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News

Concours poésie - Musique, Choixpeau !


Vous aviez peur de vous ennuyer cet été ? Tiiki vous propose un nouveau concours de poésie en vers : choisissez une année de rentrée et écrivez la chanson du Choixpeau magique !

Pour en savoir plus, c'est par ici.

Vous avez jusqu'au 1er septembre 2022 pour publier votre texte et l'ajouter à la série dédiée… juste à temps pour la Répartition !


De le 06/07/2022 16:56


Sélections du mois


Félicitations à Sifoell et Chrisjedusor, qui remportent la Sélection Fondateurs !

Ne partez pas trop vite en vacances ! En juillet, les Animaux Fantastiques (les films !) sont à l'honneur. Vous avez jusqu'au 31 juillet pour lire les 5 textes proposés par les membres et voter par ici.

Après cela, l'équipe prendra un mois de repos bien mérité. Mais elle revient en septembre sur le thème Femslash ! Vous avez deux mois (oui, deux mois !) pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

On nous souffle dans l'oreillette que si vous voulez vous occuper en août, la Sélection Fictions longues continue. Il vous reste 6 mois pour découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.




De Equipe des Podiums le 04/07/2022 17:49


Concours hommage à Barbara - Ma plus belle histoire


De plus loin, que nous revienne
L’ombre de nos amours anciennes,
Du plus loin, de la première écoute…


Durant l'été 2022 (juin à août), nous, Juliette54 et Amnesie, vous proposons de déclarer votre amour à Barbara.
En un concours en trois manches, nous vous proposons de (re)découvrir ses chansons et son univers. Le premier chapitre (de 500 à 5000 mots) doit être écrit et mis en ligne d'ici le dimanche 10 juillet à 23h et doit s'inspirer d'une chanson de Barbara de ton choix et du thème Ma plus belle histoire...

Pour t'inscrire, nous donner le lien vers ton chapitre et pour plus d'info, nous t'invitons à consulter ce post sur le forum HPF !

Notre plus belle histoire d'amour, c'est toi, Barbara...


De le 03/07/2022 11:03


125éme édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 125e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 22 juillet à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Délaissez le temps d'une soirée la plage et les cocotiers,
votre clavier vous appelle, vous avez plein d'histoires à raconter !

Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De Équipe des Nuits le 28/06/2022 07:52


Concours officiel HPFanfic


Les 25 ans de Harry Potter

 

L'équipe de modération HPFanfic vous propose un concours d'écriture afin de célébrer dignement les 25 ans de Harry Potter.

Vous avez jusqu'au 25 août 2022 pour publier votre texte ! Les votes seront lancés dans la foulée.

Laissez-vous tenter par l'aventure en suivant ce lien ! Vous y trouverez les différentes modalités de ce concours.

A bientôt !


De L'équipe de modération d'HPFanfic le 25/06/2022 17:25


Assemblée Générale Ordinaire 2022


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 24 juin 2022, à 22h.

Venez lire et discuter, et voter pour les candidats au conseil d'administration.

Bonne AG !
De Le CA le 17/06/2022 23:08


Charmeuse de serpents par Morgane

[137 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

... il parait que je dois payer un chapitre.... c'est une honte. -__-
Près d’elle, un bruit faible d’explosion retentit. Elle tourna à nouveau la tête mais n’eut pas le temps d’apercevoir le sorcier qui venait de transplaner à quelques pas.
- stupéfix !
- stupé quoi ? voulut articuler Emma.
Mais la noirceur de la nuit l’accueillit sans qu’elle puisse ébaucher le moindre geste.

Lorsqu’elle s’éveilla, Emma dut patienter de longues secondes pour que sa vue s’habitue à la noirceur de l’endroit où elle se trouvait. Elle tâta autour d’elle d’une main méfiante et constata qu’on l’avait déposée sur un revêtement souple qui ressemblait étrangement à un matelas.
Une ligne ambrée attira son regard, lui indiquant la présence d’une large porte sous laquelle filtrait une faible lumière.

La jeune fille se leva avec précaution, plaçant devant elle ses bras tendus jusqu’à rencontrer une cloison stable contre laquelle elle put s’appuyer pour faire le tour de la pièce.
Toucher les murs lui indiqua que l’endroit était recouvert d’une moquette murale parfois interrompue par ce qui semblait être une poutre ou un pan de pierres.
Emma distingua la silhouette d’une cheminée dont l’âtre, logiquement vide en ce mois de juillet, lui parut immensément profond.

Lorsqu’elle parvint à la porte, ses yeux, habitués à la pénombre, percevaient enfin quelques détails de la chambre. Un grand lit, une grande cheminée. Une grande pièce… et une grande porte fermée.
Emma tourna lentement la poignée massive en vain. Elle se laissa glisser contre le montant de bois, dos à la porte et attendit en tâchant de rassembler quelques souvenirs. Malgré tous ses efforts, elle ne se rappelait que d’un bruit claquant et d’une voix qui prononçait un mot mystérieux. Il y était question de stupidité. Ou de stupeur.

Elle bloqua se respiration en percevant dans le couloir des bruits de pas et des voix qui approchaient.
- on vous avait demandé de bien prendre garde à n’enlever que des résidents de ce foyer !
- je sais bien Lucius, mais elle était là et…
- tes excuses ne changeront rien à l’affaire Crabbe ! Cette femme arrive de France et il est fort probable qu’à présent on la recherche !
Emma tendait l’oreille, consciente d’être le centre de cette discussion.

- je le savais que c’était une mauvaise idée. Grogna l’homme qui semblait être le plus sûr des deux. Le Seigneur des Ténèbres est en train d’étudier les dossiers de tous ces moldus et Merlin sait ce qu’il va bien pouvoir trouver au sujet de cette femelle !
- il n’y aura qu’à lui lancer un sort d’oubliette… répondit la voix bourrue du dénommé Crabbe.
Emma analysa rapidement ces quelques informations : elle avait été enlevée, mais ceci constituait une erreur de parcours et à présent elle représentait une gène pour ses ravisseurs.

Pourtant, la jeune femme ne savait si elle devait prendre ceci au sérieux car de nombreux détails échappaient à sa compréhension : moldu, sort d’oubliette… Ces hommes avaient même cité Merlin et un Seigneur des Ténèbres.
- on tourne un remake de La guerre des étoiles dans ce bouge ma parole… souffla Emma en se relevant pour faire face à la porte derrière laquelle les deux hommes avaient stoppé leur marche.

- Amène là jusqu’au salon. Et pas d’erreur !
- oui oui... fit Crabbe d’une voix lasse. Alohomora !
Emma cligna des yeux malgré la faiblesse de la lumière que diffusaient des torchères accrochées au mur.
L’homme face à elle était grand et massif. Emma jugea qu’une seule de ses mains devait avoir à peu de chose près la taille d’une pagaie. Elle renonça donc à mettre à profit ses nombreux cours en matière de sport de combat et consentit à suivre la silhouette imposante jusqu’à un salon où se trouvaient réunies de nombreuses personnes.

Elle reconnut quelques visages de jeunes gens croisés au foyer et distingua tout aussi nettement le sentiment d’angoisse qui emplissait chaque personne, tant du côté des victimes que des bourreaux.
Au centre de la pièce, sur un fauteuil imposant, un homme lisait des documents et ne prêta guère attention à leur arrivée. Crabbe en parut soulagé et se hâta de rejoindre un homme blond à l’allure princière et au regard froid.
Emma garda le silence, immobile, et s’interrogea en constatant que l’homme assis, dont tout le monde semblait attendre le moindre geste avec crainte, portait des lunettes de soleil.

La pièce était pourtant très sombre malgré le soleil éclatant qui brillait à l’extérieur et qui dardait courageusement ses rayons chaleureux par les volets coffrés.
Emma nota rapidement que lorsqu’elle était sortie du foyer la bruine continuait à recouvrir la région : elle devait donc avoir dormi un certain temps.

Elle se concentra davantage et constata que ce que l’homme lisait n’était rien d’autre que son propre dossier, mais elle était trop sage pour s’aventurer à prononcer le moindre mot.
Au bout de longues minutes durant lesquelles un jeune homme brun renifla et toussa de terreur en jetant des regards furtifs affolés vers leurs ravisseurs, l’homme jeta négligemment les papiers qu’il tenait sur une table basse, face à lui, et soupira de mécontentement.

- dehors… murmura-t-il.
Ceux qui semblaient être à ses ordres tressaillirent en se jaugeant les uns les autres.
- emportez les et sortez d’ici ! reprit l’homme d’une voix forte et autoritaire. Sauf elle.
Il pointa Emma du doigt en la scrutant derrière ses sombres verres qui ne laissaient aucune chance à la jeune femme de distinguer ses yeux.
Emma fit de gros efforts pour ne pas céder à la colère face à cette attitude hautaine qu’elle n’avait que trop supportée dans sa jeunesse de la part de sa nourrice

Dans une cohue qui traduisait bien la peur qui tenaillait ses serviteurs tout autant que les personnes enlevées, la pièce se vida rapidement.
Emma resta seule, immobile face à cet homme qui l’observait, bien décidée à ne pas prendre la même attitude de bête effarouchée que ceux qui venaient de déserter l’endroit.
Des coups timides furent frappés à la porte et un petit homme entra, portant la valise de la jeune fille.

Il déposa sur la table basse d’autres documents et livres qu’Emma reconnut comme étant les siens et que le nouvel arrivant avait dû lui-même sortir de sa valise. Il garda en mains son téléphone portable, scrutant l’écran comme un enfant avide devant une console de jeu et s’éloigna dans un coin sur un signe de son maître.
Voldemort saisit à nouveau le dossier qu’il avait délaissé quelques instants plus tôt et l’agita légèrement en se levant.

- Miss Dorovit Dolly… 25 ans et déjà beaucoup de connaissances, si j’en crois ces quelques feuillets. Dès votre plus jeune âge, les tests que l’on vous a fait passer démontrent une intelligence hors du commun…
-… on ne peut pas dire que ce soit le cas de tout le monde. Persifla Emma en dardant un regard méprisant vers le petit homme recroquevillé qui venait de couiner comme un rat lorsque le téléphone qu’il tenait avait vibré à la suite de ses manipulations pour le moins maladroites. Et je m’appelle Emma.

- Emma n’est que votre deuxième prénom.
- je n’aime pas particulièrement Dolly. Et vous ? Votre prénom c’est seigneur ou ténèbres ? Ou bien faut-il vous appeler Dark Vador ?
Le petit homme se recroquevilla encore davantage en détournant les yeux du précieux objet qu’il étudiait pour surveiller l’attitude de son maître.
- Queudver, dehors. Ordonna Voldemort.
L’homme s’exécuta avec une rapidité surhumaine et Emma sentit qu’elle était allée trop loin.

- Miss Dorovit, murmura Voldemort, vous ne vivrez que temps que je pourrai croire que vous risquez de m’être d’une quelconque utilité. Et croyez moi, la majorité des gens prient le ciel pour pouvoir m’être utiles, chaque jour… Vous avez fait des études de médecine et poussé assez loin vos recherches en génétiques. Vos capacités vous ont permis d’accéder à un degré de connaissance assez rare. Aussi je vous accorde quelques jours de répit. Vos camarades vous informeront sur les modalités de votre séjour.
L’homme claqua des doigts et Queudver entra à nouveau pour escorter la captive vers une nouvelle pièce.

- décidément, cet endroit est immense. Constata Emma en entrant dans une salle aux dimensions honorables.
Queudver referma prestement la porte derrière elle et la jeune femme put prendre connaissance de tout ce à quoi elle n’avait pu assister avant qu’on vienne la chercher dans la chambre.
La plupart des résidents du foyer étaient des adolescents ou jeunes adultes qui n’avaient jamais connu Ursule Dorovit. Au fil des ans et après la disparition de cette femme à poigne, l’orphelinat était devenu une sorte de pied à terre pour jeunes désoeuvrés.

Ceux-ci lui expliquèrent donc qu’ils se trouvaient tous dans le manoir d’un puissant sorcier, le plus Grand de tous les temps : Lord Voldemort, et qu’aucun d’entre eux n’avait un quelconque intérêt à tenter de fuir s’il tenait à garder la vie sauve.
Le jeune homme qui reniflait toujours abondamment décrivit de nombreuses manifestations de magie qu’il avait surprise chez l’un ou l’autre des sorciers. Emma l’écouta, sceptique, et traîna sa valise vers un banc sur lequel elle se laissa tomber.

Elle entreprit de remettre de l’ordre dans ses précieux ouvrages que le ridicule Queudver avait malmené et résolut d’attendre la suite des événements.
Rien ni personne ne l’attendait au dehors de ce château et si se faire enlever ne constituait pas pour elle la meilleure façon de passer ses vacances, ce Lord Voldemort avait piqué sa curiosité au vif. Ces histoires de sorcelleries apportaient un piment certains à l’affaire et Emma avait trop souvent craint pour sa vie, terrée dans une cave humide du foyer Dorovit, pour s’alarmer de ce qu’elle vivait actuellement.

Elle fit rapidement le «tour du propriétaire» : deux portes permettaient d’accéder à de vastes chambres où de nombreux lits étaient disposés en rangée serrée. Au bout de chacune de ses chambres, une autre porte donnait sur une salle de bain austère.
Emma observa les jeunes gens qui peu à peu prenaient leurs aises dans ce qui seraient leur nouveau foyer. La plupart d’entre eux avaient jusque là survécu plutôt que vécu et Emma nota qu’aucun signe d’agitation ne semblait poindre.
Tous avaient une attitude résignée, et pour cause : vivre ici ou ailleurs, du moment qu’on a un toit sur la tête et de quoi souper le soir…

Contrairement à eux, Emma bénéficiait d’une solide culture et tout son être l’avertissait d’un danger. On n’avait sûrement pas pris la peine d’enlever tout ce beau monde pour son agréable compagnie…
Bien qu’elle ait les pieds sur terre et l’esprit cartésien, Emma accorda peu à peu crédit au propos tenus autour d’elle. Magie, sorcellerie, pouvoirs… il était certain que cet homme à lunettes, Lord quelque chose… il faudrait pourtant bien s’en souvenir… avait quelque chose de magnétique dans sa façon de parler et de bouger.

La jeune femme estimait qu’il avait le profil idéal d’un gourou de secte : étant donné la crainte qu’il inspirait et le respect dont chacun de ses serviteurs faisaient preuve, il devait effectivement avoir un charisme et une envergure considérable.
Emma aurait donné cher pour pouvoir lui ôter ses lunettes et observer la prunelle de ses yeux, qu’elle devinait hypnotisante, mais il lui apparaissait que Voldemort s’en offusquerait certainement.

La porte s’ouvrit à nouveau sur un vieil homme qu’Emma confondit tout d’abord avec Wilson. Celui-ci lui fit signe de la suivre et la jeune femme comprit à sa gestuelle qu’elle devait emporter sa valise.
- je m’appelle Nott. Fit le vieil homme. Le Seigneur des Ténèbres exige que tu te joignes aux autres chaque matin pour entretenir son domaine. Par contre, tu consacreras le reste de tes journées à poursuivre tes recherches.
En expliquant ceci, Nott avait reconduit Emma jusqu’à la chambre qu’elle avait peu avant.

Le sorcier utilisa sa baguette pour modifier quelque peu l’agencement de la chambre, mais Emma jugea cela inutile. En revanche elle comprit fort bien le message : le vieillard n’agissait de la sorte que pour étaler ses pouvoirs et faire prendre conscience à la jeune femme que toute tentative d’évasion était vaine.
- un conseil, fit Nott en souriant froidement tandis qu’il s’apprêtait à sortir, il vaudrait mieux pour toi que tes recherches soient avantageuses pour notre Maître. Des livres te seront portés d’ici peu. Lis les. Et reprends ton travail à la lumière de ces nouvelles connaissances.

Sans attendre de réponse, le sorcier ferma la porte derrière lui. Emma entendit distinctement le cliquetis de la serrure qui suivit son incantation magique.
Comme promis, des livres lui furent apportés. Du moins, des livres apparurent-ils brusquement sur sa table de travail, la faisant sursauter.
Emma dévora les tomes épais, s’extasiant de découvrir l’existence de plantes plus irréalistes les unes que les autres.

Elle finit par s’endormir sur l’un de ses précieux ouvrages sans avoir dîné et se réveilla la faim au ventre, courbaturée et fatiguée de cette nuit peu confortable.
La porte s’ouvrit d’elle-même quelques heures plus tard et le jeune garçon reniflant lui décrivit le contenu de leur travail. Lui-même y mettait une bonne volonté et une ardeur surprenante. Emma apprit qu’il s’appelait David et qu’il avait toujours rêvé de vivre dans un manoir comme celui-ci. Comblé, il s’afférait à nettoyer la vaste cuisine comme l’avait ordonné le Maître.

Emma nota que David avait eu tôt fait d’accepter son rôle de serviteur appliqué et que l’attitude de Voldemort correspondait tout à fait à celle d’Ursule Dorovit, en son temps. Employer des larbins et occuper l’esprit de pauvres hères en les assommant de travail était une technique vieille comme le monde mais efficace.

Emma consentit à se charger du nettoyage des couloirs. Elle partit donc avec un chiffon ridicule à la main sous le regard satisfait de David. Si ce dernier avait eu la moindre expérience du ménage, il aurait tout de suite compris que ce maigre bout de tissu ne pouvait en aucune manière servir à nettoyer de si grands espaces.
Cependant, Emma était libre d’inspecter les lieux à sa guise et c’était tout ce qui lui importait.

Elle erra de nombreuses heures dans la vaste demeure, se réfugiant parfois dans une pièce vide à l’approche de pas, désireuse de poursuivre plus avant sa visite minutieuse.
Elle finit par aboutir dans un couloir qui s’achevait sur une immense porte à double battant en bois sombre sur laquelle deux serpents étaient gravés.
Emma trouva la chose singulière mais elle avait toujours éprouvé pour ces animaux une attirance prononcée qui faisait souvent grimacer d’horreur ses amis.

Elle passa de longues minutes à caresser le travail ouvragé, admirative tant du talent du sculpteur que de la beauté de ces serpents.
Il lui fallut ensuite retrouver son chemin dans ce dédale de couloirs, ce qui ne fut pas une mince affaire. Elle parvint cependant à retrouver les cuisines où elle déjeuna rapidement avant de rejoindre sa chambre, pressée de poursuivre ses lectures.
Emma sourit en songeant que tant que les désirs du maître s’accorderaient aussi bien aux siens, le séjour serait agréable…

Les journées qui suivirent s’écoulèrent de façon semblable. Emma apprit à connaître les us et coutumes des sorciers et les habitants du manoir, qu’ils soient de passage ou non.
Le sorcier blond à l’allure princière, Lucius Malefoy, avait fait preuve d’une rare sympathie en lui offrant un livre épais qui détaillait par le menu l’ascension de Lord Voldemort au sommet de sa puissance.
La jeune femme mimait la naïveté mais avait conscience du but recherché dans ce geste : elle avait pu grâce à lui enrichir son vocabulaire ainsi qu’apprendre et comprendre ce que représentait un moldu aux yeux des sorciers tels que Voldemort…

Cependant, rien de tout cela n’entama sa détermination à ne pas trembler de terreur à chaque levé de soleil : depuis sa plus tendre enfance elle avait vécu sous la garde de personnes qui s’évertuaient à lui enseigner que sa vie ne valait pas tripette et qu’on pouvait sur l’heure y mettre fin.
Voldemort ou Ursule, le nom importait peu. D’autant plus que le sorcier à la triste réputation était discret. Voire même inexistant.

Emma avait pris l’habitude de se rendre régulièrement jusqu’à la porte grandiose où elle s’asseyait souvent, un carnet de croquis à la main, pour dessiner les détails des sculptures.
Elle collait parfois son oreille à la porte mais n’osait cependant pas tenter de l’ouvrir. Il ne fallait pas être sorcier pour deviner que derrière cette porte se trouvait quelque chose que le maître des lieux n’aurait pas aimé que l’on approche.
Et pour cause… Emma imaginait des tas de grimoires de magie, des instruments merveilleux, des trésors ensorcelés. A défaut de tout ceci se trouvaient les appartements de Voldemort, qui commençait à sentir son humeur virer au rouge sang au fur et à mesure que cette Moldue prenait goût à camper devant sa porte.

Lorsqu’au beau milieu d’une matinée de septembre, revenant vers ses appartements, il la trouva assise en tailleur le nez collé à son carnet, il sentit une rage intense l’envahir. Sortant sa baguette avec la ferme intention de passer sur elle la mauvaise humeur qui ne le quittait pas, il stoppa brusquement son élan en la voyant se lever et s’approcher du bois.
Il l’observa alors caresser avec fascination les symboles gravés dans la porte et la fureur laissa peu à peu place à la surprise, puis la curiosité.

Il chaussa ses lunettes qui masquaient ses pupilles extraordinaires avant d’approcher. Il ne tenait pas particulièrement à subir les cris hystériques de ces moldus qu’un rien affolait…
- que vous voila loin de vos cuisines, Miss Darovit. Dolly.
Emma sursauta et nota l’insistance avec laquelle le sorcier prononçait ce prénom qu’elle n’appréciait guère, en connaissance de cause.
La jeune femme avait conscience de ne pas remplir son «contrat» mais elle n’avait jamais pu se soumettre à une autorité écrasante. Elle nota également le ton froid et hargneux de Voldemort et toutes ses lectures lui revinrent en mémoire.

Tournée vers le sorcier, elle n’ébaucha pas un pas ni un geste. Celui-ci avança vers elle et Emma se demanda si finalement il n’était pas plus serpent encore que les animaux de bois qui s’étalaient derrière elle.
- je suppose, reprit Voldemort lorsqu’il fut près d’elle, que votre passion pour ces charmants animaux vous pousse ainsi à enfreindre mes ordres. C’est imprudent. Vraiment imprudent.
«Le gourou dans toute sa splendeur» songea Emma. Et d’où diable venait cette force qui émanait de lui et qui la clouait au sol ?

- j’ai beaucoup ri à la lecture de certaines pages de ton épais dossier. Tu avais coutume de déposer des vipères dans le lit de ta mère pour te venger des quelques privations qu’elle t’imposait pour ton plus grand bien ?
Emma nota le passage au tutoiement, le ton toujours aussi glacé et la chaleur qui envahissait son corps, menaçant de consumer le peu de courage qui lui restait.
- ce n’était que d’inoffensives couleuvres. Murmura-t-elle. Mais cette folle aurait été incapable de distinguer un aspic d’un anaconda…

Fort heureusement pour lui, Malefoy se trouvait loin de son maître : après une seconde de silence parfait, le Lord noir partit d’un rire bref mais franc. L’une de ses rares manifestations d’humeur autre que la colère ou le mépris. Si Lucius avait été témoin de ceci, il ne s’en serait à coup sûr jamais relevé…
- couleuvre ou vipère, elle n’avait pas l’air d’apprécier. Reprit Voldemort. Et qui apprécierait de se retrouver avec un serpent dans son lit, à la vérité ?
Emma haussa les épaules sans répondre, la mine boudeuse. Encore un qui devait attribuer aux serpents tout un tas de croyances stupides…

Pourtant, Emma se rappelait avoir lu quelque chose au sujet de Voldemort et de celui dont il avait hérité le sang. Quelque chose qui avait une relation avec les serpents. Elle se promit de consulter l’ouvrage donné par Malefoy dans la journée même, pour peu qu’on lui en laisse l’occasion…
Le changement de ton de Voldemort lui laissait espérer que tel serait le cas, mais il lui fallait à présent trouver un moyen de filer de cette impasse au plus vite.
Lorsqu’elle leva les yeux vers le sorcier, Emma oublia peu à peu son bon sens et sa raison. Tandis que Voldemort s’interrogeait sur l’étrange impression que provoquait chez lui l’aplomb de cette femme, Emma sentit poindre à nouveau en elle le désire de voir ce qui se trouvait derrière les verres opaques.

Voldemort ne savait s’il devait s’irriter ou apprécier son attitude : elle était l’une des rares personnes à le regarder vraiment, et la seule à ne pas frémir en toute occasion. Même Lucius se méfiait de lui en permanence et seul son orgueil lui permettait de rester digne.
Emma cependant, loin de ce monde sorcier, n’avait pas été «corrompue» par la terreur qu’inspirait son nom même, et ne restait sur ses gardes que lorsqu’elle percevait à juste titre un danger.

Et pour l’heure, la perspicace jeune femme n’en percevait plus aucun.
Voldemort se trouvait face à elle comme face à un sortilège complexe qu’il voulait analyser, comprendre, détailler et contrôler. Seulement, il percevait que ce désir était réciproque et que la jeune femme était tout aussi curieuse de le connaître lui qu’il l’était de la connaître elle, et cela lui déplaisait fort.
Il l’observait de façon si intense, plongé dans ses réflexions, qu’il s’était encore approché d’elle, si bien que la jeune femme n’eut qu’à plier les bras pour que ses mains puissent saisir les branches de ses lunettes en frôlant ses tempes.

Ce bref contact le ramena aussitôt à la raison et contrairement à ce qu’il aurait cru lui-même, Voldemort ne se laissa pas emporter par une colère dévastatrice.
- ce n’est pas une bonne idée. Se contenta-t-il de murmurer pour Emma qui suspendit son geste.
Le silence brisé ramena la jeune femme à la raison et après avoir bredouillé quelques vagues raisons de s’éclipser, elle se réfugia dans la cuisine protectrice.
Elle mit de longues minutes à calmer les battements affolés de son cœur, incapable de comprendre comment elle avait pu oser même ne serait-ce qu’envisager un tel geste de « familiarité ».
Elle décida de relire au plus vite l’ouvrage traitant de Voldemort : une bonne dose de terreur ne lui ferait sûrement pas de mal et l’encouragerait utilement à la prudence.
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