne collait pas avec l'image qu'il avait en tête du blond.

Et il se prit à avoir de l’empathie pour son ennemi. Il repensa vaguement au journal et à cette histoire de parfum et se rendit compte qu’il n’avait jamais vraiment essayé de voir au-delà des apparences avec Malefoy. Qu’il serait peut-être surpris de ce qu’il découvrirait si seulement il essayait de mettre sa fierté et son ressentiment de côté pour cette fois.

Il avait envie d’essayer, au moins. Et si il avait tort, il n’y aurait pas mort d’homme, n’est-ce pas? Il reprendrait le cours normal de sa vie, comme si cette parenthèse n’avait jamais existé.

Fort de cette décision, il s’assit sans un mot à même le sol, à la droite de son ennemi juré. Puis il l’observa encore. Bien qu’il ne put voir son visage et que le respiration de ce dernier ait retrouvé un rythme à peu près normal, il pouvait voir dans sa posture que ce n'était pas le cas, comme si ce dernier était dans l’attente de l’estocade qui lui serait fatale.

Et si d'habitude, avec sa démarche hautaine et son air suffisant, Malefoy était horripilant, et ce n'était rien de le dire, il semblait présentement tellement fragile et d’une certaine manière délicat, que le brun ne pouvait le voir comme un ennemi potentiel. Il lui trouvait un air… quel était le terme? Mignon? Adorable? Il pouffa intérieurement à cette pensée incongrue... Pouvait on devenir simplement fou? Comme ça? Car il devenait certainement fou à penser de cette manière.

“Si tu est venu te gausser de moi, vas-y. Fais-le et ensuite pars.”La voix de Malefoy troubla le silence de la pièce. Elle était froide et contrastait avec sa posture, et son ton, plus que son interpellation troubla une nouvelle fois Harry. Il se demanda vaguement pendant combien de temps le blond avait dû travailler à cacher ses vrais sentiments quand il voyait avec quelle facilité il réussissait à adopter un timbre froid et distant, alors que toute sa posture semblait clamer un profond abattement.

Il tenta d’adopter un ton enjoué “Ce ne sont pas mes intentions. Après tout je ne suis pas un vil serpentard, n’est-ce pas?”

Un reniflement lui répondit et il n’aurait su dire si c’était de l’amusement ou de l’agacement qui en était à l’origine. Il poursuivit donc, d’un ton égal “Étrangement, je n’ai pas envie de me moquer de toi. A vrai dire, je ne crois pas t'avoir jamais vu agir de manière aussi adorable…”

Drago grogna et releva la tête, en le foudroyant du regard, mais l’effet en était remarquablement amoindri à cause des sillons que quelques larmes avaient laissé sur ses joues pâles “Tu me provoques Potter? Tu cherches la bagarre, c’est ça?”

Harry rit de bon cœur et répliqua d’un ton faussement sérieux, laissant son regard se perdre en face de lui “Bien sûr. J’embrasse tous les types avec qui je veux me battre. C’est une règle d’or chez moi.”

“Tu es bizarre, Potter.” Lâcha le blond en plissant ses yeux.

“Je sais. On me le dit souvent, figure toi.”

Un silence s'installa, pendant que le blond cherchait ses mots, avant qu’il ne reprenne de manière incertaine “Pourquoi… pourquoi m’avoir… enfin, tu sais…”

Harry ferma les yeux et essaya de remettre de l'ordre dans ses idées . En effet, pourquoi? Devait-il expliquer à son camarade sa théorie de l'échappatoire? Il y avait peu de chance pour que celui-ci le prenne bien. Et moins encore pour que cette conversation se termine aussi calmement qu’elle avait commencé. Et Harry se surprit à regretter cet état de fait. La voix de Drago et ses mains le secouant par les épaules le ramenèrent à la réalité

“Bon sang, Potter, regarde moi au moins! Tu es un foutu Gryffondor, où est passé ton courage légendaire?”

En ouvrant les yeux d’un coup, il tomba sur ceux de glace de son vis-à-vis, qui s’était posté en face de lui pendant qu’il était perdu dans ces pensées. Et ces yeux-là étaient inhabituellement expressifs, comme ils ne l’avaient jamais été. Harry pouvait sentir un mélange détonnant de colère et de peine, et peut-être aussi un peu de peur.

Puis son regard dériva sur ses lèvres et il se rendit compte qu’il avait envie que ce baiser se reproduise. Il cligna plusieurs fois des paupières et se mordit la lèvre, tentant vainement de chasser ses pensées dérangeantes puis dit dans un souffle : “Je l’ignore, Malefoy, je… A la base, je voulais juste..” Il soupira. C’était plus dur que ce qu’il aurait cru, mais il devait être honnête. Le serpentard l’avait été, et si il en avait été capable, Harry devait pouvoir y arriver aussi. Il poursuivit donc “Je voulais te faire revenir à la réalité. Je voulais … te faire réagir, te faire redevenir normal.”

Il attendit le coup qui n’allait pas tarder à arriver. Mais celui-ci n’arriva pas. A la place, une voix lasse lui demanda dans un soupir “ Que signifie pour toi le fait de me faire redevenir normal?”

Harry avisa l’air ennuyé de son vis-à-vis, s’expliqua “Tu… tu avais l’air différent, tu avais les larmes aux yeux. Et ces gens qui nous regardaient, j’ai pensé… j’ai pensé que tu n’apprécierais pas qu’on te voit pleurer, tu sais, en public…”

Le brun grimaça. Il se rendait bien compte que ses maigres explications étaient confuses et pour le moins décousues, mais il avait la plus grande peine à exprimer le fil de ses pensées de manière limpide.

“Donc, tu as pensé que ma meilleure solution pour éviter les ragots était de m’embrasser en public, comme tu dis.” Évidemment se dit Harry. Dit comme ça, son action paraissait assez stupide et immature. Et sans considération pour les conséquences d’un tel geste.Ni pour le serpentard. Il fronça les sourcils et chercha un moyen de se justifier, mais l’autre ne lui en laissa pas le temps, enchaînant sans pitié

“Mais tu as aussi dit “à la base”. Donc “à la base”, tu voulais m’éviter, d’une manière totalement hors de propos, une humiliation. Alors, j’ai deux questions pour toi : pourquoi avoir des scrupules à me laisser m’humilier? Tu n’en avais jamais eu jusque-là si ma mémoire est bonne, et je t’assure qu’elle l’est. Ensuite, tu vas m’expliquer ce que ce “à la base” est supposé vouloir dire. Tu as changé d’avis en cours de route? Qu’est-ce qui a encore pu passer par ta tête de Gryffondor?”

Aïe. Pile les questions auxquelles il ne voulait pas répondre. Il se lança pourtant, décidant que perdu pour perdu, autant dire la vérité. “ Honnêtement, je ne sais pas pourquoi, mais quand j’ai vu que tu allais te… euh.. laisser aller? Devant tous ces gens, l’idée que tu puisse être montré du doigt alors que tu semblais si mal, je trouvais ça… insupportable. Et d’une certaine manière, si j’étais curieux de voir une facette de toi que je ne connaissait pas avait quelque chose d’attirant, je ne voulais pas pour autant que tout le monde en profite.”

“Tu es conscient que ce que tu dis n’a aucun sens, Potter?”

L’éclat amusé dans les yeux démentissait la rigidité de ses paroles, mais Harry se rebiffa :

“Oh sérieusement, Malefoy, si tu ne veux pas de mon explication, tu n’as qu’à te dire que c’est un tour de mon stupide syndrome du héros sauvant la veuve et l’orphelin”

C’est un rire franc qui lui répondit et les yeux du survivant s'arrondissent à la vue de son ennemi de toujours pris d’une crise de fou-rire. Avait-il toujours eu ces légères fossettes sur les joues? Il ne les avait jamais remarqué avant ça. Et ça le troublait, de le voir rire pour de vrai. Il semblait bien que voir le sauveur en personne s’affubler lui-même du titre de héros sauvant la veuve et l’orphelin lui plaisait beaucoup. Peut-être parce que cela montrait que, malgré les apparences, Harry ne se croyait pas vraiment supérieur à son monde, et qu’il était aussi capable de rire de lui-même.

Il se calma cependant et, lançant un regard brillant d’amusement à son camarade, entreprit de s’expliquer, un léger sourire encore présent sur les lèvres : “Potter, tu me surprendras toujours. Jamais je n’aurais imaginé que tu puisse utiliser l’autodérision. Jamais je n’aurais pensé que tu aie l’idée, et plus encore l’intention, de me sauver d’une quelconque situation désagréable. Cependant, une question reste sans réponse, et tu sais laquelle, n’est-ce pas? Quand tu as dit “à la base”, tu as sous-entendu que tes intentions même avaient changé. Est-ce pour cette raison que tu m’a suivi ici?”

“Oui, Malefoy. Je crois, non, je sais que j’ai envie d’en voir plus.”

Haussement de sourcil surpris de la part du blond

“Voir plus de quoi, Potter? De larmes, de crises de nerfs? Tu es vraiment un détraqué si c’est ça que tu recherches.”

“Tu apprendras que JE ne suis pas un pervers, Malefoy. Je ne prends aucun plaisir à voir les gens souffrir. Et ce n’est pas ce que je voulais dire.”

“ Alors que voulais-tu dire?”

“Je voulais dire, voir d’autres facettes de ton caractère. Attends, je m’explique. Jusque là, je ne t’ai jamais vu agir que comme le fils à papa d’un homme riche. Pas la peine de faire cette tête-là, tu sais pertinemment que j’ai raison. Et ce gosse de riche n’aurait pas réagit comme ça tout à l'heure. Ce qui me laisse à penser que pendant tout ce temps, j’ai eu tort. Et ce que je commence à entrevoir me plaît infiniment plus que ce que je croyais alors savoir. Alors… si te te tends la main, comme tu l’as fait pour moi en première année, est-ce que tu la serrera?”

“Tends la moi, Potter, et tu verras.”

Harry tendit doucement la main vers son interlocuteur qui s’en saisit à deux main, enveloppant la sienne de ses doigts fins. Regardant leur paumes à présent liées, le rouge et or se permit un sourire sincère. Cette journée avait été plein de surprise, mais celle ci en avait été la plus belle, incontestablement.

Drago se racla alors la gorge, un peu gêné, et avança :

“Il y a encore autre chose. Honnêtement, Potter, je ne sais pas comment tu l’a su, et cela m’importe peu mais… je préférerais que tu ne l’ébruite pas, si possible. Peu de gens sont au courant, vraiment et je détesterais que ce genre d’information arrive aux oreilles de ma famille. Ce n’est pas pour rien que je reste discret sur le sujet, tu vois?”

En l'occurrence, Harry ne voyait pas. De quoi était-il en train de lui parler? Il lui lança un regard interrogateur, et, ne voyant pas venir d’éclaircissements, osa un “De quoi est-ce que tu parles?”

Le blond grogna et lâcha la main du brun qui ressentit la perte de cette chaleur comme un coup au cœur. Avait-il dit une bêtise? Est-ce que tout allait redevenir comme avant? Il ne le souhaitait pas. Maintenant qu’ils avaient pu parler de manière cordiale, il ne voulait plus revenir aux insultes et aux coups en douce qui avaient jusqu’alors été le ciment d'une éternelle relation conflictuelle entre eux.

“Drago, je… enfin, Malefoy, je veux dire, je ne sais réellement pas de quoi tu me parles. Je n’essaie pas de me moquer de toi, promis. Explique moi juste simplement les faits…” Il stoppa quelques secondes puis reprit d’un ton plus badin “Tu sais bien que nous, les gryffondors, ne savons pas lire entre les lignes, si tu ne m’explique pas, je ne saurais pas.”

L’ombre d’un sourire se profila sur les lèvres du vert et argent “Potter, sérieusement, tu ne savais même pas? Je veux dire, le baiser, et tout ça… et tu ne savais pas?”

“Savoir quoi?”

“Que je suis gay, par merlin!” Surpris lui-même de son éclat, le serpentard sentit le rouge lui monter aux joues et poursuivit d’un ton plus mesuré “Je pensais que tu savais, et que c’était pour ça que tu… enfin, tu sais. Ne me regardes pas comme ça, Potter! Tu vas sérieusement m’obliger à le dire à voix haute? J’ai cru que c’était pour ça que tu m’avais embrassé, Potter! Rassures moi tu te souviens m’avoir embrassé?”

Harry essaya de forcer son cerveau à traiter les informations qui lui étaient données. Il pris soudainement conscience de la dimension romantique de son acte, à fortiori sur un sujet attiré par les hommes. Il en demeura étourdi quelques secondes et souffla “Je ne savais pas, je n’ai jamais pensé… Merlin, Malefoy, je ne savais pas. Si j’avais su, je…” Il chercha ses mots un instant puis repris “Je n’aurais pas…”

“Dis le, Potter. Assume tes actes.” Le ton était plus menaçant à présent.

“Je ne t’aurais pas embrassé!” s’exclama Harry. Il secoua la tête en répétant “Je ne savais pas, je ne savais pas, je suis désolé…”

“C’est bon, Potter. Pas la peine d’en faire un drame. Tu ne savais pas, je l’ai bien compris. Alors pourquoi diable s’est on retrouvé dans cette situation? Est-ce que tu…”

“Est-ce que je quoi?”

“Bon sang, est ce que tous les gryffondors sont aussi foutrement innocents? Je te demande si tu est gay.”

Le brun cligna des yeux, surpris par la question qu’il ne s’était lui-même jamais posé. Il ne passait pas son temps à baver après les garçons. Mais en était de même pour les filles. Il fronça les sourcils en réfléchissant à la question.

“Se pourrait-il que…” Commença Drago dans un murmure “Se pourrait-il que tu ignore ton orientation sexuelle? N’as-tu pas eu d’expérience en la matière?”

Harry rougit jusqu’à la racine des cheveux, avouant sans le savoir son manque évident d’expérience en la matière.

“Sérieusement? Tu ne peux pas avoir manqué cette horde de fans que tu as! Tu pourrais avoir qui tu veux, si tu le demandais, mais tu n’en a jamais profité? Jamais, jamais?”

Harry grogna “Jamais, jamais! Pour qui me prends-tu? Ces personnes ne me connaissent même pas, il m’apprécient uniquement parce qu’ils croient dans les rumeurs et les articles sirupeux véhiculant des informations qui sont, pour la plupart, fausses. Ils aiment une chimère, bon sang! Je croyais que toi, au moins, tu avais compris que je n’étais pas un genre de super héros sans faille ni reproches… Tu ne m’as jamais traité comme tel! Mais toi, tu croyais que je régnais sur mon petit monde comme une espèce de prince dans son harem”

Il se recula et s'apprêtait à se lever, lorsque Drago lui saisi le bras et le força à lui faire face “Je m’excuse, Potter, d’accord? Je ne pensais pas à mal en te disant ça. Je ne t’aurais pas mal jugé si tu avais pris ce qui t'étais si gracieusement offert. La moitié de l’école bave après toi, par Merlin! Jamais je n’aurais pu imaginer que tu sois si…

"Prude, c’est ça? Le pauvre petit Gryffondor à la masse entouré par une horde de fans préadolescents en délire?"

Drago posa ma main sur la joue du brun “ Comment peux tu être si innocent… et foutrement sexy à fois? Ça me dépasse…” Il fixa les lèvres du brun et se mordit la lèvre, réalisant la portée de ses paroles après coup.

"Tu me trouves… séduisant?" bégaya Harry, effaré. "Depuis quand? Tu m’attaques toujours sur mon physique!"

Drago répondit gêné “Je t’attaque sur ton physique, parce que c’est un de tes points faibles. Ça ne veut pas dire que je pense réellement ce que je dis. Bon sang! Comment peux tu être si foutrement complexé avec un physique pareil?! Ça aussi ça me dépasse!”

- Mais tu as toujours dit que j’étais petit, malingre et que j’avais le charme d’un troll des cavernes!

- Eh bien, j’ai menti, voilà! Et puis quand je critique ton physique, tu ne trouves jamais à répondre à ça, alors admet que tu me tends un peu la perche!

- C’est pas juste : ce n’est pas parce que je ne peux pas t’attaquer sur ton manque de charme ou de sex-appeal que tu dois me charger là-dessus pour autant! C’est carrément déloyal!

- Comme si j’avais déjà été loyal dans nos affrontements, Potter! Tu me prends pour un Gryffondor? Rigola le blond. La force des serpents, c’est justement de savoir frapper là où ça fait mal. Attends, est-ce que tu viens de dire que j’étais charmant et sexy?

- Que, quoi? Non! s’exclama Harry, de plus en plus gêné. Je… je savais que des réflexions là-dessus ne te toucheraient pas, parce que tu es toujours si affreusement suffisant…

- Menteur. Sourit Drago. Donc tu me trouves affreusement séduisant. Il s’approcha d’un pas, se collant pratiquement au Gryffondor avant de lui murmurer : Je ne sais pas Harry, ça me gêne un peu de savoir à quel point tu m’admire secrètement…

- Je… ce n’est pas vrai. Balbutia le brun, de plus en plus troublé.

- Tes réparties manquent cruellement de verve, mon cher. Est-ce que je te trouble à ce point? Ronronna le blond, tout en se penchant pour souffler délicatement derrière l’oreille du brun, qui tressailli. Merlin, Harry, que de temps perdu en disputes quand j’aurais pu tout simplement le passer à te rendre fou de cette manière. Il ponctua sa phase de baisers légers déposés ça et là sur la jugulaire offerte de son camarade.

- Oh… Malefoy! Haleta Harry. Est-tu… en train de … m’allumer? Qu’est-ce que?!

- Oh, mais je ne suis pas en train d’essayer, Harry, je suis en train de réussir… poursuivit le blond dans un murmure un peu rauque, ses lèvres vagabondant à présent derrière l’oreille du brun. Et tu sais, tu n’a qu’à voir ça comme une autre facette de ma merveilleuse personnalité."

Harry sentit le blond sourire dans son cou. Il devait bien admettre que le contact léger de ses lèvres et la proximité indéniable de son corps étaient délicieuses et terriblement tentantes. Il gémit doucement “Drago”.

Son camarade se détourna de son cou pour plonger son regard dans le sien, laissant leurs souffles se mélanger.

"Harry?" Dit il d'une voix caressante. Il voyait bien les yeux troublés de sa némésis, mais il ne voulait pas le brusquer. Il attendit donc sagement que le brun reprenne la parole.

“Je n’ai jamais… tu sais…"

"Non, je ne sais pas. Répondit Drago d'un ton badin. Qu’est ce que tu n’a jamais fait?"

"Rien! Je n’ai jamais rien fait! Ne te moques pas de moi, Malefoy! Tu sais que je suis une putain de nonne"

Le blond rit avec légèreté "Quelle belle manière de formuler la chose… mais je ne me moque pas. Tu saura pour ta gouverne que ça me plait. "

“Ça te plait, que je n’ai jamais…” s'étrangla Harry, surpris.

“Oui” Coupa son vis-à-vis “As-tu déjà embrassé quelqu’un?”

“Je … oui… toi, tout à l’heure…” souffla le Gryffondor, perdu.

“Ça ne compte pas. Il n’y avait aucune passion dans ce baiser. Tu m’a offert ton premier baiser, alors, en récompense, je vais t’offrir ton premier vrai baiser. Tenté?”

Harry était pétrifié. D’un côté, l’offre était vraiment tentante, de l’autre, quelque chose en lui disait que ce n'était pas juste. Parce qu’en vérité il n’était pas amoureux du blond, il ne le connaissait pas assez. En même temps, il avait toujours trouvé le serpentard beau et sexy et ses yeux étaient pratiquement hypnotiques. Et, techniquement, il l’avait déjà embrassé, non?

Il fit courir sa main sur la peau douce et pâle du blond, appréciant sa texture et sa chaleur du bout des doigts. Puis ses mains se perdirent sur ses lèvres et un halètement léger fit écho à ce geste. Il avait définitivement envie de l’embrasser.

Il s’approcha jusqu’à ce que sa bouche ne se trouve qu’à quelques centimètres de sa sœur jumelle et ferma les yeux, alors que le blond comblait la distance entre eux, posant un baiser léger , puis deux puis trois. Lorsqu’il entendit le rouge et or grogner contre sa bouche, il ne put s’empêcher de sourire contre lui, avant de capturer la lèvre inférieure du brun entre les siennes. Harry gémit à ce contact, encourageant sans le savoir Drago à continuer.

Le blond ne se fit pas prier, et, se rapprochant encore, approfondit le baiser, une main perdue dans le dos de son partenaire et l’autre dans ses boucles folles. Il sentait bien que l’autre appréciait le baiser et en était flatté et bêtement ému en tenant Harry contre lui. Jusque là, Potter était le garçon-qu’il-ne-pouvait-pas-avoir. L’intouchable. Pourtant, ils avaient gentiment badiné et il était là, dans ses bras, le goûtant, l’enivrant plus sûrement que de l’alcool…

Lorsqu’ils se séparèrent, ils étaient tous les deux rouges, échevelés et incontestablement excités.

Replaçant une mèche d’ébène derrière l’oreille de son propriétaire, Drago sourit : “Maintenant, tu ne pourra plus dire que tu es une nonne. As-tu aimé ton premier vrai baiser, Harry?”

“Oui… J’ai aimé ça…”

“Eh bien, tu sais que tu aime embrasser des garçons. C’est un bon début, tu ne crois pas?”

Harry sourit “Peut-être que j’aime seulement embrasser les serpentard sexy… “

“Dans ce cas, il me semble qu’une étude reste à entreprendre, n’est-ce pas?” sourit doucement le blond

“Une étude très sérieuse…” souffla le brun

Drago éclata d’un rire joyeux. “Je suis content que tu m’ai suivi aujourd’hui. Je crois… que je pourrais vraiment t'apprécier, tu sais? Tu me plaît bien lorsque tu n'essaie pas d’être parfait. Et tu est beaucoup plus drôle que ce que je croyais.”

“Que de qualités pour un Gryffondor! Mais je comprends ce que tu veux dire. On est tous un peu différents lorsque les regards convergent vers nous. Et nous deux, on est peut-être trop habitué à cette attention constante. Tu te montres plus dur et froid que tu ne l’es et moi, j’ai peur qu’en montrant mes mauvais côté, tous ces gens qui m’adulent se retournent contre moi et que ceux qui veulent ma perte voient mes faiblesses et s’en servent pour me nuire.”

Le serpentard fronça les sourcils “Tu ne te sens pas en sécurité à Gryffondor?”

Harry cligna des yeux, surpris “Quoi? Non, je… Tu sais, Drago. Au cours de ces dernières années et depuis le début à Poudlard, dès que je sors des sentiers battus, les gens se retournent contre moi. Tu te rappelles du tournoi?”

Drago eut la bonne grâce de rougir “Oui… A ce propos…”

Harry le coupa “Non, pas la peine de t'excuser, c’est du passé. Mais tu n’a pas été le seul. Et ce n’était même pas moi qui avait mis mon nom dans la coupe. C’était Fol-Œil.”

“Fol-Œil?” Les yeux du serpentard s’écarquillèrent “Celui qui m’a transformé en… en…”

“Honnêtement, Malefoy, pour le coup tu l’avais bien cherché. On attaque pas les gens par derrière, serpentard ou pas… mais tu sera peut-être rassuré de savoir que cette punition était sortie tout droit de l’esprit d’un mangemort sous polynectar. D’où la dimension cruelle et humiliante.”

“Mes parents en sont. Tu le sais, n’est-ce-pas?”

“Oui, je sais. Mais je ne peux pas te juger. Mes parents à moi sont morts. Et je ne les ai jamais vraiment connu. J’avais seulement un an quand c’est arrivé,comme tu le sais. Et lorsque je vois des photos, je suis ému parce que j’aurais vraiment voulu les connaître, mais je ne peux m’empêcher de me sentir comme devant des inconnus, tu vois? Alors qu’ils ont tout sacrifié pour que je vive. Et je trouve ça vraiment affreux, et tellement triste…”

“Harry…” Souffla le blond avant de saisir la main du rouge et or dans la sienne “Ce n’était pas de ta faute. Tu n’avais aucun pouvoir décisionnel à ce moment là. C’était leur choix. Et ils l’ont fait en toute connaissance de cause. Tu as de la chance de les avoir eu un jour dans ta vie, même s’il t’ont été arrachés trop tôt. Moi, mes parents me sacrifieraient pour sauver leur vie plutôt que je contraire… En fait, ils… ils aiment juste l’image que je leur renvoie, je suppose. Et ce pour la bonne raison que je leur renvoie l’image du fils qu’ils voulaient. S'ils me connaissaient vraiment, ils m’abhorreraient sans aucun doute.” Son ton était triste, mais ses yeux restaient sec. C’était simplement une constatation douloureuse. Un fait.

“Tu crois que s’ils savaient pour… tes goûts ils te chasseraient de chez eux?”

“S’ils n’avaient pas de projets pour moi, certainement. Mais en l’état actuel des choses, je ne sais pas. En tout cas, j’ai un peu de marge de manœuvre tant qu’ils n’auront pas d’autre héritier…”

“Tu pense qu’ils te forceront à intégrer leur… “ Harry chercha ses mots, et faute de vocabulaire plus adapté, il tenta “Club?”

“Sérieusement, Potter, il n’y a que toi pour parler des mangemorts comme s’il s'agissait d’une bête réunion de fans d’horticulture! Mais oui, je pense que leur plan est que je rejoigne leur “club”, comme tu dis. Mais, comme je te l’ai dit, j’ai encore un peu de marge de manœuvre, alors je fais au mieux en attendant une solution plus… pérenne.”

“Tu ne veux pas en être.” C’était une constatation plus qu’une question, mais Drago hocha tout de même la tête pour la forme. Harry reprit, curieux “Mais est-ce que le fait d’aimer les hommes n’est pas mal vu? Tu sais, pour “avoir des héritiers” comme tu le dis si bien, il faut… eh bien il faut passer à l’acte avec une femme, alors…”

Drago se massa les sourcils, l’air soudain lasse et répondit d’une voix atone “C’est bien là le cœur du problème. Etant donné que la pureté du sang est un peu leur fond de commerce, inutile de ricaner, l’adoption n’est pas une option, l’homosexualité est plus ou moins tabou dans les familles de sang pur. Il nous considèrent comme une sorte de monstre, au même titre que les vampires et les loups garous… ou les cracmols, ou tout être qui peut menacer d’une manière ou d’une autre la transmission d’un sang aussi pur que possible. Je trouve ça assez réducteur pour ne pas dire stupide, mais, tant que je serais sous la coupe de mes parents, je ne saurais exprimer mes opinions, ce serait de l’inconscience.”

Harry frissonna. Monstre. Le mot utilisé par le serpentard faisait remonter des souvenirs. De mauvais souvenirs. Il se rappelait encore cruellement des années de son enfance où c’était lui le monstre, l’anormal. Et cette information lui avait été tellement rabâchée qu’il avait fini par y croire lui-même. Il lui avait fallu des années, à son arrivée à Poudlard, pour ne plus se sentir comme un être inférieur, et il savait que, même à ce stade de sa scolarité, il lui arrivait d’agir simplement pour prouver à tous et à personne en particulier qu’il n’était pas comme ça. Qu'il valait plus, qu’il était utile, à sa manière.

Anormal... comme si les gens devaient à tout prix s'enfermer dans des normes stupides et arbitraires.

Ce qui sonnait bien, dans le mot magie, c'était justement l'idée d'absence de limites, non?

Il se demanda comment cela se passait, dans une famille comme celle de Drago, où les apparences étaient plus importantes que les idées. Où la forme était plus importante que le fond. Et, quelque part, il se dit que cela devait ressembler à sa propre parodie de vie chez les Dursley, si il avait pu se conformer à leurs attentes, si ce que ses moldus lui reprochaient n’avait été que dans ses actions, il aurait probablement agit de manière à se faire accepter. Mais dans son cas, le problème était inhérent à sa personne, et tout ce qu’il aurait pu tenter n’aurait servi à rien. On est ce qu’on est, on est pas ce que l’on est pas. Alors il avait appris à accepter le fait qu’il était foncièrement le cœur du problème, qu’il n’y avait rien à y faire, et qu’il serait toujours “le garçon de trop”, la pièce du puzzle qui, n’entrant dans aucune case, n’avait pas d’utilité propre.

“Potter, tu es avec moi?” L’interpella Drago avec douceur.” Ça fait quelques minutes que tu es dans tes pensées, et, vu ta tête, elles n’ont pas l’air agréables…”

“Je pensais simplement à ma famille moldue... “

“Ce doit être des gens charmants, vu de ton air maussade…”

“Pas vraiment, non” Répondit Harry sans prendre en compte l’ironie de sa remarque “Ils me détestent, tu sais. Profondément. Ils ne m’ont jamais aimé, ou même accepté. Ils m’ont tout juste toléré et m’ont bien fait sentir que je devais leur être redevable de chaque bouchée de nourriture qu’ils me donnaient.”

“Tu plaisantes, pas vrai? Tu es Harry Potter, tous les sorciers et les sorcières connaissent ton nom. Tu es célèbre. J’ai toujours cru que ta famille t’adulait, te chérissait et passait absolument tous tes caprices. Ça m’a toujours rendu jaloux, d’ailleurs, quand j’étais enfant.”

Harry eut un rire sans joie. “Tu sais ce que j’ai toujours désiré? Me fondre dans la masse. Avoir une famille qui m’aime, des parents comme tout le monde, et des amis qui rechercheraient ma compagnie parce qu’ils m’ appréciaient, et pas parce que, à une époque dont je n’ai aucun souvenir, j’avais défait un terrible mage noir en perdant mes deux parents dans la foulée! Je suis un adolescent normal! Je n’ai pas de super pouvoirs, je ne suis pas un leader sans défauts et sans reproches : je suis juste un adolescent qui a du grandir trop vite…”

Après cette tirade, Harry était un peu essoufflé et Drago le regardait comme si il lui avait poussé une deuxième tête. Il n’en croyait pas ses oreilles. Alors c’était ça, la super famille de super-Potter? Il n’aurait jamais cru ça, si il l’avait entendu d’une autre bouche. Mais il savait que Harry ne mentait pas, il était trop entier, trop sincère pour ça. Et il se surprit à espérer en entendre encore davantage sur le survivant. Pourtant il s’était toujours contenté des informations faussées qu’il entendait ça et là, au fil des rumeurs. Il se rendit compte qu’il ne valait pas mieux que les chiens-chiens qui constituaient la suite de Potter, et cet état de fait le rendait furieux envers lui-même, pour une raison qu’il n’arrivait pas encore à cerner.

“Potter, je… je suis désolé.”

Le brun le regarda avec un air stupéfait. Il s’expliqua :

“Je suis désolé de t’avoir jugé selon les apparences et les rumeurs. Merlin sait que, si je me jugeait de la même façon, je serais loin de la vérité, pourtant, j’ai cru, d’une certaine manière, que tu étais toutes ses choses qui, je le vois maintenant, te font horreur. Le golden boy parfait avec sa petite vie parfaite et ses amis parfaits, saint Potter, et ça m’allait très bien comme ça. Je ne me suis jamais posé de question là-dessus. Je n’ai pas cherché à voir plus loin que le bout de mon nez, et je crois que ça me place dans le même panier que tous ses gens qui pensent de connaitre, sans chercher à le faire vraiment. Alors, je suis désolé. Et je veux que tu saches que je ne veux plus faire partie de ces gens-là. Je serais honoré de faire ta connaissance en bonne et due forme, cette fois. Tu es tellement plus intéressant avec tes imperfections, Harry. Ne laisse jamais personne te laisser croire le contraire. J’aime ton côté emporté, un peu naïf et attachant, j’aime ton côté passionné et parfois un peu frondeur. Tu n’as pas à être une personne en deux dimensions. Tu n’a pas à essayer d’être parfait avec moi, car tu ne sera jamais aussi parfait à mes yeux qu’avec tes imperfections naturelles.”

Ouah. Harry était soufflé de cette déclaration. Il ne savait pas quoi répondre. D’une certaine manière, il se sentait précieux à cet instant, en tant qu’être humain, plus qu’il ne l’avait jamais été par le passé.

“Je vois que je t’ai gêné” Dit Drago avec un petit rire “Mais je le pense. Je veux vraiment te connaître.”

Harry se contenta d’hocher la tête, trop touché par ces paroles. Le sourire de Drago s’agrandit et il déposa un gentil baiser sur le front de son nouvel ami, juste à côté de la cicatrice qui le définissait aux yeux de tellement de gens.

C’est à ce moment précis que la porte s’ouvrit sur un autre serpentard qui attirait inexorablement l’attention du Gryffondor

Sévérus Rogue arborait un teint encore plus pâle qu'a l'accoutumée, en avisant les deux jeunes gens collés l’un à l’autre, et sa bouche s’était arrondie en un ‘o’ de surprise. En voyant son air passablement choqué, on pouvait deviner sans trop s'avancer qu'il n'approuvait pas vraiment ce soudain rapprochement inter-maison, comme n'aurait pas manqué de l'appeler Dumbledore, s'il le savait ,ce qui était, bien entendu, le cas, car il savait toujours tout.

Rogue opta alors soudain pour un grognement méprisant, avant de tourner les talons dans un balai de pans ténébreux, et partit dans un claquement de cape digne de Copperfield.

Harry pensa avec effarement que pour un tel effet, il fallut qu'il jette un sort à ses robes austères et se fit la réflexion incongrue que c’était peut-être le cas.

Drago le tira de ses pensées par un baiser planté innocemment sur sa joue avant de partir d’un pas assuré, après un dernier clin d’œil au survivant accompagné d’un “on se voit tout à l’heure”.

Un peu à la manière d'un automate, il se dirigea lui aussi vers la porte pour sortir de cette salle où il était à présent seul, méditant sur les événements qui venaient de s’y dérouler...

Il se demandait vaguement ce qui l'avait le plus chamboulé : embrasser sans aucune pudeur son ennemi de toujours, ou bien se faire pincer par son professeur honni, sur lequel il avait pu en apprendre un peu plus par le biais de la lecture de son journal intime d'adolescent.

Il savait que celui-ci ne le savait pas en sa possession et qu’il n'apprécierait certainement pas que son élève honni y fourre son nez... Ledit journal avait dérobé sans que Rogue le sache, ce qui était fort heureux, car il aurait tout tenté pour remettre la main dessus s’il l’avait su et aurait probablement détruit l’ouvrage tout de suite après l’avoir retrouvé, se laissant juste de temps d’infliger assez de retenues à Harry pour l’occuper pour le restant de sa misérable scolarité.

Avisant l’heure avancée, et sachant que, de toute façon, il venait de rater une partie de ses cours de la matinée, le survivant décida finalement de fermer la porte et d’aller s'installer confortablement dans un coin de la salle, en sortant l'ouvrage en question de sa besace, et pour continuer sa lecture précisément là où il l'avait abandonnée la veille au soir…
Note de fin de chapitre :

La suite au prochain épisode...
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