S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Les Survivants par alixe

[464 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Cette histoire se base sur les sept volumes du cycle de Harry Potter écrits par la talentueuse Joanne K. Rowling et son Chat du 30 juillet 2007.

Relecture : Fenice, Andromeda, Steamboat Willie, Monsieur Alixe .

Repères chronologiques

2 mai 1998 : Bataille de Poudlard

Période couverte par le chapitre : 4 mai 1998


II : Cérémonie à Poudlard

Quand Ron et Harry descendirent le lendemain matin, Mrs Weasley avait les yeux rouges. Elle tenta cependant de faire comme si de rien n'était et les servit en parlant autant qu'à son habitude. Cette jovialité forcée faisait peine à voir.

Lors du Potterveille du soir précédent, Lee s'était réjoui de la chute de Voldemort et avait transmis les directives du ministère. Ensuite, il s'était présenté sous son nom véritable, avant d'indiquer qu'il partageait avec les jumeaux Weasley la paternité de cette émission. Enfin, il avait annoncé la mort de Fred et prononcé son éloge funèbre, puis en avait fait autant pour Remus Lupin et Nymphadora Tonks-Lupin.

Harry avait senti ses yeux le brûler. Il les avait discrètement essuyés sans oser regarder les autres. Il ne souhaitait ni montrer son émotion ni s'immiscer dans l'intimité de la famille Weasley, même s'il partageait leur chagrin.

— Je veux que ce soit Lee qui parle pour Fred à l'enterrement, avait sangloté Mrs Weasley avant de s'effondrer sur l'épaule de son mari.

Mr Weasley l'avait serrée contre lui, les joues trempées de larmes. Harry s'était discrètement levé pour les laisser pleurer leur fils. Hermione l'avait suivi à l'étage tandis que Ron et Ginny se rapprochaient de leurs parents.

Il était encore éveillé, les yeux grands ouverts dans le noir, quand son ami était arrivé et avait rejoint son lit libéré de la goule. Harry n'avait rien osé dire, doutant autant de sa capacité à consoler Ron, que de celle de son ami à recevoir sa compassion.

Ron et Harry finissaient leur petit-déjeuner quand Charlie entra dans la cuisine.

— Tu es déjà debout ? s'étonna sa mère. Tu es rentré si tard…

— Il y a du travail à Poudlard, répondit laconiquement son fils.

Harry se souvint que l'hommage funèbre des victimes de la guerre s'y déroulerait l'après-midi même.

— Je devrais peut-être y aller pour vous aider, proposa Molly.

— Non, Maman, George a besoin de toi. C'est pour lui que ce sera le plus dur, insista Charlie en regardant Ron comme pour lui indiquer qu'il aurait lui aussi un rôle à jouer auprès de son frère.

Après avoir terminé de manger, Ron et Harry se rendirent dans le jardin.

— Ça va ? demanda timidement Harry à son ami.

— Oui, oui, répondit Ron. Je crois que je ne réalise pas encore, confessa-t-il après un moment de silence. Bon, si on dégnomait ce jardin ?

Harry le regarda, éberlué.

— Ça fera plaisir à maman, justifia Ron.

Quand les garçons regagnèrent la maison, Ginny et Hermione assistaient Molly dans ses tâches ménagères. Ensuite, ils s'attelèrent tous à la préparation du repas de midi, sous le regard d'un George toujours apathique.

Arthur arriva à onze heures et demie en compagnie de Kingsley Shacklebolt qui avait le visage gris de fatigue. Il s'effondra sur un siège de la cuisine et Mrs Weasley s'empressa de poser une assiette pleine devant lui.

— Tout se passe bien ? demanda-t-elle.

— Pas aussi vite que certains le voudraient, grimaça le ministre.

— Et ce ne sont pas ceux qui ont pris le plus de risques qui protestent le plus, grogna Arthur.

— C'est toujours comme ça, dit Molly d'une voix apaisante. Faites les choses comme vous le pouvez et laissez dire les autres.

Shacklebolt eut un sourire désabusé avant de concentrer son attention sur Harry :

— Tu vas bien, mon garçon ?

— Ça va.

L'ancien Auror n'insista pas, mais Harry comprit qu'il espérait une réponse plus détaillée.

— Vous… vous voulez que je raconte ce que j'ai fait, n'est-ce pas ?

— Si tu le désires, Harry.

— Et seulement devant ceux avec qui tu souhaites partager ton histoire, compléta Arthur en esquissant un pas vers le salon.

Harry regarda ceux qui l'entouraient. Devait-il demander à Molly, Arthur, George et Ginny de les laisser ? Tous quatre ne lui avaient jamais fait défaut et ils méritaient de connaître le rôle de Ron dans sa victoire. Il se dit aussi que Ginny ne lui pardonnerait jamais de la faire sortir maintenant. Il le lisait clairement dans le regard menaçant qu'elle braquait sur lui.

— Vous pouvez tous rester.

Il prit le temps de réfléchir sur ce qu'il pouvait révéler. Il choisit de ne pas omettre les Horcruxes et les Reliques de la Mort, mais d'éviter de donner trop d'indications à leur sujet. Il expliqua donc que Dumbledore l'avait chargé de détruire certains objets appartenant à Voldemort, en vue de vaincre définitivement le mage noir. Il raconta comment il avait vécu plusieurs semaines au Square Grimmaurd avec Ron et Hermione puis leur décision d'infiltrer le ministère pour récupérer le médaillon en possession d'Ombrage.

Il parla ensuite de leur vie de fugitifs en pleine campagne, de leur manque d'indices pour continuer leur enquête. Il préféra passer sous silence le départ temporaire de Ron et sauter directement à la visite à Godric's Hollow. Il fut étonné de se souvenir avec acuité de la terreur qu'il avait éprouvée pendant la confrontation avec Nagini et de son désespoir quand il avait contemplé les deux morceaux de sa baguette brisée.

— Quelques jours plus tard, continua-t-il, Rogue m'a envoyé son Patronus pour m'indiquer où était l'épée de Gryffondor. Il savait que Scrimgeour ne me la donnerait pas, alors il l'avait cachée dans un endroit où je pourrais la récupérer. Celle qu'il avait dans son bureau était une fausse, ajouta-t-il, provoquant une exclamation de dépit de Ginny.

— Rogue ? s'étonnèrent d'une seule voix Arthur Weasley et Shacklebolt.

— Oui, confirma Harry. J'ai découvert qu'il était resté fidèle à Dumbledore et qu'il avait fait son possible pour continuer son combat jusqu'au bout.

— Mais enfin, il a assassiné le professeur Dumbledore, s'écria Molly. C'est toi-même qui nous l'as raconté, Harry.

— C'était prévu depuis le début. Dumbledore était gravement blessé et n'avait plus beaucoup de temps à vivre. Alors il a demandé à Rogue de le tuer à la première occasion. Je sais que c'est difficile à croire.

— D'accord, Harry, nous te faisons confiance. Continue ton récit, exigea Shacklebolt.

Molly, qui s'apprêtait à répliquer ravala ses interrogations tandis que son mari fronçait les sourcils, manifestement peu convaincu.

Harry expliqua donc comment Ron avait détruit le médaillon. Puis il parla de Xenophilius Lovegood, du conte des Trois Frères dans le livre d'Hermione et fit la part de la légende et de la réalité. Sans parler de la trahison du père de Luna, il passa à leur arrestation par les Rafleurs et leur détention au Manoir Malefoy. Il raconta ensuite comment Dobby les avait sauvés et s'était sacrifié dans l'aventure.

Il continua avec le récit de leur collaboration avec le gobelin, le braquage du coffre de Bellatrix Lestrange à Gringotts et leur fuite à dos de dragon. Il avoua la connexion mentale qui le reliait toujours à Voldemort et expliqua comment il avait appris que le dernier objet qu'ils recherchaient se trouvait à Poudlard.

— Pendant que les gens commençaient à se battre, on l'a retrouvé et on l'a détruit, indiqua Harry.

Shacklebolt le regarda avec intensité, mais il sut retenir la question qui lui brûlait les lèvres.

— Ensuite, je suis allé au-devant de Voldemort. Je n'avais plus le choix : cela devait se finir comme ça.

Molly secoua la tête comme si elle n'arrivait pas à se convaincre que de telles situations puissent exister.

Harry expliqua comment il avait pu survivre une fois de plus au maléfice mortel, grâce à la protection de sa mère toujours active dans le sang de Voldemort.

J'ai fait semblant d'être mort pour avoir l'occasion de le tuer plus tard. Narcissa Malefoy qui avait été chargée de vérifier que tout était terminé a menti pour me couvrir. Voldemort a fait ramener mon corps à Poudlard par Hagrid. Vous connaissez la suite.

Harry se tut, attendant les questions qu'on ne manquerait pas de lui poser.

— Ce que je n'ai pas compris, fit le ministre d'un ton dubitatif, c'est comment tu as fait pour repousser un Avada avec un Expelliarmus.

— Sa baguette ne voulait pas vraiment me tuer. Ça m'a permis de lui renvoyer son sort.

— Et qui nous dit que Vous-Savez-Qui ne va pas revenir de nouveau, s'inquiéta Arthur.

— Nous avons détruit tous les objets magiques qui le rattachaient à la vie, le rassura Harry.

— Je ne suis pas certain d'avoir bien compris cette histoire de baguette. Était-ce vraiment celle fabriquée par les frères Peverell ? interrogea Shacklebolt.

— Tout à fait, mais Vous-Savez-Qui ne l'avait pas gagnée de la bonne façon pour en devenir maître. C'est ça qui m'a permis de le battre.

— Et qui est le maître de cette baguette, maintenant ? demanda Kingsley. C'est toi, comme tu le lui as affirmé ?

— Oui, mais je n'ai pas l'intention de l'utiliser. J'ai réparé la mienne et je vais cacher l'autre. Comme ça, quand je vais mourir, son pouvoir va disparaître.

— Je ne pense pas que ce soit si simple, objecta Hermione les sourcils froncés. Mais ce n'est pas le moment d'en discuter, je dois faire des recherches, conclut-elle ce qui arracha un soupir mi-exaspéré, mi-attendri à Ron.

— Si j'ai bien compris, tu as la cape des fameuses Reliques de la Mort, résuma Shacklebolt. As-tu une idée de l'endroit où est la pierre de Résurrection ?

— Non, je ne sais pas et je ne veux pas le savoir, affirma fermement Harry qui ne se souvenait pas où il l'avait laissée tomber dans la forêt.

Le ministre repartit après avoir remercié le Survivant pour son récit et Molly pour son accueil.

— Il est temps de manger, fit alors Mrs Weasley.

Tout le monde se rembrunit en pensant au programme de l'après-midi. Ils déjeunèrent dans un silence quasi absolu, puis ils montèrent dans leur chambre pour se changer. Molly leur avait préparé des robes foncées, soigneusement repassées.

Ils se retrouvèrent dans le salon. Molly portait un voile de crêpe noir pour dissimuler ses yeux rougis. Son mari était coiffé d'un chapeau sombre qui le vieillissait. Quant à George, tout son maintien respirait le désespoir.

— Allons-y, dit simplement Arthur en tendant le pot de poudre verte.

C'était la cheminée de la gare de Pré-au-Lard qui servait de destination à tous les sorciers du pays venus se recueillir sur le corps des héros. De nombreuses familles marchaient sur le chemin menant à Poudlard, toutes vêtues de sombre et le visage triste. On n'entendait que le son des graviers roulant sous les souliers et les sanglots étouffés. Nul n'osait élever la voix, se contentant de chuchoter. Quand des connaissances se retrouvaient, elles se dévisageaient en silence avant de s'étreindre pour partager leur douleur.

Ils franchirent le portail gardé par les sangliers ailés, puis se rapprochèrent du château. Sur les berges du lac, Harry put voir un immense dais de toile blanche, long de plusieurs dizaines de mètres. Il ombrageait toute une série de tables alignées sur deux rangs. Harry songea tout d'abord à la disposition de la Grande Salle pendant les examens, avant de comprendre et de s'arrêter net sous le choc. Il entendit Molly gémir et Ginny éclater en sanglots. Il aurait aimé pouvoir en faire autant. Tout, sauf ce poids insupportable qui l'empêchait de respirer.

Les tables se révélaient être des autels en marbre blanc sur lesquels reposaient des corps enveloppés dans des linceuls. Harry avait déjà aperçu les dépouilles de ses amis l'avant-veille, mais embrasser ainsi d'un seul regard la totalité des victimes était bouleversant. Il s'arracha péniblement à sa douloureuse contemplation et s'éloigna du macabre spectacle. Ron le rejoignit, le teint verdâtre.

À quelques mètres de lui, Harry repéra Padma Patil avec ses parents. Elle était défigurée par un large pansement qui lui entourait la tête. Il chercha Parvati des yeux et la trouva près d'une Lavande qui avait le bras en écharpe. Cette dernière les vit également et vint vers eux. Elle se jeta dans les bras de Ron qui lança un regard paniqué en direction d'Hermione, juste derrière lui. Mais celle-ci ne songea pas à lui faire le moindre reproche. Au contraire, elle se pencha vers sa condisciple pour lui murmurer des paroles de réconfort.

Un peu plus loin, il aperçut le jeune Dennis Crivey accompagné de ses deux parents, vêtus à la moldue, l'air perdus. Il s'avança vers eux.

— Je m'appelle Harry Potter, se présenta-t-il. Votre fils était dans ma maison. Toutes mes condoléances.

— Harry Potter ? Il nous a beaucoup parlé de vous, répondit Mr Crivey. Il vous admirait énormément !

— Aujourd'hui, c'est moi qui l'admire, assura Harry.

— Mais comment a-t-il pu mourir en se battant ? gémit sa mère. Il n'avait que seize ans !

— Je te l'ai expliqué, Maman, murmura Dennis d'une voix lasse.

Harry eut un sourire gêné et hocha la tête pour prendre congé. Alors qu'il revenait près des Weasley, il vit avancer une femme voilée de crêpe qu'il n'aurait pu reconnaître si elle n'avait pas eu un bébé dans les bras.

— Mrs Tonks ! s'écria-t-il en allant vivement à sa rencontre.

Il ne pouvait voir l'expression de son visage mais il pressentit qu'elle avait besoin de soutien. Il lui prit doucement Teddy. Alors qu'il cherchait encore ses mots, le voile noir de Mrs Weasley passa en voltigeant devant lui.

— Oh, Andromeda !

Les deux femmes se jetèrent dans les bras l'une de l'autre, abîmées de douleur.

Harry recula en effleurant des lèvres le front du bébé. Il jongla un peu pour lui trouver une position confortable. Finalement, il cala Teddy contre lui, faisant reposer le menton de l'enfant sur son épaule.

— Ça te va ? La vue est belle, là-haut ? s'enquit Harry, alors que Teddy levait la tête pour regarder dans le dos de son parrain.

Teddy lui répondit en bavant de bonheur. Harry s'éloigna de Molly et Andromeda pour dire bonjour à Luna qui marchait un peu plus loin. Mais avant de l'atteindre, il entendit claironner une voix qu'il avait appris à détester :

— Ça alors, Harry Potter ! Mais que vois-je ? Quel a-do-ra-ble bébé ! Et nous qui nous demandions où vous étiez passé ces derniers mois. Il semble que le grand Harry Potter ait été davantage porté sur l'amour que sur la guerre !

— Rita Skeeter ! grinça Harry.

— Monsieur Potter, quel effet cela fait-il de devenir père à dix-sept ans ? Qui est l'heureuse maman ? Êtes-vous marié avec elle ? Oh, mais je crois que je la vois accourir ! Cette chère Miss Parfaite. Ou plutôt devrais-je dire Mrs Ex-Parfaite ? Où avez-vous laissé votre auréole, très chère ?

— Ça suffit, grogna Ron qui accompagnait Hermione.

— Ooooh, je vous prie de m'excuser, aurais-je gaffé ? Êtes-vous jaloux, Mr Weasley ? Vous êtes-vous battu pour les yeux de votre belle ou vous êtes-vous noblement effacé comme un gentleman ?

Les oreilles de Ron rougirent, mais ce fut Harry qui réagit le premier. De sa main libre, il saisit le bras de la journaliste et la fit pivoter vers le dais funéraire :

— Si vous voulez interroger les parents de l'enfant, c'est là-bas qu'il faudra vous adresser ! gronda-t-il. Et je vous conseille de ne plus jamais vous attaquer aux miens. J'en sais assez pour vous envoyer à Azkaban et je ne m'en priverai pas !

— Nous avions conclu un accord ! siffla-t-elle. J'ai rempli ma part !

— Vous avez négocié avec Hermione, pas avec moi. Par conséquent, vos petits arrangements ne me concernent pas.

— C'est une déclaration de guerre ? demanda Rita Skeeter en levant le menton.

— Seulement si vous vous attaquez à moi ou mes amis, recadra Harry en la regardant droit dans les yeux.

Elle éclata d'un rire qui sonna faux :

— Eh bien, il faut croire que les derniers évènements vous ont fait enfler la tête une nouvelle fois. Vous vous prenez bien assez au sérieux pour que je ne vous fasse pas de publicité supplémentaire. Si vous faites la Une, ce ne sera pas de mon fait.

— Cela me va très bien, fit sèchement Harry.

Rita tourna les talons et les planta là.

— Quelle garce ! s'écria Ron. On devrait lâcher maman sur elle.

— Je pense qu'elle a compris qu'elle avait intérêt à laisser Harry tranquille, les rassura Hermione. Au fait, où as-tu trouvé Teddy ?

— On trouve généralement les bébés dans les choux, non ? répondit Ron à la place de Harry.

Harry et Hermione le dévisagèrent.

— Désolé, dit Ron avec un sourire crispé. Je ne supporte pas… tout ça. Je ne suis pas drôle, je sais.

À la grande gêne de Harry, il y avait des larmes dans ses yeux.

— Tu fais honneur à Fred en réagissant comme ça, lui dit gentiment Hermione. S'il te voyait, il serait très fier de son petit frère.

— Tu crois ? demanda Ron d'une voix incertaine.

Pour toute réponse, Hermione le serra contre elle et Harry décida qu'il n'avait que trop tardé à aller dire bonjour à Luna. Il la rejoignit un peu plus loin, en compagnie de son père. Xenophilius avait beaucoup maigri lors de son séjour à Azkaban.

— Bonjour Harry ! Tu ne devrais pas porter ce bébé contre ton épaule droite, cela donne des hémorroïdes.

— Comment vas-tu, Luna ? Bonjour Mr Lovegood.

— Bonjour, Monsieur Potter, cela fait bien longtemps que nous nous sommes vus, répondit aimablement le journaliste, ne se souvenant manifestement pas de leur dernière rencontre.

— Où logez-vous maintenant ? demanda Harry en songeant que leur maison n'était plus habitable après l'explosion de la corne d'éruptif.

— Des cousins nous ont hébergés, l'informa Luna. De toute façon, je vais revenir à Poudlard.

— On se reverra en septembre, alors.

— Harry ! s'exclama une voix bourrue.

Le Survivant eut tout juste temps de fourrer Teddy dans les bras de Luna avant de se retrouver écrasé contre un demi-géant.

— Hagrid, coassa-t-il tentant de reprendre son souffle.

— Je suis si heureux que tu sois vivant ! s'écria le garde-chasse.

— Moi aussi, assura Harry. Je veux dire que vous et Graup alliez bien, précisa-t-il.

Le colosse se tourna vers Luna qui faisait des grimaces au bébé :

— Mais c'est le petit Teddy, le reconnut-il. Ses deux parents disparus, quelle tragédie !

Avec une douceur surprenante, il cueillit l'enfant dans les bras de la jeune fille.

— Se retrouver seul si jeune, soupira-t-il. Tu te rappelles, Harry ? Tu étais à peine plus vieux que ça quand je suis allé te chercher la première fois…

Les larmes empêchèrent le géant de continuer.

— Je n'ai que de très vagues souvenirs de ce jour-là, reconnut Harry. Mais je sais que j'ai eu de la chance de tomber sur un homme comme vous.

Un carillon se fit entendre et la voix de la professeure McGonagall résonna :

— Mesdames et Messieurs, le service funèbre va commencer. Vous pouvez prendre place devant l'entrée du château.

Harry récupéra Teddy et suivit la foule qui se dirigeait docilement vers l'endroit indiqué. Des centaines de chaises les attendaient, comme pour l'enterrement de Dumbledore. Harry repéra les Weasley et entreprit de les rejoindre.

Il eut conscience que beaucoup de gens se retournaient sur son passage ou se poussaient du coude pour faire remarquer sa présence. Il fit comme s'il ne voyait rien, mais se demanda ce qu'ils pensaient du bébé perché sur son épaule. Il décida qu'il s'en fichait.

Bill, Fleur, Charlie et Percy avaient déjà rejoint Arthur, Molly et Ginny. Harry s'assit près d'Andromeda qui était restée aux côtés de Molly. Elle ne fit pas mine de reprendre son petit-fils et Harry installa donc Teddy sur ses genoux. Après deux essais, il parvint à le caler pour l'empêcher de glisser. Hermione hocha la tête avec approbation quand elle et Ron arrivèrent à leur tour pour se placer près de lui.

Quand tout le monde fut installé, Kingsley Shacklebolt rejoignit la professeure de métamorphose sur l'estrade qui faisait face au public et prit la parole :

— L'année écoulée a été éprouvante pour nous tous. Des imposteurs ont pris le pouvoir et des lois scélérates ont été votées. Des innocents ont été jetés en prison et de paisibles citoyens ont dû prendre la fuite. D'honnêtes travailleurs ont perdu leur emploi et des enfants se sont vu refuser le droit de s'instruire. En se quittant le matin, les familles ne savaient pas si elles se retrouveraient le soir.

Harry vit des époux échanger un regard, des parents vérifier que leurs enfants étaient bien près d'eux. Il songea à Mr et Mrs Weasley qui étaient restés des mois sans nouvelles de leur plus jeune fils. Il comprit un peu mieux la rancœur de Ginny.

— Nous avons vécu dans la peur et dans la honte. Mais certains d'entre nous ont réagi. Les actes de résistance ont pris des formes diverses : de simples silences ont parfois sauvé des vies ; des papiers judicieusement égarés par un fonctionnaire ont permis à certains d'échapper au sort qui leur était promis ; des foyers ont accueilli des inconnus ; des portoloins menant à l'étranger ont été fournis ; une école clandestine a vu le jour ; des sortilèges de protection ont été jetés sur des maisons voisines ; une émission de radio illégale a rendu l'espoir à des sorciers désespérés.

« Quand la rumeur a annoncé que Poudlard allait se soulever, nombreux sont ceux qui ont répondu à l'appel et sont accourus. Le professeur Dumbledore n'est pas mort en vain, car Poudlard, malgré le refus d'accueillir certains élèves, malgré les sévices infligés aux étudiants, malgré la présence de deux Mangemorts en ses murs, Poudlard est resté le symbole de la résistance et de la lutte contre la tyrannie. Pour beaucoup, reprendre Poudlard valait tous les combats et tous les sacrifices.

« Cinquante-trois sorciers ont donné leur vie pour y parvenir. Des dizaines d'autres ont été blessés. Ils s'ajoutent à tous ceux qui ont été assassinés cette année sur l'ordre d'un gouvernement illégitime.

« Aujourd'hui, nous pleurons nos morts. Dès demain, notre justice aura à cœur de châtier ceux qui nous ont fait subir tout cela. Mais notre priorité des jours prochains devra être de rebâtir. Rebâtir notre société en reprenant nos fonctions et nos métiers au plus vite. Rebâtir nos familles en retrouvant nos maisons. Rebâtir notre communauté en partageant ce que nous avons pour que les plus touchés d'entre nous ne restent pas démunis.

« Vous le savez, de nombreuses baguettes ont été indûment confisquées. Le magasin de la société Ollivander ayant été pillé, il faudra du temps pour régler ce problème. En attendant que nous trouvions une solution, aidez ceux qui sont privés de magie. Donnez, partagez et oubliez ces mois de peur et de suspicion. C'est la meilleure façon de rendre hommage à ceux que vous pleurez aujourd'hui et de faire en sorte qu'ils ne soient pas morts pour rien !

Shacklebolt recula. Minerva McGonagall prit aussitôt la parole, coupant le bruissement des commentaires du public :

— Je vais vous lire la liste de nos disparus. Peu d'entre vous les connaissaient tous. Moi, si. Chaque nom est pour moi celui d'un enfant que j'ai vu grandir et dont j'ai vu se développer l'esprit et la personnalité. Pour chacun je ressens une immense fierté et une profonde tristesse.

La sous-directrice se racla la gorge et commença :

— Ackerley Melissa, assassinée alors qu'elle s'opposait à l'arrestation de son mari. Bundy Melanie, lâchement livrée aux Détraqueurs. Crivey Colin, tombé pour libérer Poudlard.

La liste continua ainsi pendant de longues minutes. Harry repéra des noms de gobelins, d'elfes et de centaures et s'en félicita. Il regarda rapidement autour de lui et trouva des groupes de non humains, frileusement serrés les uns contre les autres, au sein de la foule des sorciers.

Au milieu de cette lente litanie, il entendit : Lupin Nymphadora, tombée pour libérer Poudlard. Lupin Remus, tombé pour libérer Poudlard. Puis : Tonks Ted, assassiné par des Rafleurs. Et enfin : Weasley Fred, tombé pour libérer Poudlard.

Un long silence s'ensuivit, seulement troublé par des pleurs étouffés. Pour conclure, la professeure McGonagall annonça :

— Nous restons à votre disposition pour procéder à la levée des corps. Vous pouvez maintenant vous recueillir auprès de vos proches si vous le désirez.

L'assemblée se leva lentement pour retourner près du dais mortuaire, tout en commentant à voix basse la cérémonie. Harry entendit plusieurs sorciers demander pourquoi on n'avait pas parlé de Harry Potter. Parce que j'en ai réchappé, eut-il envie de répliquer. Il était reconnaissant à Kingsley de ne pas l'avoir cité. Aujourd'hui était un jour de deuil et c'était aux victimes qu'il fallait penser.

Cette fois-ci, il supporta mieux la vue de la rangée de linceuls. Le corps chaud de Teddy avait un effet réconfortant et il eut le courage de s'approcher. Au pied de chaque gisant, l'identité du défunt était inscrite en lettres dorées.

Dans les mouvements de la foule, Harry avait perdu les Weasley et Andromeda, mais il savait où ils avaient l'intention de se rendre. Il longea les autels en lisant les noms.

— On va dire au revoir à papa et maman, d'accord Teddy ?

Le bébé bavait toujours avec sérénité, ce que Harry interpréta comme une réponse positive. Remus et Nymphadora reposaient côte à côte. Il s'arrêta sur la bande de gazon se trouvant entre les deux corps.

— On a gagné, finalement, prononça Harry. J'aurais préféré que vous soyez à mes côtés, mais on ne peut rien y faire, maintenant. Comme vous pouvez le constater, Teddy et moi on ne s'entend pas trop mal. Je ne pourrai jamais vous remplacer, mais je vous promets de faire mon possible pour que votre bébé ne se sente jamais seul, qu'il sache qu'il a une famille qui l'aime et que ses parents se sont battus pour assurer son futur.

— Merci, Harry, fit la voix cassée d'Andromeda.

Elle se tenait juste derrière lui, entourée de Molly et Arthur Weasley.

— Oh ! je… Enfin, on verra ce qu'il en dira dans quelques années, balbutia Harry.

Andromeda, toujours dissimulée par son voile, hocha la tête dans sa direction puis se tourna vers la dépouille de sa fille. Les Weasley restèrent un moment auprès des corps de Remus et Tonks, puis repartirent par petits groupes. Molly dit doucement à la mère éplorée :

— Nous allons voir notre garçon. N'hésitez pas à venir nous rejoindre quand vous aurez fini.

— Tu peux garder Teddy ? demanda la grand-mère à Harry, en s'arrachant à sa contemplation.

— Oui, bien sûr.

— Voilà son sac. Il y a sa couverture et son biberon. Il faut appliquer un sort de Réchauffement et…

— Tout ira bien, Andromeda, nous le lui expliquerons, fit Molly d'une voix apaisante.

Fred était le dernier de sa rangée. Bill et Fleur soutenaient George, avec Percy juste derrière eux. Ginny s'était réfugiée dans les bras de Charlie et Ron s'agrippait à la main d'Hermione. Mrs Weasley lâcha son mari pour s'avancer et, d'un geste machinal, lissa le linceul pour qu'il tombe mieux.

Harry se recueillit avec eux. Soudain, Teddy, qui jusque-là avait été très calme, commença à se tortiller puis se mit à pleurer. Harry, après avoir tenté de le changer de position, lança un regard éperdu autour de lui. Hermione abandonna Ron pour voler à son secours. Il lui montra le sac de Teddy qui était à ses pieds. Elle le ramassa et ils s'éloignèrent un peu.

— Il a peut-être faim, diagnostiqua Hermione.

— Il sent surtout très mauvais, grimaça Harry. Je suppose qu'il faut changer sa couche.

— N'oublie pas que tu es sorcier, Harry, répliqua Hermione en fouillant dans le sac. On ne change pas les couches ici, on les nettoie… Ah, je l'ai !

Elle sortit une petite couverture qu'elle étendit sur l'herbe.

— Pose-le dessus, ordonna-t-elle. Tu peux soulever sa robe et ouvrir ses langes.

— Euh, fit Harry.

— C'est toi le parrain, insista Hermione.

Le nez pincé, Harry défit les boutons qui retenaient le carré de coton autour des hanches du bébé.

— Maintenant, il faut lancer un Evanesco là où c'est sale, continua la jeune fille, comme si elle récitait une page lue dans un livre. Comme pour nettoyer ton chaudron à la fin du cours, précisa-t-elle en voyant Harry hésiter.

Harry décida de faire confiance aux connaissances théoriques d'Hermione et s'en félicita quand les choses s'arrangèrent nettement.

— Voilà, tu n'as plus qu'à refermer le tout, acheva Hermione d'un ton soulagé.

Ce fut plus facile à dire qu'à faire, Harry ne se souvenant plus dans quel ordre il avait défait les boutons ni à quelle boutonnière ils correspondaient. Sans compter que Teddy ne s'était toujours pas calmé et semblait de plus en plus en colère. Son parrain parvint finalement à le rhabiller de façon approximative.

Pendant ce temps, Hermione avait continué à fouiller dans le sac. Elle en avait sorti un biberon qu'elle réchauffa d'un sort. Elle dut s'y prendre à plusieurs fois pour que le lait soit à une température qu'elle juge acceptable.

— Donne-lui ça, ordonna-t-elle.

— Mais comment ? s'affola Harry.

— Je suppose qu'il saura faire. Arrange-toi simplement pour lui mettre la tétine dans la bouche.

Harry, toujours à genoux dans l'herbe, fourra le biberon dans la cavité hurlante de son filleul. Après quelques glougloutements surpris, Teddy se mit à téter goulûment. Harry n'avait jamais autant apprécié le silence. Il se rendit compte qu'il était trempé de sueur et qu'il avait les jambes tremblantes de nervosité.

— Un jour, tu m'expliqueras comment tu fais pour être aussi calme quand on est en pleine catastrophe ! maugréa-t-il à Hermione.

— Il suffit de se concentrer sur la solution, haussa-t-elle les épaules.

Elle ferma le sac du bébé et s'installa plus confortablement dans l'herbe. En prenant bien soin de ne pas désolidariser Teddy de son repas, Harry s'assit en tailleur. Quand son cœur eut repris son rythme normal, il se dit qu'il pouvait être fier de sa performance, tout compte fait. Il ne se débrouillait pas si mal en tant que parrain.

Finalement, Teddy arriva à la fin de sa collation. Harry tendit le biberon à Hermione pour qu'elle le range et prit le poupon dans ses bras. Le bébé fit un énorme rot, recracha largement sur le jeune homme et bâilla.

— Il va sans doute s'endormir. Tu veux que je le prenne un peu ? demanda la jeune fille.

— Ce n'est pas de refus ! Mais pourquoi m'a-t-il encore vomi dessus ?

Evanesco, conseilla Hermione avec pragmatisme en lui prenant l'enfant.

Note de fin de chapitre :

Ce qui vient du chat de JKR (30 juillet 207) :

— J'imagine que la pierre de résurrection aura été enfoncée dans la terre par un sabot de centaure quand les centaures ont rejoint les combattants de Poudlard et qu'elle est restée enterrée.

17 janvier 2009 : reprise de la publication sur ce site.
Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.