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News

Programme de juillet des Aspics


Bonsoir à toustes !

Un peu de lecture pour vous accompagner en cette période estivale... Vous avez jusqu'au 31 juillet pour, d'une part, voter pour le thème de la prochaine sélection ici et, d'autre part, lire les textes de la sélection "Romance" du deuxième trimestre 2024, et voter ici !

Les sélections sont l'occasion de moments d'échange, n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé sur le forum ou directement en reviews auprès des auteurices !


De L'Equipe des Podiums le 11/07/2024 22:30


Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Pour te ramener par Wynhilde

[26 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bon, là encore, j'ai été stimulé par un défi: faire passer Hermione, la douce et tendre Hermione du côté du mal...
Et bien sûr, il n'y a que pas amour qu'elle serait capable d'une telle chose...

La pauvre, je ne lui épargne vraiment rien!!!




Un cri. Un cri qui n’en finissait pas. Un cri d’agonie, de désespoir et de rage impuissante. Le cri d’un animal blessé à mort. Hermione ne pouvait pas s’arrêter de crier.

- NOOOOOOOOOOOOON ! hurlait-elle.

Elle courait, elle courait, elle courait. Et tout en courant, elle criait. Il fallait qu’elle arrive à temps, il le fallait. Cinq silhouettes sombres se détachaient dans le crépuscule et des éclairs lumineux fusaient de tous côtés. Hermione courait comme si sa vie en dépendait. Sauf qu’en fait, ce n’était pas sa vie à elle qui était en jeu. Il fallait qu’elle fasse cesser cette folie. Elle criait toujours, sans même en avoir conscience, mais de toute façon, aucun des protagonistes du drame qui se jouait ne se souciait de ses cris.
Si, en fait, il y en avait un pour qui ce cri était plus important que le combat auquel il participait. Il se tourna vers elle. Elle n’était plus qu’à quelques mètres de la mêlée maintenant.

- Hermione ! Reste en dehors de ça, s’il te plaît ! supplia-t-il.

Mais cette seconde d’inattention fut fatale au jeune homme. Un de ses assaillants venait de lui jeter un sort qui le projeta au sol. Hermione voulut crier à nouveau, mais sa voix ne lui obéissait plus. D’un seul regard, elle évalua la situation. Ginny, Ron et Harry se tenaient côte à côte, l’air farouche et la baguette au poing. En face d’eux, Lucius Malefoy restait immobile comme une statue, stupéfixé par un sort de Harry. Et au sol, visiblement blessé, Drago essayait vainement de se redresser. Hermione n’avait plus que quelques pas à faire pour que ses amis se rendent compte de sa présence. Elle pourrait alors leur expliquer que Drago n’était pour rien dans tout cela. Que ce n’était pas lui qui avait fait pénétrer son père dans le parc de Poudlard. Leur expliquer que Drago n’était pas un Mangemort. Et leur expliquer qu’elle l’aimait. Qu’ils allaient partir, tous les deux. Partir loin du monde de la magie. Que ce n’était plus leur guerre. Qu’ils avaient choisi de vivre et de s’aimer.

Mais elle ne pouvait plus bouger, figée par une horreur sans nom. Ron, Ronald Weasley, son ami, venait de lever sa baguette à nouveau, et avait crié :

- ENDOLORIS !

Et Drago, cloué au sol, se tordait de douleur. Hermione était tout aussi incapable de bouger que si elle avait également été stupéfixée. Les yeux écarquillés, elle ne pouvait que contempler celui qu’elle aimait agoniser, sous la pire des tortures. Ce fut Ginny qui finit par réagir.

- Ron, arrête ! cria-t-elle d’une voix rendue suraiguë par la peur et l’incompréhension.

Mais son frère ne semblait pas l’entendre. Ginny réussit alors à secouer sa torpeur et saisit le bras du jeune homme pour le forcer à interrompre son maléfice. Ron la repoussa violemment mais elle réussit à lui arracher sa baguette. Le geste de Ginny avait permis à Hermione de redevenir maîtresse d’elle-même. Elle se précipita vers Drago qui gisait sur le sol comme un pantin désarticulé. Elle s’agenouilla à côté de lui.

- Drago, mon Amour… Je suis là, c’est fini…

Avec précaution, elle saisit son visage meurtri entre ses mains et posa délicatement sa tête sur ses genoux.

- Drago… supplia-t-elle. Est-ce que tu m’entends ?...

Pour toute réponse, il ferma les yeux une brève seconde. Un filet de sang s’écoulait de sa bouche. Stupéfaits par l’intervention d’Hermione, les trois autres contemplaient la scène sans comprendre. Drago poussa un faible gémissement. Il était vraiment très mal en point. Hermione qui avait lu des choses atroces sur les conséquences possibles d’un Doloris (lésions internes, hémorragies cérébrales, etc…), commença à paniquer totalement.

- Drago, reste avec moi ! Drago j’ai besoin de toi, ne me laisse pas, je t’aime…

Le jeune homme, au prix d’un terrible effort, parvint à articuler :

- Moi aussi je t’aime.

Cette phrase fit l’effet d’un électrochoc à Ron. Sans réfléchir, il se tourna vers Harry qui tenait toujours sa baguette à la main, et la lui arracha. Il la pointa sur Malefoy et prononça :

- Sectumsempra !

Hermione hurla, plaquant ses mains sur la poitrine de son amant, mais elle était impuissante à empêcher le sang s’écouler à gros bouillons de la blessure qui venait de se rouvrir. Elle sentit sa raison vaciller. Non, Drago ne pouvait pas mourir ! Mais le sang, tout comme la vie, continuait à s’échapper de sa poitrine. Hermione ne pouvait que contempler, glacée d’horreur, le fluide rouge qui s’écoulait sur le sol. Incapable de détacher ses yeux de la blessure béante, elle n’avait plus conscience de se qui se passait autour d’elle. Soudain, elle se sentit flotter dans l’air et se rendit compte que c’était effectivement le cas. Le corps de Drago flottait à côté du sien. Elle ferma les yeux. Plus rien, n’avait d’importance du moment qu’elle était avec Drago.

Ce n’était pas l’avis de Ron, Harry et Ginny, mais ils avaient été réduits à l’impuissance. Quand Ron avait arraché sa baguette à Harry, il avait du même coup levé le sortilège de Stupéfixion qui frappait Lucius Malefoy. Celui-ci avait réagi immédiatement. D’un geste précis, il avait fait tomber sur les trois amis un filet qui les entravait totalement, puis il avait fait léviter Hermione et Drago, les entraînant à sa suite vers la grille du parc. Quand Harry avait réussi à s’extirper du filet qui l’emprisonnait, cela avait été pour voir Lucius transplaner, emmenant avec lui son fils blessé, mais aussi, Hermione !



************



Combien de temps Hermione resta-t-elle plongée dans l’inconscience ? C’était impossible à dire. Quand elle réussit à entrouvrir les yeux, elle aperçut une silhouette penchée au-dessus d’elle. Une cape verte, une masse de cheveux blonds… Drago ! Elle avait refermé aussitôt les paupières, éblouie par la lumière, alors qu’elle avait passé si longtemps dans l’obscurité. Cependant, au prix d’un immense effort de volonté, elle parvint à les rouvrir, tout en murmurant le prénom de celui qu’elle aimait. Mais la personne qui veillait sur son sommeil secoua doucement la tête. Ses traits devinrent moins flous et Hermione comprit enfin de qui il s’agissait. Narcissa Malefoy !

- Chut… murmura celle-ci. Reposez-vous. Vous êtes en sécurité ici…

- Drago… gémit Hermione. Je veux voir Drago !...
Narcissa se mordit les lèvres et fit avaler à la jeune fille sans défense une potion qui la réexpédia aussitôt dans un sommeil sans rêves.




*************



Une semaine entière s’écoula avant que la jeune fille ne revienne définitivement à elle. Elle n’avait pas été blessée, aucun sortilège ne l’avait touchée durant la bataille. Mais la vision du corps martyrisé de Drago avait créé un traumatisme qu’elle ne parvenait pas à surmonter. Elle fut en proie à la fièvre et au délire pendant six jours complets. Durant tout ce temps, Narcissa la veilla avec la patience et le dévouement d’une mère. Le septième jour, Hermione reprit progressivement conscience, mais elle était trop faible pour sortir de son lit. Au début, elle crut qu’elle avait rêvé. Mais non : c’était bien Narcissa Malefoy qui se tenait à ses côtés, lui donnant à boire quand elle avait soif, et qui lui prenait la main pour la rassurer quand ses angoisses revenaient.

Hermione ne parvenait pas à poser la seule question qui lui venait à l’esprit. Elle avait trop peur de la réponse. Dans sa tête, résonnaient à l’infini les cris de douleur de Drago ; le sang qui s’échappait de son corps supplicié emplissait son champ de vision d’une couleur vermeille et poisseuse. Hermione secoua la tête pour chasser ces images. Elle ouvrit la bouche pour parler. Au lieu de la question redoutée, c’est celle-ci qui franchit ses lèvres :

- Je suis votre prisonnière ?

Dans l’esprit d’Hermione, c’était d’ailleurs plus une constatation qu’une interrogation. Pourtant Narcissa secoua doucement la tête, un voile de tristesse passant sur son beau visage.

- Non. Vous êtes notre invitée…

Hermione renonça à essayer d’analyser ce que cette phrase impliquait. Elle avait si mal à la tête… Comme si des pinces chauffées à blanc étaient appuyées sur ses tempes. Elle ne pouvait penser à rien d’autre qu’à cette douleur, et à cette question, lancinante, insupportable, et que pourtant elle ne parvenait pas à formuler. Quand elle voulut parler à nouveau, Narcissa ne lui en laissa pas le temps, préférant lui couper la parole que d’entendre les mots fatidiques :

- Vous devriez manger un peu et vous rendormir… Je vous laisse…

Et sans qu’Hermione puisse faire quoi que ce soit pour l’en empêcher, elle quitta la chambre.



************



Pourquoi n’était-ce pas Drago qui l’avait soignée ? Où était-il ? Il fallait qu’elle le voie. Hermione dédaigna le potage que Narcissa lui avait laissé et se leva. A peine ses pieds touchèrent-ils le sol qu’elle chancela et tomba rudement à terre. Alertée par le bruit, la maîtresse de maison revint aussitôt dans la chambre. Elle y trouva la jeune fille étendue à terre, qui essayait en vain de se relever. Elle lui tendit une main secourable, et Hermione réussit enfin à se redresser. Narcissa la guida pour qu’elle se rassoie sur le lit. Hermione balbutia :

- Je dois voir Drago… Où est-il ?

Narcissa s’était assise sur le lit à côté de la jeune fille. Elle ne répondit rien et baissa la tête. Hermione finit par comprendre qu’elle pleurait silencieusement.

- Non ! s’écria-t-elle. Non ! Ce n’est pas possible ! Il ne peut pas être…

Ses lèvres se refusaient à prononcer le mot fatal. Mais Narcissa hocha douloureusement la tête.

- Si… murmura-t-elle.

Elle continua à parler, mais Hermione n’entendait plus ce qu’elle disait. Le monde venait de s’écrouler autour d’elle. Elle était seule, au bord d’un gouffre immense. Autour d’elle tout n’était que destruction, mort et barbarie. Il aurait été si simple de se laisser glisser dans le gouffre. Tout aurait été fini. Elle aurait oublié. Elle n’aurait plus souffert. Mais non ! Elle n’avait pas le droit ! Pas le droit d’oublier Drago. Pas le droit de l’abandonner. Elle devait vivre. Vivre et le venger. Ses poings se crispèrent quand elle revit le visage de Ron, déformé par la haine, lorsque il avait lancé le sort mortel. Il devait souffrir. Autant que Drago avait souffert. Autant qu’elle souffrait. Il n’y avait pas de pardon envisageable. Juste le voile rouge de la haine qui recouvrait tout. Quelle ironie ! Leur amour avait commencé avec le Sectumsempra de Harry et s’était achevé avec celui de Ron. Hermione se leva à nouveau. Cette fois, elle tenait fermement sur ses jambes.

- Je veux voir son corps, souffla-t-elle.



****************



A peine plus pâle qu’à l’accoutumée, les traits détendus, le visage serein, Drago semblait dormir. Une goutte vint s’écraser sur le cercueil de cristal. Hermione pleurait. Ses larmes inondèrent bientôt la vitre qui séparait le corps du jeune homme du monde extérieur. Hermione ne pouvait même envisager qu’un jour elle s’arrêterait de pleurer. Elle était une rivière de larmes, une mer de désespoir. Le fluide lacrymal était comme un acide qui rongeait sa peau et dévorait son âme. Hermione n’existait plus. Elle était morte. Morte et ensevelie dans une tombe de verre. Mais elle respirait encore. Son cœur battait. Et ses larmes coulaient, coulaient, coulaient. Sans s’en apercevoir, Hermione avait chu à genoux. Elle sanglotait toujours éperdument, son corps frêle à peine soutenu par la bière transparente. Elle était morte mais elle devait vivre. Non, elle était vivante mais elle voulait mourir. Elle ne savait plus.


Elle voulait que Ronald Weasley souffre.


Qu’il souffre et qu’il souffre encore, à l’infini et plus encore. Elle voulait être celle qui le ferait souffrir. Alors seulement elle pourrait mourir. Seule la douleur mortelle de son ancien ami pourrait apaiser l’incendie qui ravageait son âme.



*******************



Sur le seuil de la crypte, Narcissa Malefoy échangea un regard avec son mari. Cela faisait cinq heures complètes que la jeune fille pleurait sans discontinuer, effondrée sur le cercueil de leur fils. Lucius prit une profonde inspiration et entra dans le caveau. Il s’agenouilla à côté d’Hermione, qui semblait ne même pas avoir noté sa présence. Il laissa son regard s’attarder sur le visage apaisé de Drago.

- Tu pourrais le ramener, si tu voulais…

Hermione daigna enfin se tourner vers lui.

- Non. Vous savez bien que c’est impossible… murmura-t-elle d’une voix brisée.

Lucius la regarda droit dans les yeux, d’un regard qui aurait fait trembler un aveugle. Mais Hermione était au-delà de la peur, de l’effroi ou de la simple crainte. Hermione était au-delà de tout sentiment.

- Tout est possible. La magie n’a pas de limites. Ce sont tes pouvoirs qui en ont. Mais il est un Sorcier dont les pouvoirs ne sont presque plus soumis à ces limites. Avec ton aide, si le Seigneur des Ténèbres triomphe, il aura vaincu la mort. Et il pourra ramener Drago.

La raison d’Hermione vacilla. Avait-elle bien compris ? Lucius venait-il réellement de lui faire une pareille proposition ? Si la situation n’avait pas été si dramatique, elle aurait eu envie de rire. Croyait-il réellement qu’elle mordrait à pareil hameçon. Nul ne pouvait ramener Drago, elle le savait pertinemment.
Narcissa vint s’asseoir à sa gauche, évitant soigneusement le regard de son mari. Sa voix tremblait.

- Hermione, supplia-t-elle. Vous pouvez le ramener… Je vous en prie… Sauvez mon garçon !

Hermione se tourna vers elle. Ce qu’elle lut dans ses yeux n’était pas la ruse et la malice d’un Mangemort. C’était l’angoisse et le désespoir d’une mère, une mère qui avait vu mourir son fils unique. Hermione s’entendit dire malgré elle :

- Que dois-je faire ?



****************



Voldemort fixait le vide devant lui et ses prunelles rouges brillaient d’un éclat malfaisant. C’était somme toute assez amusant… les hasards de l’existence ! Il ne s’en lasserait jamais… Et c’était bien pour cette raison qu’il comptait vivre éternellement. Amusant, vraiment, la façon que l’histoire avait de se répéter… Une nouvelle fois, celui en qui ses ennemis avaient eu toute confiance allait les trahir. Une nouvelle fois, un Gardien du Secret allait lui révéler l’information clé qu’il lui fallait pour en finir avec Potter. Mais cette fois, ce serait la bonne. Ce gamin n’avait survécu jusqu’à présent que grâce à sa chance insolente. Et sa chance l’avait abandonnée. Ou plutôt son amie Sang-de-Bourbe. Oui, cela aussi était plutôt amusant quand on y pensait. Il allait asseoir sa domination sur les moldus et les sorciers grâce à une Sang-de-Bourbe. Il savait bien que la pureté du sang n’avait en réalité aucune importance. Seul comptait le pouvoir. Et cette fille en avait beaucoup : elle avait la connaissance qui lui manquait, et elle allait la lui donner, de son plein gré.


Une porte s’ouvrit et Lucius entra, Hermione sur ses
talons. Il était trop tard pour reculer, mais de toute façon, Hermione n’en avait aucune envie. Le Mangemort lui avait expliqué sommairement leur plan, et il lui avait promis qu’ils la laisseraient s’occuper personnellement de Weasley. Hermione n’en demandait pas plus. Elle suivit l’exemple de son initiateur et s’agenouilla devant le Seigneur des Ténèbres. Celui-ci prit son visage entre ses mains décharnées et plongea son regard sanglant dans celui de la jeune fille.
Elle eut l’impression que sa tête allait exploser. Elle savait ce qu’il faisait, elle s’y était préparée, n’ayant plus rien à cacher. Mais elle n’aurait jamais cru que cela ferait aussi mal. Voldemort enrageait. Il cherchait dans l’esprit de sa victime l’adresse où se cachait Potter, les dispositifs de sécurité qu’il avait mis en place, le nombre d’ennemis à combattre, et tout ce qu’il voyait, c’était les mêmes images, la mort de Drago Malefoy, encore et encore, qui défilait en boucle sous ses yeux. Et il pouvait sentir le désarroi de la jeune fille, sa peine, son chagrin, ce vide en elle que rien ne pourrait jamais combler. Il ne comprenait pas ces sentiments. Il y avait si longtemps qu’il n’aimait plus. Avait-il même jamais aimé ? Ses yeux se rétrécirent, semblables à deux fentes, et sa volonté se fit plus implacable encore. Il fouilla dans les méandres de l’esprit d’Hermione, saccageant sa conscience sans se soucier de sa douleur, jusqu’à ce qu’il trouve les informations qu’il lui fallait. Alors il la lâcha et elle s’effondra au sol.

D’un geste négligent, il fit signe à un de ses serviteurs d’approcher.

- Elle est des nôtres, à présent. De corps et d’âme.

Lucius voulut intervenir.

- Est-ce bien nécessaire ?

Il n’avait pas l’habitude de céder à la pitié, mais il trouvait que la jeune fille en avait déjà suffisamment enduré. Mais Voldemort se contenta de hocher la tête.

- Evidemment voyons ! Comment pourrions-nous avoir
confiance en elle, sans cela ? Et je te rappelle que c’est ton idée…

Deux hommes en noir relevèrent la jeune fille et la traînèrent jusqu’à une table de pierre où ils la forcèrent à s’asseoir. Ils relevèrent sa manche et Voldemort s’approcha, d’un pas nonchalant. D’un geste souple et vif à la fois, il posa l’extrémité de sa baguette sur le poignet gauche de la jeune fille. Des volutes sombres s’y dessinèrent, traçant lentement une forme macabre. Hermione essaya de se soustraire à la poigne de fer des hommes qui la tenaient, mais c’était peine perdue. Du feu liquide se répandait dans ses veines, brûlant son corps de l’intérieur, de la lave en fusion qui ravageait son être et son âme. Elle pensa mourir sous l’effet de cette douleur insoutenable. Elle le souhaita. Mais elle vivait toujours et la douleur paraissait ne jamais vouloir cesser. Son corps était en feu, et en même temps, des milliards de pointe de glace semblaient s’enfoncer dans sa chair. Ses yeux allaient jaillir de ses orbites, sa cervelle allait exploser, ses viscères, transformées en matière incandescente, allaient se répandre au sol. Et puis, aussi soudainement qu’elle était apparue, la douleur reflua. Les deux hommes lâchèrent Hermione, et elle s’effondra sur la table. Son corps disloqué ne lui obéissait plus. Son regard tomba sur la Marque qui s’étalait sur son poignet. Elle était encore bordeaux, mais elle commençait à virer au noir. Hermione eut envie de vomir.



- Bien, bien, bien…

La voix de Voldemort était enjouée, légère. Il avait l’air de bien s’amuser.

- Et maintenant que cette petite formalité est accomplie… Appelons les autres, et que les réjouissances commencent !

Mais, tandis qu’il se penchait pour saisir à nouveau le poignet de la jeune fille, Lucius Malefoy s’avança, la manche gauche relevée. Hermione respira un peu plus librement. Elle était prête à tout, absolument tout, pour ne pas connaître à nouveau cette douleur atroce. Voldemort eut un rictus cruel.

- De la pitié, Lucius ? Cela ne te ressemble pas…

- Pourquoi aurais-je pitié ? mentit-il. Non, mais nous avons besoin d’elle, il faut qu’elle soit en état d’agir…

Voldemort eut un instant d’hésitation pendant lequel Hermione sentit son cœur s’emballer, mais finalement, il apposa sa baguette sur le poignet du Mangemort. Hermione le vit serrer les dents pour ne pas gémir sous la douleur, et elle eut honte. Mais il était trop tard. Des dizaines de Mangemorts venaient de transplaner autour d’eux.



*********************


Le Terrier était en flammes. Ses occupants, éparpillés dans le jardin, tentaient de résister à l’attaque dont ils avaient été victimes en pleine nuit. Mais ils étaient totalement submergés par le nombre des Mangemorts. Harry et Ginny se battaient vaillamment, côte à côte. Bill et Fleur faisaient également preuve d’une redoutable efficacité. Mais cela ne suffirait pas : ils étaient trop peu nombreux pour espérer vaincre.


Un peu en retrait de l’action, Hermione se tenait immobile, ne cherchant même pas à retenir les larmes qui dévalaient sur ses joues. Soudain, une voix bien connue résonna à ses oreilles. Elle fit volte-face. Ron pointait sa baguette sur Lucius. Celui-ci avait perdu la
sienne au cours de la mêlée. Ron hurla :

- Sectumsemp…

Il ne finit jamais son incantation. Hermione n’avait même pas eu à réfléchir, en fait elle n’avait même pas eu conscience de faire quoi que ce soit. Le mot fatal avait franchi ses lèvres sans même qu’elle s’en rende compte. C’était pour cette raison qu’elle vivait. Prononcer ce sort était désormais plus simple pour elle que le fait de respirer.

- Endoloris.

Elle n’avait pas hurlé, son ton n’était ni agressif ni haineux. Elle faisait ce qu’elle avait à faire, simplement, sans passion ni rage. Elle regardait sans la voir sa victime se tordre de douleur sur le sol. Cela dura longtemps. Quand Ron finit par s’évanouir, elle ne lui laissa pas le temps de revenir à lui.

- Avada Kedavra, énonça-t-elle posément.

Lucius ne parvenait pas à détacher son regard du visage de la frêle jeune femme. Il avait conscience d’avoir contribué à faire d’elle une meurtrière, et, étrangement, cela ne lui procurait aucune satisfaction.



La scène plongea soudainement dans un silence surnaturel et un éclair vert illumina la nuit. Puis on entendit un rire, un rire froid et vide comme le néant. C’était fini. Harry Potter était mort.



****************



Dans la crypte du Manoir Malefoy, Drago semblait dormir. Son corps avait été préservé de la putréfaction par le cercueil de verre magique où son père l’avait enseveli. Son visage lisse était si beau, si pur, qu’à chaque fois qu’Hermione posait les yeux sur lui, elle sentait sa gorge se serrer. Un courant d’air glacial emplit le caveau. Hermione frissonna. Elle ne se retourna pas, mais elle savait qu’Il était là. Elle entendit son pas sinistre se rapprocher d’elle, et elle dut faire preuve de beaucoup de volonté pour ne pas s’enfuir en courant comme le lui criait chaque parcelle de son être.

Voldemort lui tendit un poignard d’argent et elle le saisit d’une main qui ne tremblait pas. Sans hésiter elle dessina une large entaille dans la paume de sa main droite. Voldemort tenait un calice d’argent niellé, et elle y fit tomber le sang qui dégouttait de sa main. C’était beaucoup plus qu’un peu d’hémoglobine qu’elle offrait au Seigneur des Ténèbres, en agissant ainsi : c’était son âme immortelle. Cela ne l’effrayait pas, elle avait fait son choix. Lorsque le sang toucha le fond de la coupe d’argent, une vapeur sinistre s’en éleva. D’un léger mouvement de la main, Voldemort fit disparaître le cercueil de cristal. Il plongea l’index dans le sang encore chaud, et traça sur le front du jeune homme un signe mystérieux. Sans plus attendre, il quitta la crypte.



Le cœur de Drago Malefoy se remit à battre, lui procurant une douleur indicible. L’air circula à nouveau dans ses poumons, et il se redressa dans un sursaut. Hermione se jeta dans ses bras en pleurant. Il la serra un instant contre lui, sans comprendre ce qui venait de se passer. Quand enfin elle se calma et qu’il put scruter son visage, ce qu’il y lut l’horrifia.

- Hermione… Qu’as-tu fait ? murmura-t-il, bouleversé.

- Je l’ai fait pour toi… pour te ramener… chuchota-t-elle entre deux sanglots.

Baissant le regard sur ses mains, Drago vit la Marque sur son poignet gauche, et l’entaille sanglante de sa paume droite. Il n’eut pas besoin d’en demander plus. Il avait compris. Il secoua la tête, navré.

- Hermione… Toute cette souffrance… Je suis désolé que tu ais dû endurer ça… Mais je ne peux pas te laisser faire… Je refuse que tu fasses un tel sacrifice pour moi…

Hermione le regardait sans comprendre. Sans la quitter des yeux, Drago saisit le petit poignard d’argent qui avait roulé à côté de lui.

- Hermione… reprit-il. Je ne veux pas t’aimer ainsi… Pas dans un monde tel que celui-ci… Je ne peux pas t’aimer telle que tu es devenue…

Tout doucement, il pressa ses lèvres sur les siennes, pour la rassurer, mais aussi pour se donner du courage.

- N’ai pas peur… Tu verras… de l’autre côté, tout est simplement… parfait.

Et il posa la lame d’argent à l’emplacement du cœur de la jeune fille. Elle le regardait toujours droit dans les yeux, et enfin, elle comprit. Elle sourit. C’était son premier sourire depuis cette terrible nuit.

- Je n’ai pas peur, souffla-t-elle. Avec toi je n’ai jamais peur.

- Je t’aime Hermione.

Et il appuya. Le poignard s’enfonça facilement dans la chair fragile, et il sentit le sang chaud qui se déversait sur ses doigts. Les couleurs de la vie quittèrent insensiblement le visage d’Hermione et son corps s’affaissa dans les bras de Drago. Dans un geste plein de douceur, il l’allongea sur la dalle de marbre, avant de s’étendre à ses côtés. Il n’avait toujours pas lâché le poignard. Il le ramena sur sa propre poitrine et abattit sa main d’un seul coup.
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