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News

Assemblée Générale Ordinaire 2022


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 24 juin 2022, à 22h.

Venez lire et discuter, et voter pour les candidats au conseil d'administration.

Bonne AG !
De Le CA le 17/06/2022 23:08


124ème édition des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 124e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 24 juin à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De L'équipe des Nuits le 08/06/2022 18:45


Assemblée Générale 2022


Chers membres d’HPF,

Nous désirons vous informer que l’Assemblée Générale 2022 aura lieu du vendredi 17 juin 22h au vendredi 24 juin 22h sur le forum.

Seuls les adhérents à l’association peuvent voter, mais tous les membres sont encouragés à venir lire et discuter.

Au plaisir de vous y voir !

Le CA
De Les membres du CA le 06/06/2022 18:39


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Juliette54, Tiiki et Bloo, qui remportent la Sélection Drabbles !

Vous pouvez dès à présent commencer vos lectures pour élire en décembre prochain vos Fictions longues préférées. Vous avez 7 mois pour découvrir 12 univers qui ont conquis les lecteurs ! Pour en savoir plus et pour suivre notre planning de lectures, rendez-vous ICI.

En juillet, on compte sur vous pour la Sélection des Animaux Fantastiques ! Avec la sortie du troisième film, c'est de circonstance, non ? Vous pouvez d'ores et déjà proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Et au mois de juin, remontez aux origines de Poudlard. Nous vous proposons six textes qui mettront à l'honneur, individuellement comme collectivement, ses Fondateurs : Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle, Rowena Serdaigle, et Salazar Serpentard. Vous avez jusqu'au 30 juin pour lire et voter par ici.



De Equipe des Podiums le 05/06/2022 16:03


123ème édition des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 123e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 21 mai à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De L'équipe des Nuits le 13/05/2022 17:22


Journées Reviews


Lire, écrire…

Tu as envie de lire ? De découvrir un ou une auteure ? D'échanger sur ses écrits et sur les tiens à travers quelques reviews sympathiques ?

La Journée Reviews est là pour ça, et elle aura lieu cette fois-ci du 13 au 16 mai !

Viens nous rejoindre en t'inscrivant ici !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.

 


De le 04/05/2022 19:14


Ma victoire par Morgane

[196 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
La jeune femme laissa alors s’écouler hors d’elle toute son angoisse et son désespoir, pleurant longtemps après que le sorcier ait glissé à ses côtés, un bras entourant sa taille, et s’endormit à son tour, harassée de fatigue et de malheurs en songeant que, pour cette nuit au moins, elle avait échappé au pire.

Lorsqu’elle s’éveilla le lendemain, son esprit, aussitôt en alerte, l’encouragea à ne pas ouvrir de suite les yeux. Guettant le moindre signe de présence à ses côtés, elle fut rassurée de sentir que le sorcier ne dormait plus contre elle et osa ouvrir les paupières le plus prudemment possible.
Son premier réflexe fut de les refermer aussitôt : Lord Voldemort venait d’entrer dans la chambre, empruntant une porte qui devait mener à une vaste penderie puisqu’il portait à bout de bras une cape et d’autres vêtements qu’elle n’eut pas le temps de détailler durant la brève seconde où elle avait laissé la lumière du jour toucher ses pupilles.

Tentant de discipliner sa respiration et les battements de son cœur afin d’éviter autant que possible de se rappeler au bon souvenir de son tortionnaire, elle finit par ouvrir à nouveau légèrement les yeux de façon à pouvoir observer entre ses cils ce qui se déroulait tout en espérant ne pas être remarquée.
Le sorcier, torse nu, lui tournait le dos en enfilant une chemise noire tout en cherchant des yeux un minuscule flacon qu’il finit par trouver et par enfouir dans la poche de son pantalon.
Il fit soudain volte face, les pans de sa chemise ouverte volant autour de lui, pour se diriger à nouveau vers la pièce contiguë.

Ginny remarqua malgré elle que ce qu’elle voyait du sorcier auraient pu tenter quelques donzelles mais nota surtout que cette musculature donnait au Lord Noir un avantage de plus sur elle : quand bien même elle aurait voulu se défaire de sa poigne, elle aurait eu bien du mal à lutter contre la force physique de cet homme. Quant à sa force magique… il n’était pas même besoin d’y songer.
Lorsqu’il revint à nouveau dans la chambre, les yeux du sorcier se tournèrent aussitôt vers le lit et Ginny fut assez maligne pour ne pas jouer avec l’intelligence de Lord Voldemort. Inutile de mimer l’endormissement, il savait qu’elle s’éveillait avant même qu’elle-même ne le sache… Et il aurait sûrement perçu comme un affront à son bon sens qu’on ose espérer le tromper si aisément.

Ginny l’observa donc sans mot dire, immobile, et bénit le ciel d’être totalement couverte par les draps. Elle soupira de soulagement lorsqu’il passa enfin la porte pour rejoindre le reste de ses appartements, frissonnant cependant de l’avoir vu lui sourire avec un air de prédateur.
Ginny s’imaginait fort bien les chats ébaucher ce rictus en tournant autour des souris apeurées et prises au piège et se sentit nauséeuse en imaginant qu’elle devrait supporter ceci chaque jour.
Attendre des heures en se demandant quand il daignerait à nouveau s’intéresser à elle et lui faire subir ses brimades, ou pire encore… Or le sourire glacé du sorcier laissait parfaitement entendre que c’était justement là son jeu préféré, ce qui mettait Ginny d’autant plus mal à l’aise.

Dès qu’elle eut posé le pied au sol, Nox apparut et lui transmit
- les Ordre du Maître, pour aujourd’hui …
- hé ! l’interrompit Ginny. Je ne suis même pas encore debout !!
Nox s’inclina aussitôt et laissa la jeune femme poser le deuxième pied sur le tapis.
Elle ne tarda cependant pas à lui indiquer quelle tenue elle devrait porter, ainsi que la coiffure qu’il lui faudrait adopter, sans compter les bijoux qui lui étaient imposés. A contre cœur, Ginny dû accepter de se plier à ces exigences, constatant avec mauvaise humeur que, comble de l’horreur, tout ceci la mettait encore en valeur.
La sorcière ne se considérait pas comme une belle femme et ces dernières années passées à lutter contre Lord Voldemort lui avait laissée peu de temps pour se soucier de sa toilette. Aussi se mirait-elle d’un œil critique en affichant une moue dubitative.

La tenue qu’elle portait était composée d’un haut noir brodé d’argent et d’émeraudes qui contrastaient merveilleusement avec sa chevelure flamboyante. La jupe qui accompagnait l’ensemble était d’un vert sombre uniquement décorée au niveau de la ceinture par un entrelas plus clair qui, à la grande horreur de Ginny, représentait un serpent ondulant autour de sa taille.
Sur le côté, accroché à cette ceinture fictive, pendait un pendentif au motif qui tétanisa la malheureuse. La Marque des Ténèbres miroitait dans un éclat d’argent et malgré sa petite taille, sembla peser bien lourd à la jeune femme.
Ce poids était surtout psychologique et donc d’autant plus dur à supporter. Pour tout bijou, elle devait entourer son poignet d’un fin bracelet de cuivre imitant parfaitement, trop parfaitement, l’ondulation d’un serpent.

La jeune femme se tourna sur elle-même tentant d’observer son reflet sous différents points de vue, mais d’où qu’elle se place, une chose lui paraissait évident : cette jupe était bien trop courte.
Ginny tenta d’introduire le pendentif à l’intérieur de sa jupe pour le cacher et tira sur son petit haut sombre en espérant qu’il puisse masquer la ceinture qu’elle jugeait disgracieuse. Elle y parvint à peu près, mais elle devait souvent vérifier que cette horrible Marque des Ténèbres, qui pendait à son côté gauche, ne ressortait pas de sa prison pour s’afficher aux yeux du monde.

Ginny passa une bonne partie de la journée à arpenter les couloirs du manoir que de larges ouvertures inondaient de lumière. Une vaste cours intérieure offrait un spectacle saisissant : un minuscule pont de bois sautait par-dessus un ruisseau dont les eaux disparaissent ensuite sous terre, entre les racines d’un saule pleureur d’une taille impressionnante.
A l’abri des branches tombantes de l’arbre, Ginny découvrit un banc de bois magnifiquement ouvragé tandis que tout autour de cet espace, des plantes aux couleurs vives tachaient l’herbe épaisse.
La jeune femme n’aurait jamais pu imaginer trouver un si bel endroit en ce lieu maudit…

Lorsqu’une horloge sonna 17h00, Ginny rebroussa chemin la peur au ventre. Nox lui avait vivement recommandé de revenir aux appartements du Maître dès les 17 coups, sans plus prendre le temps de vagabonder.
Ginny s’exécuta donc à contre cœur, enfonçant une dernière fois le pendentif argenté à l’intérieur de sa ceinture.
Arrivée devant la porte close des appartements, elle se demanda s’il était nécessaire de frapper, ou si elle devait au contraire agir le plus discrètement possible.

Elle opta finalement pour la seconde solution, tentant de s’encourager en se disant qu’en cas d’erreur, elle pourrait prétexter l’ignorance. Cependant, elle avait assez risqué la veille pour savoir qu’il était absolument nécessaire d’éviter toute confrontation.
Une chose aisée, lorsqu’on à affaire à un caractériel…
Elle poussa donc lentement la lourde porte en sentant son cœur accélérer sa course et après un rapide regard à l’intérieur de la pièce, constata que le sorcier était absent. Elle entra donc et referma la porte avant de s’y adosser en fermant les yeux, soupirant de soulagement.
Lorsqu’elle les rouvrit, son sang se glaça dans ses veines. Lord Voldemort, loin d’être absent, venait de sortir de sa chambre et d’entrer dans le salon où elle se trouvait.

Il avança vers elle tandis qu’elle restait collée à la porte, incapable de faire le moindre mouvement. Il l’observa d’un air gourmand avant de passer un doigt à l’intérieur de la ceinture de sa jupe. Ce contact fit frissonner la sorcière et le cliquetis qu’émit le pendentif en reprenant sa place sur ses hanches annonçait de bien sombres heures.
Au premier regard, il avait remarqué sa volonté de cacher cette marque…
- alors, finit-il par demander d’une voix calme. Bonne journée ? Mon manoir te plait ?
Ginny hocha la tête, la gorge sèche, avant de fermer les yeux face à sa propre stupidité. Oui ou non… il allait vraiment falloir s’y faire.

- oui articula-t-elle en sursautant au contact de la main du sorcier sur sa gorge.
Pourquoi diable plaçait-il donc toujours ses doigts à cet endroit ? La jeune sorcière avait la désagréable impression qu’il tenait ainsi sa vie entre ses mains. Il lui suffisait de serrer, de ne plus la lâcher… Et Ginny eut sa réponse. C’était certainement pour cette raison là qu’il affectionnait ce geste.
- Ginny ? questionna le sorcier en approchant d’elle, plongeant ses yeux dans les siens.
La jeune femme l’observa d’un air interrogateur sans mot dire.
Soudain, il frôla ses lèvres des siennes en murmurant.
- je veux que tu me répondes…

Ginny ne saisissait pas ce qu’il attendait d’elle. Répondre à quoi ? Elle se replongea avec horreur dans les souvenirs de la veille, cherchant à trouver ce qu’il pouvait exiger de sa part.
Lorsqu’il l’interpella une troisième fois, la jeune femme resta à nouveau silencieuse et immobile, sans le quitter des yeux.
Elle commençait à sentir la peur envahir son propre cœur et la colère celui du sorcier…
- je ne comprends pas… chuchota-t-elle, ce que vous attendez de moi.
- je viens de te le dire. Répéta le sorcier sans s’éloigner. Je veux que tu me répondes.
- vous répondre… mais vous ne posez aucune question.
La jeune fille sursauta encore lorsque Lord Voldemort éclata d’un rire bref en ôtant sa main de son cou. Il l’observa de longues secondes en silence avant de se coller à elle en calant son visage contre le sien, comme il l’avait déjà fait la veille, le murmure de ses lèvres provoquant de légères caresses sur sa joue.

- je t’ai expliqué hier, que tu devais me répondre par oui… ou non ... En de rares occasions le non. Ajouta-t-il en souriant tandis que ses mains enserraient sa taille pour l’attirer à lui. Et puis, tant qu’on y est, puisqu’il ne faut guère espérer que ton intelligence t’amène à le comprendre toi-même, je t’informe donc également que rien ne me serait plus agréable que de t’entendre me dire encore que tu es à moi, que je suis ton Maître et que tu feras toooooout ce que je veux. Toujours…. En fait, je pourrais t’écouter des heures me dire cela, sans me lasser…
Le sorcier plaqua alors son front contre celui de la jeune femme sans se départir de son sourire.
- ça ira, cette fois ? ai-je été assez clair ?
Ginny, que sa stupidité surprit elle-même, hocha aussitôt la tête.

Au regard exaspéré du sorcier qui s’était soudain redressé avec sur le visage la même fureur que la veille, elle plaqua une main sur sa bouche, livide.
- je vous assure que je ne le fais pas exprès. Souffla-t-elle précipitamment tandis que la main du mage avançait déjà vers elle.
D’un geste réflexe, elle s’était soustraite à ce contact d’un léger mouvement de tête. A nouveau pétrifiée par l’erreur qu’elle venait de commettre, elle se figea sur place.
- viens ici. Murmura le sorcier sans bouger, ses yeux noirs scrutant ceux de sa proie.
Ginny approcha de lui avec anxiété mais il se contenta de l’observer sans la toucher.
Un sourire éclaira encore son visage et l’espace d’un instant, Ginny crut y déceler une once d’amusement, enfoui bien au-delà de sa froideur.
- Ginny ? prononça à nouveau le sorcier.

Cette fois, la jeune femme savait parfaitement ce qu’il convenait de dire, mais ça n’en était pas plus facile pour autant. Tentant au maximum de discipliner ses poings qui se serraient, elle prononça donc les deux mots magiques avec quelques hésitations cependant…
Et comme il l’avait indiqué, Lord Voldemort ne s’en lassait pas. Il répéta plusieurs fois de suite le prénom de sa captive, l’obligeant ainsi à lui répondre des «oui Maître» avant de l’embrasser avec la même agressivité que la veille.
Le cœur de Ginny battait à tout rompre : cette fois, il y avait fort peu de chance pour que Lord Voldemort ait passé sa journée à combattre, et donc également fort peu de chance pour qu’il tombe de fatigue…

Il murmurait parfois son prénom contre ses lèvres sans lui laisser pourtant le temps d’achever ses mots. Lorsqu’il s’éloigna enfin d’elle quelques brèves secondes, Ginny toucha sa bouche meurtrie du bout des doigts, grimaçant de douleur.
Son corps entier se raidit tandis qu’il approchait à nouveau son visage du sien, entourant sa taille de ses mains. Ginny se préparait déjà à la douleur qu’il allait lui infliger en lui imposant ainsi ses baisers sauvages, mais ce ne fut pas le cas.
Tout comme la veille, ses gestes devinrent moins brusques et, même si l’épreuve était toujours aussi moralement pénible pour Ginny, du moins ne souffrait-elle plus physiquement de ses assauts.

Il l’entraîna vers la chambre sans décoller ses lèvres des siennes et s’allongea à nouveau sur elle, parcourant peu à peu son corps de ses doigts soudain légers.
Malgré cet abandon de brutalité, il fit tout de même grincer les dents de la jeune femme lorsqu’il exigea d’elle qu’elle lui affirme qu’elle lui appartenait corps et âme et qu’il était son unique maître et seigneur.
Ginny se demandait même comment il pouvait se satisfaire de ses paroles tout en sachant qu’elles n’étaient que mensonges éhontés…
- j’adore quand tu me dis ça. Susurra-t-il à son oreille avec un sourire vengeur, lui offrant une explication parfaite. Et j’aime d’autant plus que je sais ce qu’il t’en coûte de me le dire…



___________________




De nuit en nuit et en dépit de tout, Ginny était soulagée de ne rien devoir subir de plus venant de lui, convaincue que le fait qu’il prenne plus plaisir à la rabaisser ainsi plutôt qu’à abuser d’elle prouvait une fois encore combien il était inhumain. Aussi éloigné qu’on peut l’être de la condition d’homme…
Même elle, malgré toute la répulsion qu’il lui inspirait, se sentait parfois frémir sous ses caresses et ses baisers continuels. Après plusieurs semaines de ce régime elle songeait avec amertume, lorsqu’il s’éveillait au milieu de la nuit pour l’attirer encore à lui, qu’en d’autres circonstances elle aurait aimé ces instants.

Sentir sur sa peau les mains gourmandes du sorcier et son corps enfiévré de désir provoquait chez le jeune femme des bouffées de chaleur qu’elle réfrénait aussitôt et lorsque la pénombre les enveloppait tous deux, lui offrant le bonheur de ne plus voir le visage du monstre, elle songeait parfois que passer ses mains sur son dos parfaitement dessiné n’aurait rien eu de désagréable.

Cependant, ces pensées fugaces disparaissaient tout aussi vite qu’elles étaient apparues dans son esprit et jamais Ginny n’aurait consenti à enlacer le sorcier de sa propre initiative quand bien même il en éveillait parfois le désir éphémère chez sa captive.
Elle peinait déjà à devoir subir ses baisers et ses caresses et mettait donc un point d’honneur à ne jamais donner plus que ce qu’il exigeait, ce qui n’était déjà pas si mal…
Ginny passa de longues semaines à observer son tortionnaire, l’accompagnant régulièrement comme il l’exigeait autour du manoir.

Elle put alors comprendre d’où lui venait la réputation de sa puissance. Si Ginny avait déjà mieux que quiconque expérimenté sa cruauté, elle n’avait pas parfaitement saisi ce que signifiait le mot pouvoir
Deux mois après son enlèvement, c’était chose faite… Elle restait souvent médusée face aux sorts qu’il expérimentait en compagnie de ses mangemort, tout aussi ébahis qu’elle face à tant de talent.
Il parcourait un livre qu’il tenait d’une main en arpentant le parc et s’appliquait à lancer le sort de l’autre. Jamais Ginny ne le vit retenter plus de deux fois le même sortilège sans le réussir. Elle espérait d’ailleurs que ce jour ne viendrait jamais, convaincue que l’humeur du sorcier, déjà bien assez maussade, s’en ressentirait si cela devait advenir.

Souvent, les fidèles du mage noir qui parcouraient le monde revenaient avec en tête des incantations nouvelles et puissantes aux utilités diverses. Ginny constatait que la curiosité de Lord Voldemort s’étendait à toutes les disciplines et pas uniquement à la magie noire ou aux sorts destructeurs, comme elle aurait été en droit de le penser.
Certains sorciers faisaient donc la démonstration de leur talent, fiers de pouvoir à leur tour enseigner au Maître une chose qu’il ignorait.
Ainsi, Ginny vit un minuscule sorcier au teint grisâtre et au sourire avenant exposer à Lord Voldemort l’art et la manière de faire pousser une végétation dense et prolifère. D’un geste ample, il fit surgir du sol une multitude d’arbre que Ginny ne connaissait que pour les avoir vu en photos.

Dans le parc du château s’éleva alors un embryon de forêt, et le sorcier se tourna vers son maître, l’œil brillant d’excitation et de fierté.
Il avait alors expliqué en quelques mots au sorcier qui ne cachait pas son intérêt la façon dont il avait découvert ce sort et dont il se l’était approprié, s’entraînant de longs mois sans relâche alors qu’il ne parvenait au début qu’à faire pousser de maigres pensées.
Après avoir montré le mouvement de baguette nécessaire et reformulé clairement l’incantation, il regarda son maître avancer de quelques pas et se tourner en direction d’une plaine immense.

- sonorus. Fit soudain le petit homme avant que sa voix ne porte à une distance lointaine. OH LA BAS ! fit-il à un groupe de personnes que Ginny ne pouvait pas même dénombrer tant il était éloigné, OTEZ-VOUS D’ICI !!
Ginny observa d’un œil sceptique la manœuvre du sorcier qui s’approcha ensuite d’elle en se frottant les mains.
Il s’assit à ses côtés sur un banc improvisé avec un tronc d’arbre et regarda son maître, frémissant de hâte.
Ginny vit les randonneurs se hâter telle une colonie de fourmis à l’autre bout du champ.
- vous pensez, murmura-t-elle pour le petit homme qui souriait béatement, qu’il va faire pousser des arbres jusque là bas ?

La jeune fille avait beau savoir que la puissance de Lord Voldemort n’avait pas d’égale, elle imaginait mal comment un tel prodige pouvait se produire quand on voyait le temps et la concentration qu’avait exigé ce sort pour le sorcier qui se tenait à côté d’elle et qui ne semblait nullement pouvoir être accusé de faiblesse...
- vous plaisantez ? fit-il avec un fort accent d’une voix mi-surprise mi joyeuse en se tournant vers elle, tout sourire. Mademoiselle, connaissez vous Mr Riddle depuis longtemps ?
bien assez ! hurla intérieurement Ginny alors qu’elle soufflait « pas très » en notant que le sorcier avait utilisé le nom de baptême du mage noir.
Le petit homme se contenta d’acquiescer d’un signe de tête entendu et se replongea dans l’observation qui le captivait.

Lord Voldemort attendit que les fourmis aient disparu au loin et lança le sort.
Ginny, sous le choc, tomba à la renverse avant de se relever en frottant son dos endolori. La forêt, ou plutôt la jungle qui s’étendait en lieu et place des champs vides avait secoué la terre d’une telle force que tout autour d’elle avait tremblé.
Ginny se tordit le cou pour pouvoir apercevoir la cime des arbres qui s’élançait vers le ciel.
- des baobabs !! couinait le petit sorcier en s’afférant d’une plante à l’autre, se tordant les mains et trébuchant dans sa hâte. Mon Dieu ! des baobabs !! et là ! regardez ! couina-t-il pour les sorciers qui accouraient, regardeeeeeeeeeeeezzzzzz.

Ginny vit le petit sorcier pleurer d’émotion en touchant une plante particulièrement laide du bout des doigts. A moins que ce ne soit la douleur que cette fleur provoqua en refermant ses mâchoires sur son mollet qui ne lui tire quelques larmes.
Lord Voldemort contemplait la forêt d’un œil critique.
- il y a moyen d’enlever cela, à présent ?
L’homme au teint grisâtre s’empressa de lui expliquer la marche à suivre mais finit par se pendre à sa cape, l’implorant de lui laisser le temps de récolter quelques une de ces plantes rares au pouvoir inestimable.

Ginny s’approcha de la plante aux dents acérées, songeant qu’elle aurait sûrement plu à Neville, et encore plus à Hagrid. Le petit sorcier lui demanda de l’aide pour déraciner soigneusement l’un de ces spécimens, moins grand et moins dentu…
- quand je songe, disait-il d’une voix fébrile en tirant sur la tige épaisse, qu’à ma première tentative je n’ai pu faire fleurir que des pâquerettes et des pensées !!
Ginny éclata de rire en voyant les dents de la plante se refermer sur l’index du petit homme sans que celui-ci n’en tienne compte, tout à son admiration.
Là où l’un faisait pousser de jolies fleurettes, l’autre donnait naissance à des plantes gigantesques et carnivores…

La sorcière sursauta à son propre rire, lançant autour d’elle des regards inquiets avant de se concentrer à nouveau sur sa tâche. Pour la première fois depuis sa captivité, elle se laissait aller à une manifestation de joie et avait le sentiment que ce rire qui traversait le silence était un affront au sérieux de l’endroit.
Après avoir mordillé le doigt gris et sanguinolent, les dents de la plante se dirigèrent vers la peau délicate de Ginny, qui pourtant ne desserra pas son emprise.
- c’est bien ! approuva le petit sorcier avec un sourire satisfait alors qu’il avait un moment cru qu’elle retirerait ses doigts en hâte. Il ne faut surtout pas la lâcher, on y est presque !!
- Gérald, fit alors la voix calme de Lord Voldemort à leur côté, si ta plante pose une canine sur cette main, je la sèche sur place…

Le petit sorcier rit et tira un peu plus fort, déracinant enfin la plante en tombant à la renverse. Une mêlée s’ensuivit. La plante claquait des mâchoires tandis que l’homme tentait de ne rien lui offrir à mordre. Il parvint finalement à l’entourer de lianes solides, suant et soufflant comme un taureau.
Lord Voldemort approcha de la sorcière qui restait immobile et lui prit les mains, les retournant pour les observer avant de diriger son regard vers le sorcier exténué.
- vraiment, fit celui-ci, le souffle court, appuyé sur ses genoux, vous êtes doué !
- en aurais-tu douté ? railla Voldemort.
Gérald agita sa chevelure bouclée en souriant.
- on a beau savoir et être prévenu, ça n’en reste pas moins impressionnant. Hein ? fit-il en se tournant vers Ginny.

La mine paniquée de la sorcière et son teint rouge vif firent rire les deux hommes qui s’éloignèrent en portant chacun une plante : l’un à bout de bras en couinant sous les coups de lianes que la fleur rebelle lui administrait, l’autre en la faisant léviter d’un geste distrait jusqu’au manoir.
Ginny apprit ainsi que Lord Voldemort méritait bien la véritable légende qu’il incarnait. Il n’y avait rien qui puisse égaler sa puissance, en dehors peut-être de sa folie…

Chaque matin, la jeune femme avait en effet tout loisir de contempler sur son corps les preuves de cette folie, ce qui l’aidait fort bien à se rappeler à qui elle avait affaire : dos au miroir, elle tournait la tête pour apercevoir dans ce reflet la marque immonde, fine et claire, mais irrémédiablement encrée dans sa peau.
Même des mois plus tard, Ginny se souvenait avec amertume que, dès son second réveil au manoir, elle avait vu entrer le sorcier dans la salle de bain qu’elle occupait, et avait resserré autour d’elle la longue serviette qui couvrait son corps ruisselant d’eau.

Il s’agissait là d’une bien piètre défense car Lord Voldemort avait eu tôt fait de passer une main sous le doux tissu, parcourant son corps en se délectant comme de coutume du combat qu’il lisait dans son regard, ses yeux rivés à ceux de la jeune femme.
Ginny, des mois plus tard, se rappelait encore parfaitement du sourire à la fois satisfait et glacé qui lui avait laissé envisager une suite déplaisante à cette entrevue. Il avait sorti de la poche de sa chemise un léger médaillon, guère plus gros qu’une coccinelle, aux reflets verts et dorés.
Il l’avait tendu à Ginny, le posant au creux de sa paume et avait ri de son attitude indignée lorsqu’elle s’était aperçue qu’il s’agissait une nouvelle fois d’une représentation de la Marque des Ténèbres.

Approchant son visage du sien, il avait déposé un baiser furtif sur les lèvres immobiles de la jeune femme.
- je vais encore passer un excellent moment… avait-il susurré d’une voix qui avait empli Ginny d’appréhension.
La sorcière l’avait observé en silence, attendant avec crainte le déroulement de ses pensées.
- redis moi un peu, avait-il demandé, combien tu es à moi... et tout le reste…
La jeune femme avait fait de gros efforts pour dominer son caractère de Gryffondor et ne pas envoyer paître le sorcier. Cette obsession qu’il éprouvait pour ces paroles devenait ridicule, à son goût, mais elle s’exécuta malgré tout.
Ces mots lui paraissaient si vides de sens, à présent, si surfaits, qu’elle n’éprouva pas tant de rage que les deux jours précédents à les prononcer.

Si c’était là le prix de sa tranquillité, pourquoi pas…
- vous êtes mon unique Seigneur et je n’appartiens qu’à vous. Récita-t-elle presque d’une voix neutre.
Le regard du sorcier s’illumina d’une teinte mauvaise et Ginny sut qu’il ne cesserait pas là ses tortures psychologiques. Selon toute vraisemblance, si son plus cher désir était de la voir souffrir et étant donné que prononcer ces mots l’indifférait presque, il allait trouver matière à la faire enrager.
- dans ce cas… avait-il murmuré. Tu sais ce qu’est cette figurine ?
Ginny contempla à nouveau la petite bille en forme de crâne au fond de sa main. Malgré la taille minuscule de l’objet, le serpent qui en sortait était tout à fait identifiable.

La sorcière remarqua alors que cela semblait être constitué de poudre et leva un regard interrogateur vers le sorcier.
Celui-ci reprit son bien entre deux doigts d’un geste délicat avant de sourire de plus belle.
- c’est de la poudre d’encrivenin. Expliqua-t-il à la sorcière qui devenait livide.
Ginny fit un pas en arrière sous le regard de prédateur du sorcier.
- on utilise cette poudre fort utilement pour les tatouages ou les colorations de tissus fragiles. Expliqua-t-il inutilement.
Les oreilles de la sorcière bourdonnaient. Cette matière avait la particularité d’apposer une marque définitive sur tout tissu vivant. Une marque qui prenait la forme de l’objet qui avait été sculpté en elle…
Ginny fit un pas de plus en arrière, jusqu’à toucher la baignoire, et secoua négativement la tête d’un geste lent sans même s’en rendre compte, les yeux rivés sur la main du sorcier.

Celui-ci partit d’un rire froid et tendit sa main libre vers elle pour toucher sa joue. Ce contact fit sursauter Ginny qui reporta son regard vers le visage de Lord Voldemort.
- viens ici… murmura-t-il alors en la buvant des yeux.
Les jambes tremblantes de la jeune femme refusèrent d’obéir malgré la terreur que provoquait en elle l’idée de défier encore son tortionnaire.
- ça ne fait presque pas mal. Fit Lord Voldemort d’une voix faussement cajoleuse. Et tu peux même choisir où tu veux que je la dépose.
Ginny déglutit difficilement et ébaucha un autre pas en arrière mais son talon vint heurter le carrelage dont le bain était paré.
- je peux la mettre là, fit Voldemort en touchant la naissance de sa gorge, ou bien là… Son doigt venait de se poser sur le bras nu et frissonnant de la jeune femme. Ou encore ici, ajouta-t-il en riant vraiment, après avoir frôlé le front de sa captive.

Il avança alors vers elle, observant les larmes qui coulaient à présent sur ses joues.
- tous mes serviteurs se considéraient honorés et manifestaient leur enchantement de porter cette marque à grands cris, lorsque je la leur ai donnée. reprocha-t-il en mimant l’étonnement. Et toi, qui affirmes m’être totalement dévouée, tu en as peur ?
Le bras du sorcier entoura la taille de la jeune femme qui ne fit pas le moindre geste pour s’en défendre.
Tremblante et désespérée, Ginny observait tour à tour le visage et la main du sorcier. Voldemort put y lire toute sa détresse et aussi sa capitulation, mais comprit également que ce geste serait pour la jeune femme le plus difficile à endurer et étrangement, il en éprouvait un plaisir moindre que ce qu’il avait espéré.

Ginny ne se risqua même pas à le supplier de changer d’opinion et s’étonna de le voir l’enlacer sans brutalité, l’immobilisant cependant avec force. La jeune femme n’eut d’autre solution que de coller sa tête contre la poitrine du sorcier, où elle fut étonnée d’entendre battre un cœur. A cette pensée aigrie, elle ferma les yeux et frissonna lorsque Lord Voldemort lui parla d’une voix où ne perçait plus aucune cruauté.
- Il est impératif, fit-il, que je te donne cette marque… Ne bouge pas…
Ginny sentit la main du sombre Lord frôler sa jambe puis remonter vers ses reins, en dessous de la serviette humide.

La jeune femme sentit quelque chose lui piquer le dos, puis une brûlure intense irradia de cette blessure, lui tirant un faible cri de douleur.
Elle porta la serviette qui glissait à sa bouche et la mordit avec force en se calant un peu plus contre le sorcier dans un réflexe bien inutile pour tenter de se soustraire à la douleur qui parcourait son dos et une partie de sa jambe.
Le mage noir enserra plus étroitement la jeune femme durant quelques secondes.
- c’est fini ? Murmura-t-il enfin en la repoussant légèrement, la tenant par les épaules.
Ginny passa une main fébrile sur ses reins et, l’instant d’après, ramenait d’un geste vif la serviette sur sa nudité en rougissant.

La sorcière se laissa un peu de temps pour tenter de retrouver cette douleur, mais son corps ne la ressentait plus.
- grâce à cette marque, fit Voldemort, tu sauras lorsque tu dois me rejoindre. C’est une sorte… de lien.
Il claqua alors des doigts sous le nez de Ginny et elle sentit dans son dos une sensation de chaleur assez diffuse et douce.
- et bien sûr, ajouta le sorcier avec un sourire amusé, je peux rendre ce signal plus persuasif, si tu tardes à venir.
Il avait ensuite fait volte face après l’avoir embrassée encore, la laissant nauséeuse et abattue.


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Ginny avait mis de nombreux jours à se remettre de cette épreuve, et même après plus de cinq mois passés dans ce manoir, elle en frémissait toujours de honte et de dégoût.
Elle observait régulièrement ce tatouage minuscule, se rendant malade à vomir en songeant qu’elle en était réduite à devoir agir comme un animal domestique et à accourir au claquement de doigts de son maître, mais bénissait le ciel qu’il soit à un endroit de son corps relativement peu exposé aux regards.
Personne ne serait donc en mesure de voir cette marque, à part Lui, bien sûr.

Il prenait d’ailleurs souvent un malin plaisir à la frôler des doigts et l’embrassait parfois, provoquant chez la jeune fille des frissons de gène et de colère.
Qu’il dispose ainsi de son corps la maintint longtemps dans une fureur qu’elle avait du mal à contrôler puis, peu à peu, Ginny finit par s’habituer à ses assauts. En fait, elle était surtout rassurée par la certitude qu’il n’irait pas plus loin que ces caresses et ces baisers.
Pour une raison qui la dépassait, il se contentait seulement de ces gestes certes déplacés… doux euphémisme… mais sans aller au-delà de ces étreintes brûlantes.

Ginny constata avec amertume qu’au bout de plusieurs semaines, elle en était même venue à se demander si, tout simplement, elle n’était pas trop peu désirable pour lui plaire. Effarée de seulement pouvoir penser à cela, elle n’en observa pas moins le sorcier et ses réactions vis-à-vis des femmes en général et d’elle en particulier.
La sorcière tentait avant tout de deviner si il lui fallait craindre plus que ces caresses imposées ou si elle pouvait dormir tranquille. Du moins seule cette idée motivait ses observations.

Malgré tout, elle rougissait de plus en plus souvent en sentant le désir qui animait le sombre mage lorsqu’il se tenait près d’elle et elle eut beau tourner et retourner ces différentes considérations dans son esprit, elle ne put parvenir à admettre qu’il ne la désirait pas… Tout, chez Lord Voldemort, lui hurlait l’inverse. La moindre parcelle brûlante de sa peau témoignait du désir vorace qui l’animait…

Ginny fut finalement totalement convaincue de cet état de faits lorsqu’elle eut le malheur de croiser Bellatrix Black dans les couloirs du manoir, près de six mois après y avoir été amenée.
La sorcière, en visite pour rencontrer son maître et certains de ses anciens collègues l’avait toisée avec une expression de profond mépris sur le visage et, avant que Ginny ait eut le temps de s’éloigner de son aura malfaisante, elle avait fondu sur elle.
- misérable chienne ! avait-elle craché à son encontre en enfonçant la pointe de sa baguette dans ses côtes. Tu n’es rien de plus qu’une traînée que mon Maître aura tôt fait d’oublier ! Il se débarrassera de toi très bientôt, j’en suis persuadée, et ce jour là, je serais là pour t’accueillir !

Ginny l’avait regardée, perplexe, tant étonnée de sa haine inexplicable que de ses mots. Lord Voldemort ? L’oublier et se débarrasser d’elle ?! Mon dieu ! Pourvu que ce soit pour demain ! Hurlait Ginny en son for intérieur.
Qu’est-ce qui pouvait permettre de croire à cette folle hystérique que l’éventualité de voir Voldemort lui redonner sa liberté pourrait lui être désagréable ?

Cependant, elle n’avait pas eu le temps de plus s’interroger : la sorcière haineuse lui avait fait subir un doloris expert. Ginny eut soudain l’impression que ça vie allait s’arrêter à la seconde et contrairement à ce qu’elle était en droit de penser, elle désirait vivre.
Elle s’écroula au sol, se recroquevillant sur elle-même en serrant ses bras autour de sa tête, réfrénant les hurlements de douleur qu’elle refusait d’offrir à la sorcière brune.
- tu vois ? avait-elle susurré à l’oreille de Ginny après l’avoir relevée entre deux sorts. C’est Le Seigneur des Ténèbres qui m’a enseigné cela. J’ai tout appris de lui…

Entre deux spasmes de douleur, Ginny avait pu percevoir le sourire fou de la sorcière et enfin, son expression de terreur lorsque le Maître était intervenu.
Il avait empoignée Bellatrix à la gorge et Ginny en était restée muette : ce geste là était vraiment emprunt de haine et de fureur. Il avait véritablement l’intention de blesser Bellatrix et Ginny passa une main nerveuse sur son propre cou, là où il avait si souvent posé cette main… mais jamais avec autant de dureté…

Ginny observait la scène, trop endolorie pour pouvoir se relever, et se remémorait ces instants où il s’était emporté contre elle… Jamais il n’avait pourtant eut cette expression ni cette brutalité et la jeune femme en fut terrorisée : ainsi donc, il pouvait être bien pire que ce qu’elle avait connu de lui…
- Bellatrix… avait-il dit d’une voix parfaitement calme qui le rendait d’autant plus effrayant. Je ne crois pas t’avoir autorisée à te distraire de la sorte.
- pardonnez moi, Maître. Avait supplié la sorcière d’une voix pitoyable qui contrastait avec le ton dur qu’elle avait employé peu avant. Pardonnez moi… elle a fait preuve d’irrespect et…
Le Lord Noir avait encore resserré ses doigts autour de la gorge de la sorcière et Ginny avait observé avec horreur le visage impassible de Lord Voldemort.

Pas un instant, il ne perdit le contrôle de lui-même.
- tu sais pourtant, avait-il reproché, que je déteste que l’on touche à ce qui m’appartient.
Ginny avait grommelé d’inintelligibles paroles à ces mots mais le sorcier ne lui avait pas accordé un regard.
- la prochaine fois que tu l’importunes, avait promis Lord Voldemort, je te tue…
Bellatrix avait frémi d’appréhension, suffoquant sous la poigne de son maître.
- et peu m’importe ce qu’elle peut te dire ou faire… Je suis le seul ici à avoir le droit de la punir…
Ginny avait à nouveau émis un gargouillis de protestation en se relevant. Le sorcier avait alors relâché son étreinte et, se tournant vers elle, lui avait ordonné de rejoindre sa chambre. Sans plus accorder un regard ni une parole à Bellatrix, il avait ensuite poursuivi sa route.

La sorcière brune avait foudroyé la jeune femme du regard avant de s’éclipser, le pas rageur.
Jusqu’au soir, Ginny avait repassé ces images dans son esprit torturé. Le calme du sorcier et son visage impassible la hantaient et une multitude de questions se bousculaient en elle.
Lord Voldemort lui était jusqu’à présent apparu comme un dément incapable de contrôler ses pulsions et ses colères hors aujourd’hui, elle avait eu l’a preuve qu’au contraire, il pouvait parfaitement être maître de lui-même.
Ginny frissonna en songeant qu’il devait y avoir en elle quelque chose qui le déstabilisait au point de ne plus pouvoir se maîtriser et les paroles du sorcier résonnèrent en elle, comme un écho. La soumission béate de Bellatrix le laissait indifférent. Celle, douloureuse et imposée qu’endurait Ginny le rendait fou de désir.
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